La belle et la bête

La pègre vue comme une en­tre­prise sou­cieuse de pro­fits, d’éco­no­mie. Mais tra­vaillée par les ri­va­li­tés in­ternes, d’au­da­cieuses concur­rences…

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAG DIMANCHE - Da­niel Martin da­niel.martin@cen­tre­france.com

Après avoir don­né une pre­mière tri­lo­gie re­mar­quable (*), Mal­colm Mackay re­vient avec un for­mi­dable per­son­nage, Nate Col­gan. Une brute épaisse, fa­çon contem­po­raine : très in­tel­li­gent et pro­fes­sion­nel jus­qu’au bout des ongles. Se­crè­te­ment fra­gile. À cause d’une femme, Za­ra. Beau­té sul­fu­reuse dont il se tient à dis­tance, sauf qu’elle use du moindre pré­texte pour le re­lan­cer, leur fille n’étant pas le plus anec­do­tique. Une gosse qu’il tient à pro­té­ger de sa mau­vaise in­fluence.

Le nou­vel as­saut est d’au­tant plus mal ve­nu que Nate a des sou­cis au bou­lot. Pas lui di­rec­te­ment, la boîte pour la­quelle il bosse en free­lance, L’Or­ga­ni­sa­tion. De celle qui cache der­rière une fa­çade lé­gale des ac­ti­ vi­tés qui ne le sont pas et rap­portent gros : pros­ti­tu­tion, drogue, tra­fic en tous genres. Par­fai­te­ment te­nue lorsque Ja­mie­son la di­ri­geait, tout va à vau­l’eau de­puis qu’il est en pri­son. Sous le double ef­fet de ri­ va­li­tés in­ternes et de concur­rences ex­ternes.

Bref, ap­pe­lé à la res­cousse, Nate a dû ac­cep­ter un CDI ! Et, du coup, perdre en in­dé­pen­dance. Of­fi­ciel­le­ment « consul­tant à la sé­cu­ri­té » , il reste le gros mé­chant char­gé de ra­me­ner à la rai­son les dis­si­dents, les am­bi­tieux.

Or, voi­ci qu’arr ive, de Bi r m i n g h a m , u n p e t i t mal­frat aux dents longues qui ne tarde pas à faire part de ses in­ten­tions. De ma­nière as­sez claire pour dé­clen­cher les hos­ti­li­tés.

C’est alors, parce que tout est lié dans ce monde, que Nate com­prend la vraie rai­son pour la­quelle Za­ra lui fait à nou­veau du gringue, ce qui l’émeut, elle le sait, le cham­boule jus­qu’au tré­fonds et le met ter­ri­ble­ment en pé­ril. Il com­prend vite pour­quoi : Ever y night, I dream of hell, comme dit le titre ori­gi­nal.

Une fois de plus, Mackay joue, avec une im­pla­cable pré­ci­sion, du style et de la dis­tance pour ré­vé­ler le plus noir des so­cié­tés.

(*)

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.