Le goût russe dou­ch­ka en hom­mage à sa grand­mère

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAG DIMANCHE -

Chez les Ju­meau- La­fond, le thé est une his­toire de fa­mille.

C’est en 1949 que Jean Ju­meau­La­fond, le grand­père d’Em­ma­nuel Ju­meau­La­fond, entre dans l’en­tre­prise Dammann, après sa ren­contre avec l’un des deux frères Dammann, Ro­bert, après la Se­conde Guerre mon­diale. Très vite, Ro­bert Dammann lui confie les clefs de l’en­tre­prise et Jean Ju­meau­La­fond en de­vient le di­ri­geant.

« C’est mon grand­père qui va in­tro­duire le cô­té aro­ma­tique dans les thés. C’est lui, qui a lan­cé le thé en vrac » , pré­cise Em­ma­nuel Ju­meau­La­fond.

L’un des thés aro­ma­tiques, qui a fait la re­nom­mée de la mai­son Dammann est sans conteste le « goût russe dou­ch­ka » qui est tou­jours l’un des fleu­rons de la marque. Créé dans les an­nées cin­quante le « goût russe dou­ch­ka » ra­conte l’his­toire de la fa­mille Ju­meau­La­fond.

« Ma grand­mère, d’ori­gine russe, avait l’ha­bi­tude de boire son thé Earl Grey ac­com­pa­gné d’une ron­delle d’orange, car elle dé­tes­tait le goût de la ber­ga­mote, ra­conte Em­ma­nuel Ju­meauLa­fond. Mon grand­père s’est ins­pi­ré de ce­la pour créer le thé “goût r usse dou­ch­ka”, aux agrumes. Il l’a ap­pe­lé dou­ch­ka, “ma ché­rie” en russe, en hom­mage à ma grand­mère. »

À l’ori­gine, le comp­toir Dammann pro­po­sait éga­le­ment des épices. On re­trou­ ve dans les ar­chives, une pre­mière trace du nom en 1692. À cette époque, Louis XIV oc­troie le pri­vi­lège ex­clu­sif de la vente de thé en France à un cer­tain sieur Da­mame.

Comp­toir à New York

C’est en 1825, qu’ap­pa­raît le nom de Dammann Frères or­tho­gra­phié comme au­jourd’hui. Cette en­tre­prise ra­chète une so­cié­té de né­goce en thés et en va­nille. Dammann Frères re­prend l’ac­ti­vi­té du comp­toir de thé, ins­tal­lé à Ba­ta­via, la ca­pi­tale des Indes néer­lan­daises, au­jourd’hui Ja­kar­ta (In­do­né­sie).

Pierre et Ro­bert Dammann di­rigent l’en­tre­prise à par­tir de 1925. En 1926, ils ouvrent un comp­toir de thé à New York (États­Unis).

SEN­TEURS. Em­ma­nuel Ju­meau-La­fond a « édu­qué » son nez et son pa­lais pour dif­fé­ren­cier les sa­veurs et les fa­milles aro­ma­tiques. PHO­TO : QUEN­TIN REIX

LA­BO­RA­TOIRE. Chaque jour, les thés sont contrô­lés et goû­tés dans le la­bo­ra­toire Dammann, afin de vé­ri­fier leur qua­li­té aro­ma­tique. PHO­TO QUEN­TIN REIX

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