Et si le Brexit de­ve­nait réa­li­té?

En cas de sé­ces­sion, le Royaume­Uni pour­rait perdre des em­plois au pro­fit de la France

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE -

Cau­che­mar pour les eu­ro­philes, li­bé­ra­tion pour les eu­ro­phobes, le Brexit – ou la sor­tie de la Gran­deB­re­tagne de l’Union eu­ro­péenne – re­pré­sen­te­rait un saut dans l’in­con­nu.

Dans la Ci­ty, plus im­por­tante place fi­nan­cière d’Eu­rope, hos­tile à un Brexit (*), les scé­na­rios sont dé­jà étu­diés. Le pré­sident du géant ban­caire eu­ro­péen HSBC, Dou­glas Flint, qui vient de choi­sir de res­ter à Londres, a sou­li­gné qu’il pour­ra i t fa­ci­le­ment dé­lo­ca­li­ser 1.000 em­plois vers Pa­ris.

« Mé­fions­nous de ceux qui pré­tendent que quit­ter l’Eu­rope conduit au­to­ma­ti­que­ment au pays de co­cagne » , a plu­sieurs fois aver­ti le Pre­mier mi­nistre, Da­vid Ca­me­ron.

Une baisse du PNB

Se­lon une étude du think tank Open Eu­rope, un Brexit coû­te­rait en­vi­ron un point en moins de Pro­duit na­tio­nal brut en 2030. « Quit­ter le mar­ché unique et l’Union doua­nière ne se­rait pas com­pen­sé par la conclu­sion d’un nou­vel ac­cord com­mer­cial avec l’Union eu­ro­péenne », es­time l’étude, se­lon la­quelle le pays « ne pros­pé­re­ra hors de l’UE qu’à tra­vers une li­bé­ra­li­sa­tion com­mer­ciale et une dé­ré­gu­la­tion ».

Mais ou­vrir ses fron­tières à la concur­rence de pays à bas coût de main­d’oeuvre vient contre­dire la vo­lon­té af­fi­chée de li­mi­ter dras­ti­que­ment l’im­mi­grat i o n , p o i n t n é v ra l g i q u e d u Brexit.

Une cer­ti­tude dans les dif­fé­ rents scé­na­rios : le Royau­meU­ni re­pren­drait le contrôle de ses fron­tières et li­mi­te­rait l’im­mi­gra­tion de tous les pays, y com­pris d’Eu­rope de l’Est, pri­vant leurs res­sor­tis­sants de pres­ta­tions so­ciales. Car le Par­le­ment pour­rait à sa guise abo­lir les règles de l’UE in­cor­po­rées dans la loi bri­tan­nique.

Ques­tion sub­si­diaire : la po­lice des fron­tières bri­tan­nique reste­ rait­elle sta­tion­née en France, ou la France dé­ci­de­rait­elle d’ar­rê­ter les contrôles de son cô­té, lais­sant par­tir vers le Kent, via l’eu­ro­tun­nel, les mil­liers de mi­grants blo­qués dans l’in­sou­te­nable « jungle » de Ca­lais ?

Af­fai­blis­se­ment pré­vi­sible sur la scène mon­diale

Quant aux consé­quences dans la vie quo­ti­dienne des ci­toyens de l’Union eu­ro­péenne ré­si­dant au Royaume­Uni, trai­tés comme tous les autres étran­gers, ils au­raient be­soin d’un per­mis de sé­jour et d’un per­mis de tra­vail. Et les pays de l’UE pour­raient ré­pli­quer en ap­pli­quant les mêmes règles aux ci­toyens du Royaume­Uni.

En ma­tière de sé­cu­ri­té et de dé­fense, on peut pa­rier que tout le monde au­rait in­té­rêt à conti­nuer la co­opé­ra­tion et l’échange d’in­for­ma­tions dans les do­maines mi­li­taire et de la lutte an­ti­ter­ro­riste.

Mais le rôle du Royaume­Uni sur la scène mon­diale ne pour­rait qu’en être af­fai­bli : il est de fait un point d’en­trée en Eu­rope pour les grandes puis­sances, États­Unis et Chine. Les pré­si­dents amé­ri­cain, Ba­rack Oba­ma, et chi­nois, Xi Jin­ping, ont ain­si pu­bli­que­ment ap­pe­lé Londres à res­ter dans l’UE.

( *) « Brexit » est une abré­via­tion de « Bri­tish Exit » , évo­quant l’hy­po­thèse d’une sor­tie du Royaume­Uni de l’Union eu­ro­péenne.

RÉ­AC­TIONS. A l’ex­cep­tion du Guar­dian et du Fi­nan­cial Times, la presse bri­tan­nique af­fiche son scep­ti­cisme sur l’ac­cord ob­te­nu à Bruxelles par Da­vid Ca­me­ron pour ten­ter de main­te­nir son pays dans l’Union eu­ro­péenne. AFP

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