État de grâce

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 JOURS EN POLITIQUE - Claude Lesme

Se­lon un son­dage Le Monde­Ce­vi­pof, Alain Jup­pé, à quelques mois de la pri­maire de la droite et du centre et à plus d’un an de la pré­si­den­tielle de 2017, écrase la concur­rence dans tous les cas de fi­gure. Il fait un ta­bac au centre, plaît à une gauche mo­dé­rée et désen­chan­tée et fait presque jeu égal à droite, tant il in­carne en ce mo­ment ce­lui qui va por­ter son camp à la vic­toire.

Alain Jup­pé, qui marche sur l’eau, a dé­ci­dé de gé­rer son pe­tit ca­pi­tal en bon père de fa­mille en évi­tant de faire la moindre vague. Ain­si, sur le dos­sier oi­seux de la dé­chéance de na­tio­na­li­té, il a jus­qu’à pré­sent dit à peu près tout et son contraire. « S’il avait été dé­pu­té, il au­rait vo­té le texte »... avant de ju­ger, lors d’un dé­pla­ce­ment à Al­ger, cette me­sure in­utile. Cette prise de po­si­tion s’est d’ailleurs mal­en­con­treu­se­ment té­les­co­pée avec un vote de l’As­sem­blée al­gé­rienne qui ex­cluait les bi­na­tio­naux de la haute fonc­tion pu­blique. Mais per­sonne n’a re­le­vé car, telle l’eau qui glisse sur les plumes du ca­nard, Jup­pé en état de grâce est in­tou­chable.

Pen­dant que Sar­ko­zy

rame et que Hol­lande dis­pa­raît dès le pre­mier tour de 2017 dans les son­dages, Jup­pé, tran­quille, par­court la France et aligne se­maine après se­maine les sé­jours dans les « Ibis et les Mer­cure » . Le Pre­mier mi­nistre de 1995 qui avait mis des mil­lions de Fran­çais dans la rue, ré­pu­té cas­sant, est même de­ve­nu sym­pa­thique.

Pe­tit bé­mol dans ce ta­bleau idyl­lique : la guerre n’a pas en­core vrai­ment com­men­cé et le risque d’une « bal­la­du­ri­sa­tion » sour­noise n’est pas à ex­clure.

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