Des mil­liers de geeks font vibrer Cler­mont

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - LA UNE - Gré­goire Nartz lo­cale@cen­tre­france.com

■ PO­LY­DÔME. De­puis hier et ce di­manche en­core, les geeks, ces fans de man­gas, de jeux vi­déos et de sé­ries té­lé, ont ren­dez­vous à Cler­mont­Fer­rand pour par­ta­ger une même pas­sion.

■ DÉ­GUI­SÉS. Tout le week­end, la plu­part des vi­si­teurs, âgés de 20 à 40 ans, en­dossent les plus in­croyables cos­tumes. Plus qu’une pas­sion, c’est un vrai mode de vie.

La grand-messe au­ver­gnate pren­dra fin ce soir à 19 heures. La Cler­mont Geek Conven­tion a vu dé­fi­ler des mil­liers d’adeptes de jeux vi­déos, man­gas, co­mics, sé­ries té­lé et autres pro­duits cultu­rels is­sus de l’he­roic fan­ta­sy, de la science-fic­tion et d’uni­vers ima­gi­naires en tout genre.

P oly­dome est un temple. De­puis hier, son en­ceinte ren­ferme toute la di­ver­si­té de l’une des cultures les plus mo­dernes qui soit. La culture geek, fille du XXIe siècle, à la fois do­mi­nante par son es­sor éco­no­mique et mar­gi­nale par le peu de consi­dé­ra­tion so­ciale dont ses me m b re s so n t en c o re l’ob­jet. Ce week­end, la Cler­mont Geek Conven­tion per­met de me­su­rer sa vitalité. « Com­ment dé­fi­nir un geek ? C’est com­pli­qué ! » , avoue Ju­lie Houillon, gé­rante de la li­brair ie Mo­mie, à Cler­mont. « Il a gé­né­ra­le­ment entre 20 et 40 ans et se dé­fi­nit sur­tout par ses centres d’in­té­rêts. Il aime les jeux vi­déos, les sé­ries, les tech­no­lo­gies, le gra­phisme… La culture geek dé­passe les fron­tières et les ori­gines. »

La pas­sion comme mo­teur

Il y a peu, le terme de geek dé­si­gnait en­core pé­jo­ra­ti­ve­ment un pas­sion­né d’in­for­ma­tique. Grosse paire de lu­nettes sur le nez, sou­ris d’or­di­na­teur dans une main et part de piz­za dans l’autre, teint blême par manque de sor­ties de au grand air, voi­là le cli­ché du geek… Jus­qu’à ce que la dé­si­gna­tion soit re­prise par la com­mu­nau­té elle­même, bran­die comme un éten­dard.

Si le La­rousse dé­fi­nit le geek comme un « fan d’in­for­ma­tique, de science­fic­tion, de jeux vi­déos », ses ré­fé­rences sont plus vastes en­core, comme l’a sou­li­gné Ju­lie Houillon. Mais un mot re­vient dans chaque dé­fi­ni­tion : la pas­sion.

Le man­ga ne dé­roge pas à la règle. La Cler­mont Geek Conven­tion s’ap­pelle ain­si de­puis trois ans, re m p l a ç a n t u n Ja pa n Event au nom trop res­treint pour ac­cueillir l’en­semble des centres d’in­té­rêts geek. Aux cô­tés de la science­fic­tion et de l’he­roic fan­ta­sy oc­ci­den­tales, la pop culture ja­po­naise sus­cite l’ado­ra­tion des foules. « Le man­ga est un mar­ché im­por­tant de­puis une di­zaine d’an­nées. Il re­pré­sente au­jourd’hui 40 % des ventes de bandes des­si­nées », ex­plique Ju­lie Houillon.

La BD ja­po­naise pro­duit sou­vent des sé­ries qui pa­raissent sur des an­nées, à un rythme sou­te­nu et en­gen­drant des ver­sions té­lé­vi­sées tout aus­si abon­dantes. Des titres comme Dra­gon Ball, Les Che­va­liers du Zo­diac, One Piece ou Na­ru­to ont ber­cé des gé­né­ra­tions en­tières.

Et comme la pas­sion n’a pas de li­mite, les plus fans des fans se contentent ra­re­ment de vi­sion­ner ou de lire l’ob­jet de leur consi­dé­ra­tion. Dans son hob­by, le geek est ac­tif.

Ain­si, le Cos­play est un té­moi­gnage d’amour. Mé­lange de « cos­tume » et de « play » (jouer en an­glais), cette pra­tique qui consiste à se dé­gui­ser en son per­son­nage fa­vo­ri « est née aux États­Unis avec les fans de Star Trek et Star Wars, avant de se ré­pandre au Ja­pon au­près des ama­teurs de man­gas », ex­plique Quen­tin, de l’as­so­cia­tion cler­mon­toise Gen­kiBa­ka.

« Une bonne part des vi­si­teurs viennent dé­gui­sés à la conven­tion d’au­jourd’hui. C’est quelque chose de plus en plus ré­pan­du su r c e ge n re d’é v é n e ­ ments. C’est com­mu­nau­taire sans être ex­cluant, car ce­la per­met un par­tage entre les vi­si­teurs, qui n’hé­sitent pas à faire des pho­tos avec les cos­playeurs. »

Cette culture en­globe aus­si tous les pro­duits dé­ri­vés tels que ces ar­mées de sta­tuettes is­sues d’uni­vers ima­gi­naires nés à l’écran ou sur pa­pier.

Mais les geeks n’ou­blient pas leurs ori­gines : l’in­for­ma­tique. Comme l’at­teste la pré­sence de nom­breux ga­mers ( afi­cio­na­dos de jeux vi­déos) et you­tu­beurs ( qui se mettent en scène dans des vi­déos sur la plate­forme web Youtube), ils se re­trouvent avant tout sur le net. Mais la po­pu­la­ri­té de ces stars de l’im­ma­té­riel, qui dé­passe le cercle res­treint des fans, prouve qu’il y a du geek dans tous ceux qui ap­pré­cient les nou­velles tech­no­lo­gies et les biens cultu­rels à la mode.

PHO­TO FRANCK BOILEAU

PO­LY­DÔME.

A Cler­mont-Fer­rand, hier et au­jourd’hui en­core, des mil­liers de jeunes portent leur mode de vie jusque dans les moindres dé­tails.

PHO­TO FRANCK BOILEAU

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