Cey­ra­tois tué au Ba­ta­clan : sa fa­mille parle

Quatre mois après la dis­pa­ri­tion d’Oli­vier Ver­na­dal

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - LA UNE - Jean-Bap­tiste Le­dys

En ap­pre­nant l’ar­res­ta­tion de Sa­lah Ab­des­lam à Bruxelles, ven­dre­di, les proches d’Oli­vier Ver­na­dal ont per­çu pour la pre­mière fois de­puis les at­ten­tats de Pa­ris l’es­poir d’un pro­cès.

in­for­ma­tion est tom­bée sur son té­lé­phone, ven­dre­di après­mi­di : Sa­lah Ab­des­lam, le lo­gis­ti­cien pré­su­mé des at­ten­tats du 13 no­vembre à Par is, a été in­ter­pel­lé dans la ban­lieue de Bruxelles. « Mes sen­ti­ments étaient mé­lan­gés : j’étais sou­la­gée, mais j’ai pleu­ré. »

Fan­ny Proville, com­pagne d’Oli­vier Ver­na­dal, a sen­ti se rou­vrir la bles­sure qu’elle porte de­puis la dis­pa­ri­tion, le 13 no­vembre au Ba­ta­clan, de l’homme qui par­ta­geait sa vie, un Cey­ra­tois de 44 ans.

Ces sen­ti­ments font écho à ceux que Mi­chel Ver­na­dal, lui aus­si, a res­sen­tis lorsque la dou­leur de la dis­pa­ri­tion de son fils a re­fait sur­face.

« Cette ar­res­ta­tion consti­tue sû­re­ment une avan­cée. Cet homme était très re­cher­ché. On pen­sait bien qu’il était en­core vi­vant. Son in­ter­pel­la­tion, c’é t a i t qu e l q u e ch o s e qu’on es­pé­rait », ex­plique Mi­chel Ver­na­dal.

L’es­poir d’ob­te­nir des ex­pli­ca­tions

« J’es­père qu’il va par­ler. Qu’il va dire pour­quoi ? Pour­quoi le Ba­ta­clan ? Pour­quoi ces ter­rasses de ca­fé ? J’en at­tends des ex­pli­ca­tions. Quoi con­crè­te­ment ? Je ne sau­rai le dire. mais nous avons be­soin d e s a vo i r co m m e n t ç a s’e s t pa s s é » , gl i s s e s a com­pagne.

Dé­sor­mais, les proches d’Oli­vier Ver­na­dal savent que les choses avancent, même s’il leur faut en­core prendre pa­tience.

Ils en sont per­sua­dés, il y a d’autres per­sonnes en­core à in­ter­pel­ler. Sa­lah Ab­des­lam fai­sait par­tie d’un ré­seau. Il a bé­né­fi­cié de com­pli­ci­tés. L’en­quête ne s’est pas ter­mi­née ven­dre­di à Mo­len­beek.

« La pro­cé­dure va être en­core très longue. Il faut d’abord qu’il [ Sa­lah Ab­des­lam, NDLR] re­vienne en France. »

Au bout, il y au­ra ce pro­cès que, par­fois, ils n’es­pé­raient plus. « Ce n’est pas pour une his­toire de ven­geance. Mais c’est pour le sen­ti­ment de jus­tice. C’est im­por­tant. Ça pour­ra faire avan­cer les choses… Parce que de­puis no­vembre… c’est un peu com­pli­qué », tremble Fan­ny Proville, re­te­nant pu­di­que­ment un san­glot.

BA­TA­CLAN. Cey­ra­tois ins­tal­lé à Pa­ris, Oli­vier Ver­na­dal a été l’une des vic­times de l’at­ten­tat du 13 no­vembre. PHO­TO DR

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