Mar­ché Saint-Jo­seph, les tra­vaux di­ri­gés

A la re­dé­cou­verte du pa­tri­moine ar­chi­tec­tu­ral cler­mon­tois dans le quar­tier de la gare en 1891

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - CLERMONT VIVRE SA VILLE - Pierre-Ga­briel Gon­za­lez pgg@orange.fr

Le quar­tier de la gare connaît un dé­ve­lop­pe­ment consi­dé­rable dans la se­conde moi­tié du XIXe siècle. En 1891, la mu­ni­ci­pa­li­té pré­voit d’y construire une halle pour le com­merce ali­men­taire.

En 1891, la ville de Cler­mont lan­çait un ap­pel d’offres pour la construc­tion d’un mar­ché cou­vert dans le quar­tier de la gare. C’est un in­gé­nieur construc­teur de qua­rante ans qui em­porte le mar­ché ( La Mon­tagne di­manche 6 mars). Il s’ap­pelle An­dré Mi­che­lin et tient ses bu­reaux et ate­liers au 115 de la rue de Ba­gno­let, à Pa­ris (2e). Suc­ces­seur des sieurs Ha­no­teau, Her­beau­mont et Bois­sin, spé­cia­liste des char­pentes mé­tal­liques, sa « mai­son » se pré­vaut de plu­sieurs ré­com­penses aux quatre pré­cé­dentes ex­po­si­tions uni­ver­selles de Pa­ris en 1855, 1867, 1878 et 1889.

Une grosse éco­no­mie

L’ad­ju­di­ca­tion du mar­ché Saint­Jo­seph lui est at­tri­buée en date du 6 jan­vier 1892. Par ce mar­ché à for­fait, An­dré Mi­che­lin est char­gé de co­or­don­ner l’en­semble des en­tre­prises et de li­vrer le bâ­ti­ment prêt à l’em­ploi avant amé­na­ge­ment des étals. Il montre, dès le 22 jan­vier de cette même an­née, l’es­prit émi­nem­ment pra­tique, le sou­ci du dé­tail et d’éco­no­mie qui ca­rac­ té­ri­se­ra dès les an­nées sui­vantes l’en­tre­pr ise qu’il a re­pr is à Cler­mont avec son frère Édouard.

Dans un cour­rier adres­sé à M. Da­le­champ, in­gé­nieur de la ville de Cler­mont, il écrit : «… étant don­né que la ville réa­lise sur ses pré­vi­sions une grosse éco­no­mie, ne pour­rait­elle pas em­ployer une par­tie de l’ar­gent à faire faire de suite la to­ta­li­té des bou­tiques. Si on laisse aux mar­chands le soin d’or­ga­ni­ser leur éta­lage à leur conve­nance, l’in­té­rieur de ce mar­ché pré­sen­te­ra bien­tôt un désordre com­plet, l’as­pect se­ra dé­plo­rable. Si plus tard, on vient ra­jou­ter des bou­tiques, la dé­pense se­ra beau­coup plus grande que le supplément que vous au­riez ac­tuel­le­ment à payer… On n’au­rait pas à faire des scel­le­ments coû­teux et dif­fi­ciles, tous les trous pour­raient être ré­ser­vés à l’exé­cu­tion… Pour mon compte per­son­nel, je se­rais très heu­reux que cette pro­po­si­tion puisse vous agréer, car on est tou­jours sa­tis­fait de faire un tra­vail propre et com­plet… ».

La construc­tion du mar­ché Saint­Jo­seph ne s’est pas faite sans pro­blème. Dans une autre lettre adres­sée à Amé­dée Gas­quet, maire de Cler­mont à cette époque, An­dré Mi­che­lin s’étonne du re­tard ap­por­té au chan­tier à cause d’un pro­blème dé­ce­lé dans une li­vrai­son des br iques des­ti­nées aux pare­ ments ex­té­rieurs de la halle. Elles ont été re­je­tées par l’ar­chi­tecte de la ville en rai­son d’un très léger dé­faut sur une arête, une lé­gère ébré­chure.

Une his­toire de briques et de brocs…

An­dré Mi­che­lin écrit : « … le tra­vail de ser­ru­re­rie est presque ache­vé dans nos ate­liers, et cette fer­raille nous en­combre, seule une in­fime ques­tion de briques nous em­pêche de mar­cher… Il est bien en­ten­du que je prends l’en­tière res­pon­sa­bi­li­té des ma­té­riaux que je vais em­ployer. Uti­li­sées pour la construc­tion des murs du mar­ché des Sables­d’Olonne, ces briques s’y com­portent ad­mi­ra­ble­ment, mal­gré l’air sa­lin… Si elles ne ré­sis­taient pas à la ge­lée à Cler­mont, je les chan­ge­rais im­mé­dia­te­ment… ».

Quelques mois plus tard, le mar­ché, qui prend le nom de la pa­roisse sur la­quelle il est éri­gé, Saint­Jo­seph, est ache­vé. Ain­si com­mence l’his­toire pas­sa­ble­ment agi­tée de cette halle.

À suivre, di­manche pro­chain.

HALLE. En 1892, la construc­tion du mar­ché Saint-Jo­seph, tou­jours en ac­ti­vi­té au­jourd’hui, ne s’est pas faite sans pro­blème. AR­CHIVES PAS­CAL CHAREYRON

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