Le Ti­ta­nic à nou­veau à quai

Bel­fast (Ir­lande du Nord) consacre un mu­sée au na­vire construit dans son port

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAG DIMANCHE - Ka­tia Beau­pe­tit ka­tia.beau­pe­tit@cen­tre­france.com

Dans le port de Bel­fast, un com­plexe mo­nu­men­tal aux al­lures de proue re­donne vie au Ti­ta­nic, sur l’an­cien chan­tier Har­land & Wolff où le na­vire a été construit. Une « ex­pé­rience » unique.

Un siècle après son nau­frage, le Ti­ta­nic re­naît dans le por t de Bel­fast. Inau­gu­ré en mars 2012 sur le lieu même de sa construc­tion en Ir­lande du Nord, le Ti­ta­nic Bel­fast a acc ue i l l i , de p u i s, pr è s de deux mil­lions de vi­si­teurs. Le bâ­ti­ment et ses hautes pa­rois en alu­mi­nium rap­pellent d’ailleurs la coque de ce na­vire gi­gan­tesque et aus­si l’ice­berg qu’il per­cu­ta cette nuit d’avril 1912. En ce dé­but dé­cembre, le vent du nord souffle sur l’es­pla­nade et les fa­çades on­du­lées mi­roitent au so­leil. L’im­pres­sion est gran­diose dès l’en­trée car l’atr ium cen­tral s’ins­pire de la salle des ma­chines du Ti­ta­nic : aus­si vaste qu’une ca­thé­drale et aus­si haut que les portes du na­vire. Plus qu’un mu­sée, le Ti­ta­nic Bel­fast est une « ex­pé­rience » à vivre.

Ici, pho­tos, films, images en trois di­men­sions, ho­lo­grammes, ma­quettes, sons, odeurs et élé­ments de dé­ cor im­mergent to­ta­le­ment le vi­si­teur dans l’his­toire de ce na­vire mau­dit.

À l’aube du XXe siècle, Bel­fast est l’une des plus grandes villes de l’em­pire bri­tan­nique grâce au com­merce du lin, du ta­bac, du whis­ky et, bien sûr, de la construc­tion na­vale. Les femmes et les en­fants tra­vaillent ma­jo­ri­tai­re­ment dans les fi­la­tures, les hommes sont, eux, sa­la­riés des chan­tiers Har­land & Wolff, dont les ini­tiales s’af­fichent en­core au­jourd’hui sur les por­tiques du port de Bel­fast. Dans la ga­le­rie 3, un sys­tème de vitres offre une vue plon­geante sur les quais, don­nant l’im­pres­sion au vi­si­teur d’être sur le pont du plus grand ba­teau du monde juste avant sa mise à l’eau. Ins­tal­lez­vous sur un banc et ima­gi­nez 100.000 per­sonnes as­sis­tant au lan­ce­ment du na­vire. L’oreille col­lée à l’au­dio­guide, on se prend à faire par­ tie de la foule en liesse. « On est al­lés au pub pour fê­ter l’évé­ne­ment. Ce jour­là, on était fier d’être un peuple in­su­laire. »

Une nuit sans lune

En un an, ce qui, jus­qu’alors, ne res­semble qu’à un e co q u i l l e vi d e, s’e s t trans­for­mé en un pa­que­bot de luxe, des chau­dières aux lustres de cris­tal. Un film en 3D donne la sen­sa­tion au vi­si­teur de mon­ter l’es­ca­lier cen­tral. Plu­sieurs ca­bines illus­trent la qua­li­té des amé­na­ge­ments : va­lises, sa­vons et ser­viettes po­sés dé­li­ca­te­ment dans ces dé­cors de ve­lours et bois pré­cieux at­tendent les quelque 1.300 pas­sa­gers. L’heure du dé­part ap­proche. Les pho­tos de Frank Brown, jeune prêtre jé­suite, té­moignent de la pre­mière par­tie du voyage du na­vire de la White Star Line : Sou­thamp­ton ( An­gle­terre), Cher­bourg ( France), Queens­town ( Ir­lande, au­jourd’hui Cobh).

Le 14 avril 1912, la nuit est sans lune. La tem­pé­ra­ture a bais­sé et une brise lé­gère souffle sur le pont. À 22 h 40, la vi­gie si­gnale un ice­berg. Trop tard, 37 se­condes plus tard, le Ti­ta­nic le per­cute. En seule­ment deux heures, il sombre à 4.000 mètres de pro­fon­deur, em­por­tant avec lui 1.500 pas­sa­gers et membres d’équi­page dans les eaux gla­cées de l’At­lan­tique. Et de­vient alors le sym­bole des tra­gé­dies ma­ri­times.

MU­SÉE.

Le Ti­ta­nic Bel­fast est consti­tué de quatre proues de ba­teau dis­po­sées en étoile. Plus pe­tite que celle du na­vire qu’elle évoque (38,50 m contre 45,50 m), sa forme sug­ges­tive abrite 14.000 m2 d’es­paces d’ex­po­sit

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