Re­naud La­ville­nie a vite ba­layé la concur­rence

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS - Jean-Phi­lippe Béal

Une des ques­tions, hier, avant le concours de perche, était de sa­voir quand Re­naud La­ville­nie al­lait ren­trer dans l’arène et s’il y se­rait ac­com­pa­gné.

La ré­ponse tient en quelques chiffres. Hier, pour le per­chiste cler­mon­tois, ce fut 1 h 43’ très exac­te­ment d’at­tente pour une en­trée en so­li­taire à19h08.N on sans avoir au­pa­ra­vant joué lui­même... les ba­layeurs sur sa piste d’élan pour en chas­ser le sable du sau­toir en lon­gueur voi­sin.

Pour, d’en­trée, un « 5,77 m » lui as­su­rant, sur un saut ni­ckel, un nou­veau titre de cham­pion de France en salle. Avant un deuxième es­sor, net­te­ment moins aca­dé­mique mais tout aus­si réus­si, à 5,93 m. Idéal pour faire sa­li­ver le pu­blic et le cham­pion olym­pique lui­même d’une nou­velle marque au­des­sus de 6 mètres.

50 concours à 5,90 m et plus

Cette fois, le choix se por­ta à 6,03 m. His­toire, puis­qu’il est seul au monde en cette fin fé­vrier de se re­prendre à lui­même, même pour 1 cm, la meilleure per­for­mance mon­diale, em­po­chée voi­là moins d’une se­maine à la Mai­son des Sports de Cler­mont.

Mais ce fut, par trois fois, l’échec : « J’ai payé la fa­tigue due à la se­maine der­nière et puis la grosse at­tente, c’est vrai. Le fait, aus­si, d’ en­chaî­ner les sauts as­sez ra­pi­de­ment. Même si j’ai vou­lu évi­ter de com­men­cer à5,70m, quand il res­tait d’autres per­chistes en course, ris­quant d’avoir très vite un nou­veau gros temps d’at­ tente sup­plé­men­taire. » Comme quoi, on peut pla­ner au­des­sus de 6 m et sa­voir cal­cu­ler son in­té­rêt :« Ces deux sauts, c’était un très bon sché­ma mais c’était aus­si la pre­mière fois de la sai­son que je com­men­çais à5,77m. En pré­vi­sion des Monde, ça me donne aus­si un pe­tit para mètre en plus, pour ren­trer un peu plus tard que d’autres dans le concours, à Port­land. »

Le re­cord­man du monde voit en fait tou­jours plus loin. Mais, hier, il en res­ta donc à 5,93 m sur ce saut, qui, lors­qu’on le vit par­tir en dia­go­nale dans les airs, fit un peu peur à pas mal de gens : « J’ai bien vu que j’étais près des ta­quets. Après, vaut mieux un saut pourri réus­si qu’un beau saut ra­té. L’im­por­tant, c’est que la barre reste là­haut. Il n’y en a pas beau­coup qui sont ca­pables de rat­tra­per comme je l’ai fait, un saut à cette hau­teur­là. »

Une hau­teur qui ne ris­ que pour­tant pas de bla­ser son au­teur, à l’heure où cer­tains au­raient une vi­laine ten­dance à ba­na­li­ser les en­vols à haute al­ti­tude : « Je suis content. C’est quand même mon 50 e concours à 5,90 met plus. Ce se­rait com­pli­qué de ne pas trou­ver une sa­tis­fac­tion dans des condi­tions comme celle d’au­jourd’hui » , ana­ly­sait avec un grand prag­ma­tisme le grand des La­ville­nie.

D’ au­tant mieux qu’ il n’avait pas trop de re­grets sur ses échecs de­vant les 6,03 m : « Je reste avec une cer­taine frus­tra­tion car je vois ce que je pour­rais faire si je n’avais pas eu mes en­nuis ( che­ville et ge­nou droits) du­rant ma pré­pa­ra­tion. Mais il y a trois­quatre se­maines je ne pen­sais pas pou­voir ali­gner deux sauts comme ça. Après, à 6,03 m, la pre­mière par­tie de course est bien mais dès que je dois mettre de la vi­tesse, il n’y a rien qui passe, le bas­sin fuit et j’ar­rive pas à te­nir. Je suis très lu­cide, je le vois très vite. Mais même avec ça, dans mes sauts, il y avait du bon .» À19h 28, tout était dit.

TITRE. Ga­gner, La­ville­nie ne s’en lasse ja­mais : il n’y a qu’à voir sa fa­çon d’ex­pri­mer sa joie après son saut vic­to­rieux.

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