De la haute pré­ci­sion pour nos ar­tères

Les cin­quante plus grands spé­cia­listes de car­dio­lo­gie in­ter­ven­tion­nelle réunis à Cler­mont­Fer­rand

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - RÉGION ACTUALITÉ - Mi­chèle Gar­dette mi­chele.gar­dette@cen­tre­france.com

Les plus grands car­dio­logues in­ter­ven­tion­nels fran­çais ont échan­gé sur leurs pra­tiques, les 18 et 19 mars, à Cler­mont-Fer­rand. Une ville pion­nière dans l’ima­ge­rie en­do­co­ro­naire par co­hé­rence op­tique.

es cin­quante plus émi­nents spé­cia­listes fran­çais de la car­dio­lo­gie in­ter­ven­tion­nelle étaient à Cler­mont­Fer­rand, ven­dre­di et sa­me­di, à la fa­cul­té de mé­de­cine. Du­rant deux journées, ces poin­tu­ res de la spé­cia­li­té de car­dio­lo­gie qui re­groupe tous les actes thé­ra­peu­tiques réa­li­sés par voie en­do­vas­cu­laire, ont échan­gé sur des cas concrets et ten­té de faire avan­cer les connais­sances no­tam­ment grâce à l’OCT, ima­ge­rie co­ro­naire par co­hé­rence op­tique. Ce n’est pas par ha­sard si cet évé­ne­ment s’est dé­rou­lé à Cler­montFer­rand.

Le ser­vice de car­dio­lo­gie du CHU de Cler­mont a été le pre­mier centre de car­dio­lo­gie in­ter­ven­tion­nelle fran­çais à être équi­pé en OCT. Dans le cadre d’une thèse scien­ti­fique, le pro­fes­seur Pas­cal Mo­treff s’est in­té­res­sé, dès 2006, à cette tech­nique, à l’époque, confi­den­tielle. Puis elle a beau­coup évo­lué et, à par­tir de 2010, les équipe­ ments de deuxième gé­né­ra­tion ont fait leur ap­pa­ri­tion. « Il s’agit d’une ima­ger ie in­fra­rouge de très haute ré­so­lu­tion, de l’ordre de dix mi­crons, que l’on réa­lise lors d’une co­ro­na­ro­gra­phie » , ex­plique le pro­fes­seur Pas­cal Mo­treff, res­pon­sable du ser­vice de car­dio­lo­gie du CHU. Cette tech­nique de pointe est la plus pré­cise pour ana­ly­ser la pa­roi d’une ar­tère co­ro­naire pa­tho­lo­gique et contrô­ler le ré­sul­tat du trai­te­ment.

« On uti­lise l’OCT dans 5 à 10 % des pro­cé­dures com­plexes, par exemple dans le cas d’in­farc­tus in­so­lites, chez des su­jets jeunes, chez des femmes… Cette tech­nique per­met d’ap­por­ter un re­gard cr itique, voire de chan­ger la thé­ra­peu­tique », pré­cise le mé­de­cin.

Sa haute pré­ci­sion a ain­si per­mis ré­cem­ment à Pas­cal Mo­treff et Gé­raud Sou­tey­rand, car­dio­logue res­pon­sable du pla­teau tech­nique de car­dio­lo­gie in­ter­ven­tion­nelle du CHU de Cler­mont, de mieux com­prendre ce qui s’était pas­sé dans l’ar­tère d’une femme de 41 ans, vic­time d’une dis­sec­tion co­ro­naire spon­ta­née (une pa­tho­lo­gie très rare) ; de ré­éva­luer le diag­nos­tic et de lui pro­po­ser un trai­te­ment in­no­vant. Et de lui sau­ver la vie ! L’équipe a d’ailleurs re­çu un prix de la So­cié­té fran­çaise de car­dio­lo­gie pour la prise en charge de ce cas.

Sur 4.000 exa­mens de co­ro­na­ro­gra­phies par an, le ser­vice cler­mon­tois pra­tique 1.400 an­gio­plas­ties (*), dont 140 OCT. Un ou­til qui fait bou­ger les lignes et amé­liore la com­pré­hen­sion et le trai­te­ment de la ma­la­die co­ro­naire.

(*) L’an­gio­plas­tie consiste à di­la­ter une ar­tère co­ro­naire bou­chée au moyen d’une sonde mu­nie d’un bal­lon gon­flable au bout et qui pré­cède la pose d’un stent ( un pe­tit res­sort qui va ré­pa­rer l’ar­tère obs­truée).

CAR­DIO­LO­GIE. Le bi­nôme Pas­cal Mo­treff et Gé­raud Sou­tey­rand, tous deux ex­perts en OCT, ima­ge­rie co­ro­naire par co­hé­rence op­tique (image de l’in­té­rieur de l’ar­tère au pre­mier plan). PHO­TO FRAN­CIS CAMPAGNONI

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