Trump di­vise l’Amé­rique

Le can­di­dat ré­pu­bli­cain contrait d’an­nu­ler un mee­ting à Chi­ca­go

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE ACTUALITÉS -

De

graves vio­lences ont éclaté ven­dre­di entre par­ti­sans et op­po­sants de Do­nald Trump, à Chi­ca­go, où le can­di­dat ré­pu­bli­cain à la Mai­son Blanche de­vait te­nir un mee­ting.

Le mil­liar­daire Do­nald Trum­pa an­nu­lé ven­dre­di un mee­ting à Chi­ca­go pour évi­ter que des gens « ne soient po­ten­tiel­le­ment gra­ve­ment bles­sés » . Des ma­ni­fes­tants, dont bon nombre de mi­li­tants de Ber­nie San­ders et du mou­ve­ment an­ti­ra­ciste Black Lives Mat­ter, avaient réus­si à se ras­sem­bler à l’in­té­rieur de l’arène spor­tive de l’uni­ver­si­té de l’Il­li­nois, à Chi­ca­go, où l’homme d’af­faires de­vait s’ex­pri­mer en soi­rée. Toute la jour­née, la ten­sion était gra­duel­le­ment mon­tée à l’in­té­rieur et à l’ex­té­rieur du cam­pus où des cen­taines de per­sonnes, dont beau­coup d’étu­diants, pro­tes­taient contre la ve­nue du can­di­dat ré­pu­bli­cain.

Un res­pon­sable a alors an­non­cé l’an­nu­la­tion de l’évé­ne­ment, dé­clen­chant cris et stu­peur, puis des al­ter­ca­tions entre pro et an­ti­Trump. Des in­sultes, des bou­teilles et des coups de poings ont vo­lé et les mi­li­ tants du dé­mo­crate Ber­nie San­ders ont scan­dé des slo­gans, tan­dis que la sé­cu­ri­té ten­tait de sé­pa­rer les groupes et d’éva­cuer la salle. Les vio­lences ont conti­nué à l’ex­té­rieur et la po­lice a pro­cé­dé à des ar­res­ta­tions mus­clées. Plu­sieurs heures plus tard, en soi­rée, le calme est re­ve­nu à Chi­ca­go où la po­lice a an­non­cé avoir pro­cé­dé à au moins cinq ar­res­ta­tions.

Do­nald Trump a re­fu­sé d’as­su­mer la res­pon­sa­bi­li­té des ma­ni­fes­ta­tions et des ten­sions en rai­son de son « ton » , alors que ses ri­vaux l’ac­cusent d’exa­cer­ber les ten­sions ra­ciales et d’en­cou­ra­ger ses par­ti­sans à s’en prendre aux fau­teurs de troubles. « Je n’ai cer­tai­ne­ment pas in­ci­té à la vio­lence », a­t­il dit, re­je­tant la faute sur des « agi­ta­teurs pro­fes­sion­nels » dé­non­çant le ra­cisme du can­di­dat et ses pro­po­si­tions an­ti­im­mi­grés. Ses trois ri­vaux de la course à l’in­ves­ti­ture ré­pu­bli­caine se sont joints aux cri­tiques, cha­cun blâ­mant la rhé­to­rique in­cen­diaire de l’homme d’af­faires.

« Nous avons tous nos dif­fé­rends et nous sa­vons tous qu’il y a beau­coup de gens en co­lère dans ce pays, mais nous de­vons trai­ter cette co­lère tous en­semble », a ré­agi la can­di­date à l’in­ves­ti­ture dé­mo­crate, Hilla­ry Clin­ton, vou­lant ain­si se mon­trer ras­sem­bleuse.

Ap­pel à « co­gner »

Ces scènes, qui ont ga­gné en in­ten­si­té ces der­nières se­maines, font dé­sor­mais par­tie des dé­pla­ce­ments pu­blics du mil­liar­daire qui en joue du­rant ses dis­cours. Il a le 1er fé­vrier en­joint ses par­ti­sans à « co­gner », pro­met­tant de payer leurs frais d’avo­cat. Le 23 fé­vrier, il a dé­cla­ré qu’il ai­me­rait « don­ner un coup­de­poing dans la fi­gure » d’un per­tur­ba­teur.

« Hon­nê­te­ment, c’est plus amu­sant que d’écou­ter un dis­cours, n’est­ce pas ? », a­t­il lan­cé, pro­vo­ca­teur, alors que la po­lice pro­cé­dait à 32 ar­res­ta­tions plus tôt dans la jour­née lors d’un mee­ting à Saint Louis, dans le Mis­sou­ri.

Der­nières chances. Cinq grands États (Flo­ride, Il­li­nois, Mis­sou­ri, Ohio, Ca­ro­line du Nord) vo­te­ront lors du se­cond « Su­per mar­di », le 15 mars, l’une des der­nières chances des ri­vaux de Trump pour lui bar­rer la route à l’in­ves­ti­ture ré­pu­bli­caine.

CONTES­TA­TION. Des mi­li­tants de Ber­nie San­ders et du mou­ve­ment an­ti­ra­ciste Black Lives Mat­ter re­fou­lés par la sé­cu­ri­té. AFP

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