Et le mar­ché Re­noux de­vint un par­king

Pen­dant près de 80 ans de bons et loyaux ser­vices, la halle Re­noux abri­ta, en centre-ville, une tren­taine de pro­duc­teurs et de re­ven­deurs de pro­duits agri­coles lo­caux.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - CLERMONT - Pierre Ga­briel Gon­za­lez pgg@orange.fr

Long­temps res­té ou­vert à tous les vents, le mar­ché Re­noux est pro­gres­si­ve­ment fer­mé afin de mieux pro­té­ger mar­chands et clients. Les ser­vices tech­niques de la ville « évoquent cette né­ces­si­té car son orien­ta­tion rend né­ces­saire la clô­ture des pi­gnons nord et sud pour abr iter les ven­deurs du vent et de la pluie… » En 1928, une note fait aus­si état de la né­ces­si­té de res­tau­rer la toi­ture, mais la crise éco­no­mique ajourne ce pro­jet.

En 1936, la­dite toi­ture est res­tau­rée en­tiè­re­ment et, pour réa­li­ser des éco­no­mies, l’ar­chi­tecte de la ville pré­co­nise de rem­pla­cer la cou­ver­ture en zinc par de la tôle on­du­lée gal­va­ni­sée ou de l’éver ite. Un pro­jet qui se­ra aban­don­né au pro­fit du main­tien de la cou­ver­ture en zinc, compte te­nu « de l’em­pla­ce­ment du mar­ché au centre de la ville… »

Cette même an­née, le di­rec­teur des ré­gies mu­ni­ci­pales fait plu­sieurs constats : « Les re­cettes du mar­ché di­mi­nuent ré­gu­liè­re­ment […], la clô­ture com­plète du bâ­ti­ment s’im­pose en rai­son des dé­pôts d’or­dures faits par les clo­chards qui se servent de la halle comme re­fuge noc­turne […] Nous vi­sons éga­le­ment de la né­ces­si­té de pro­cé­der au net­toie­ment jour­na­lier et à un lavage com­plet au moins une fois heb­do­ma­daire […] »

Dans les an­nées 1950, le mar­ché ac­cueille un res­tau­rant po­pu­laire « Echo » sur le­quel nous avons très peu d’in­for­ma­tions. En juin 1960, le Con­seil mu­ni­ci­pal constate : « […] les deux ou trois com­mer­çants qui s’y trou­vaient en­core ont quit­té les lieux ou sont dis­po­sés à le faire […] Il nous est donc pos­sible de dé­mo­lir cette halle et de pré­voir à son em­pla­ce­ment l’amé­na­ge­ment d’un par­king, qui, dans ce quar­tier cen­tral, à proxi­mi­té de la poste prin­ci­pale, pré­sen­te­ra le plus grand in­té­rêt […] ».

Hip­po­lyte Re­noux, ama­teur et col­lec­tion­neur d’art

Le sort du bâ­ti­ment est scel­lé dé­fi­ni­ti­ve­ment à l’été 1960. Les tra­vaux de dé­mo­li­tion com­mencent.

En 1877, en même temps que le don pour la construc­tion du mar­ché cou­vert que nous évo­quons au­jourd’hui, Hip­po­lyte Re­noux, riche né­go­ciant re­ti­ré à Royat, avait aus­si lé­gué 50.000 francs aux Hos­pices de Cler­mont et dix ta­bleaux « à choi­sir dans sa col­lec­tion, hor­mis les por­traits de fa­mille » . Par­mi les oeuvres de ce legs une seule est ex­po­sée au Mu­sée d’Art Ro­ger­Quilliot : il s’agit d’une toile de l’École de Fran­çois Bou­cher : « Or­phée char­ mant les ani­maux ». Cette oeuvre re­pré­sente ce hé­ros de la my­tho­lo­gie grecque, fils du roi de Th­race OEagre et de la muse Cal­liope.

Ac­com­pa­gné des a lyre, il chante et at­tire vers lui une faune va­riée : lion, élé­phant, cha­meau mais aus­si la­pin, san­glier, loup… Les vi­si­teurs du mu­sée peuvent la dé­cou­vrir dans la salle des pein­tures du XVIIIe siècle. Si­tuée au pre­mier étage du mu­sée, elle fait en gé­né­ral le bon­heur des en­fants !

Les autres toiles du legs Re­noux sont conser­vées dans les ré­serves du mu­sée. La plu­part sont ins­pi­rées de grands maîtres mais leur in­té­rêt reste se­con­daire. C’est pour­quoi elles ne sont pas ex­po­sées au pu­blic. Homme sen­sible et gé­né­reux, Hip­po­lyte Re­noux était, semble­t­il, as­sez conformiste en ma­tière de choix es­thé­tiques et ne s’était pas por­té ac­qué­reur d’oeuvres ma­jeures.

Dans les an­nées 50, le mar­ché ac­cueillait un res­tau­rant po­pu­laire

HALLE.

Le mar­ché a été dé­mo­li en 1960, la ville l’a rem­pla­cé par un par­king.

PHO­TO D’AR­CHIVES LA MON­TAGNE 1960

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