Des haies pour dire adieu au fioul

Les grosses fac­tures d’éner­gie, c’est fi­ni. Éle­veur à Fran­chesse (Al­lier), Gé­rard Ver­nis a ga­gné son au­to­no­mie en chauf­fant sa mai­son avec du bois is­su des haies de son ex­ploi­ta­tion. Une vraie éco­no­mie… du­rable.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAG DIMANCHE - An­toine De­la­cou

Au fil d’une ba­lade re­vi­go­rante dans les prés de son ex­ploi­ta­tion, 117 hec­tares, Gé­rard Ver­nis nous montre de quel bois il se chauffe : le sien.

Le concept est simple comme bon­jour. En­core fal­lait­il y pen­ser. De­puis trois ans, cet éle­veur cha­ro­lais ali­mente la chau­dière de sa ferme, à Fran­chesse, dans l’Al­lier, avec cette ma­tière pre­mière toute trou­vée. « L’évi­dence » , en ef­fet, puisque ce bois pro­vient, tout sim­ple­ment, des haies de son do­maine agri­cole.

De quoi chauf­fer sa mai­son à l’an­née

Face à nous, un agri­cul­teur heu­reux : « Fran­che­ment, le sys­tème fonc­tionne très bien ! Je réa­lise de belles éco­no­mies d’éner­gie. »

C’est pa­reil pour tout le monde. Dès que l’hi­ver se pointe, la fac­ture de chauf­fage – fioul, gaz ou élec­tri­ci­té – grimpe en flèche. L’éle­veur a pris le tau­reau par les cornes pour ar­rê­ter de sai­gner son bud­get. D’ac­cord, il lui a d’abord fal­lu dé­bour­ser 20.000 € pour équi­per sa mai­son de la chau­dière adé­quate : « Mais cet in­ves­tis­se­ment se­ra très vite ren­ta­bi­li­sé. Le chauf­fage au bois est net­te­ment moins oné­reux que le fioul que j’uti­li­sais au­pa­ra­vant. » Éco­no­mique, donc. Et sans au­cun ef­fort de sa part.

La Cuma de drai­nage bour­bon­nais se dé­place sur son ex­ploi­ta­tion pour tailler et broyer les haies ain­si trans­for­mées en pla­quettes de bois : « Avec une pe­tite heure de broyage, j’ob­tiens 45 m3 de pla­quettes, soit de quoi chauf­fer ma mai­son pour un an. Le tar if : 390 € ! Beau­coup moins cher que les 3.000 € que je pas­sais chaque an­née dans le fioul. »

Pour mettre son pro­jet à exé­cu­tion, Gé­rard Ver­nis a re­çu le sou­tien pré­cieux de la Mis­sion haies Au­vergne. Cette as­so­cia­tion na­tio­nale, rat­ta­chée à l’Union ré­gio­nale des fo­rêts d’Au­vergne, lui a or­ga­ni­sé un plan de ges­tion très pré­cis.

Grâce à ce pro­gramme ri­gou­reux, il sait exac­te­ment quelles haies de son ex­ploi­ta­tion il va faire tailler et quand il va les faire tailler : « L’ob­jec­tif, c’est évi­dem­ment qu’elles poussent et re­poussent har­mo­nieu­se­ment, ex­plique­t­il. Je suis à fond dans une dé­marche d’en­vi­ron­ne­ment et d’éco­no­mie du­rables. »

Heu­reux de la nou­velle PAC

Une fa­çon, pour cet éle­veur bio, d’af­fir­mer en­core da­van­tage sa fibre éco­lo. Les haies sont comme la pru­nelle de ses yeux : « Mal­heu­reu­se­ment, beau­coup d’entre elles ont été ar­ra­chées dans un pas­sé en­core ré­cent. Ou sont taillées n’im­porte com­ment. Ce qui fi­nit par les faire cre­ver et, par voie de consé­quence, par faire dis­pa­raître le pay­sage bo­ca­ger. » Alors il consi­dère que la nou­velle PAC 20152020 vi­sant à les pro­té­ger, à les va­lo­ri­ser, « va dans le bon sens ».

Si v o u s v o u s b a l a d e z dans la cam­pagne de Fran­chesse, dont il est aus­si le maire, Gé­rard Ver­nis vous prou­ve­ra par A+B que les haies peuvent contri­buer à la per­for­mance éco­no­mique et en­vi­ron­ne­men­tale des ex­ploi­ta­tions agri­coles, en per­met­tant la pro­duc­tion de bois et de bio­masse. Mais aus­si en pro­té­geant la bio­di­ver­si­té, l’eau, le sol, le pay­sage…

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