Une ar­tiste « femme du monde »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - GRAND ANGLE GRAND ANGLE -

Elle est la seule femme de l’ex­po­si­tion. Ou presque (voir ci-des­sus). Clé­men­ti­neHé­lène Du­fau a peint son por­trait en 1911.

Elle est alors pré­sen­tée da­van­tage comme « femme du monde » que comme ar­tiste, signe d’une cer taine mi­so­gy­nie de l’époque, sou­ligne Xa­vier Rey, di­rec­teur des col­lec­tions au mu­sée d’Or­say.

Une « Inès de la Fres­sange »

Il n’em­pêche. Clé­men­tine­Hé­lène Du­fau est re­con­nue par ses pairs, ma­jo­ri­tai­re­ment mas­cu­lins. « C ’ e s t l’ u n e d e s ra re s femmes à s’af­fir mer » , com­mente Na­tha­lie Roux, conser­va­trice en chef du pa­tri­moine et di­rec­trice du MARQ. À s’af­fir­mer, certes, mais « pas to­ta­le­ment en temps que peintre » : contrai­re­ment à ses col­lègues hommes, elle ne se re­pré­sente pas dans son ate­lier mais dans son in­té­rieur. Sa robe rap­pelle les bal­lets chics de Ni­jins­ki. Clé­men­tine­Hé­lène Du­fau, qui est aus­si dé­co­ra­trice est très à la mode. « Une Inès de la Fres­sange du dé­but du XXe siècle » , com­pare Na­tha­lie Roux. L’ar­tiste est une femme éman­ci­pée, fé­mi­niste. Dans ce por­trait, elle af­firme son élé­gance et montre que la femme est en train de chan­ger. On le voit aus­si à la forme élan­cée de son corps, am­pli­fiée par le for­mat de la toile, très lon­gi­ligne.

Cette oeuvre a été re­dé­cou­verte dans les ré­serves du mu­sée d’Or­say pour les be­soins de l’ex­po­si­tion qui lui donne une nou­velle vie et ré­ha­bi­lite cette ar­tiste, dont la fin de vie fut aus­si mi­sé­rable que mys­té­rieuse. « Le mu­sée d’Or­say sou­haite lui trou­ver une place » , ajoute Na­tha­lie Roux. Une juste place.

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