Des Bleus pas vrai­ment d’at­taque

Dans l’ani­ma­tion, la ges­tion et la pré­ci­sion, le bi­lan est pauvre

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS - À Car­diff, Ch­ris­tophe Bu­ron

Conquête, dé­fense, état d’es­prit… l’équipe de France ver­sion No­vès a des ar­gu­ments à faire va­loir et une base pour construire. Mais le chan­tier de l’at­taque pa­raît im­mense.

Si on vou­lait la faire courte, une seule sta­tis­tique suf­fi­rait presque. Face aux Gal­lois, l’équipe de France n’a mar­qué que deux es­sais sur leurs six der­nières confron­ta­tions, de­mi­fi­nale ga­gnée 9­8, lors du Mon­dial 2011, com­prise. Le XV du Poi­reau a in­con­tes­ta­ble­ment trou­vé la pa­rade pour contrer les Tri­co­lores, les­quels, avec cinq dé­faites consé­cu­tives ( de­puis le Tour­noi 2011), n’est plus qu’à un échec de la triste sé­rie re­cord de six re­vers face au pays de Galles, qui date de la pré­his­toire de ce sport ( entre 1952 et 1957).

Les Diables rouges sont peu­têtre la nou­velle bête noire des Bleus, mais le match de ven­dre­di au Millen­nium, re­bap­ti­sé « Prin­ci­pa­li­ty Sta­dium », a sur­tout confir­mé ce que l’on sa­vait dé­jà de notre sé­lec­tion na­tio­nale… Même avant l’ar­ri­vée de Guy No­vès.

Le Tou­lou­sain a certes ame­né de la ri­gueur, un élan nou­veau qui se tra­duit par un en­thou­siasme évident, mais pour la qua­li­té rug­bys­tique, il fau­dra en­core pa­tien­ter. Et pas sûr que No­vès dé­niche l’oi­seau rare (ou les perles) que Saint­An­dré a cher­ché en vain pen­dant quatre ans, pour tordre le cou à l’idée qui germa en 2011, comme quoi l’ac­ces­sion en fi­nale du Mon­dial néo­zé­lan­dais re­le­vait sur­tout d’un « sa­cré coup de bol ».

L’en­tame de ce Tour­noi 2016, au­de­là de l’élan de fraî­cheur sym­pa­thique qui se dé­gage des rangs, a confir­mé éga­le­ment que le rugby fran­çais pos­sé­dait des fon­da­tions qui tiennent la route. La conquête reste un pare­feu es­sen­tiel, tant en mê­lée qu’en touche, sans le­quel, les Bleus au­raient sans doute pris cher ce ven­dre­di à Car­diff. Mer­ci à cette pre­mière ligne d’ai­rain, même si on at­tend mieux dans le jeu dy­na­mique de Poi­rot et sur­tout de Sli­ma­ni.

Avec un Gui­ra­do pré­cis au lan­cer, puis Chou­ly et Flan­quart en spé­cia­listes aver­tis de la touche, l’ali­gne­ment tri­co­lore pa­raît taillé pour le gros temps face aux meilleurs.

Autre sec­teur po­si­tif, la dé­fense ( contrai­re­ment au match d’ou­ver­ture face à l’Ita­lie) consti­tue éga­le­ment une sorte d’as­su­rance­vie, quand vous ne par­ve­nez pas à maî­tri­ser et im­po­ser votre propre jeu. Et c’est jus­te­ment là que coince tou­jours cette équipe de France. On pour­rait épi­lo­guer sur le pro­jet de jeu, les sys­tèmes tra­vaillés, l’es­prit d’ini­tia­tives re­don­né aux joueurs, les qua­li­tés tech­niques et hu­maines de Jeff Dubois et toutes les stra­té­gies pos­sibles… Tout ce­la pèse­t­il vrai­ment quand le vi­vier du rugby fran­çais souffre d’un manque de ta­lents de (très) haut ni­veau ?

Ce XV de France est en­core par­ti pour se cher­cher une char­nière un mo­ment, alors que le mi­lieu de ter­rain a une nou­velle fois été dé­ce­vant, tant Dan­ty que Mer­moz, qui n’ap­portent et n’im­pulsent que ra­re­ment.

Mais voi­ci que se pro­file un dé­pla­ce­ment à Mur­ray­field, face à un XV du Char­don que Cot­ter a me­né hier en Ita­lie, pour la pre­mière fois de­puis qu’il a pris les rênes, à la vic­toire dans un match du Tour­noi. Les sta­tis­tiques ne veulent soi­di­sant rien dire, mais les Bleus n’ont plus per­du de­puis dix ans face à l’Écosse. Dix vic­toires de­puis 2006… Si la sé­rie de­vait s’ar­rê­ter, le souf­flé re­tom­be­rait pour de vrai.

GUI­RA­DO. Le ca­pi­taine fran­çais et ses com­pères de la pre­mière ligne consti­tuent une source de sa­tis­fac­tion pour l’en­ca­dre­ment de Guy No­vès.

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