« Le tor­chon brûle »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAG DIMANCHE - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

Une ex­pres­sion peut en ca­cher une autre. Au sens propre, le tor­chon peut na­tu­rel­le­ment brû­ler. Per­sonne ne nous contre­di­ra sur ce point. Mais on ne re­trouve pas le sens com­mu­né­ment ac­cep­té pour cette ex­pres­sion.

Quand le tor­chon brûle entre deux per­sonnes, ce n’est pas bon signe. Il y a un gros désac­cord entre elles. Et l’ave­nir ne pré­sage rien de bon dans leur re­la­tion. Ce­la marche dans tous les do­maines, que ce soit la vie pri­vée ou pro­fes­sion­nelle. Mais au­tre­fois, l’ex­pres­sion re­ce­lait une tout autre si­gni­fi­ca­tion.

Au Moyen Âge, c’était sy­no­ny­ me de coup. Chez Claude Du­ne­ton, tou­jours, on a pu en­tendre se « tor­cher », au sens de se battre. Si le tor­chon brûle, c’est que l’avoi­née risque de bien­tôt tom­ber ! Un peu comme ce bon mot en­fan­tin « Tu brûles ! tu brûles ! » quand on joue à cher­cher quelque chose…

Une ex­pli­ca­tion qui tient la route. Le tor­chon est aus­si une dér iva­tion de la torche, de « tor­ca » en la­tin, la tor­sade. Si la torche brûle, ce­la met au jour des conflits entre dif­fé­rentes per­sonnes… Et c’est que ça chauffe entre eux, aux sens propre et fi­gu­ré. Dans toutes ces si­gni­fi­ca­tions, l’idée du conflit mais aus­si de la re­ven­di­ca­tion est claire. Le tor­chon

brûle se­ra d’ailleurs le titre du jour­nal édi­té par le Mou­ve­ment de la li­bé­ra­tion de la femme dans les an­nées 1970.

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