Une traque qui a connu des ra­tés

Le ren­sei­gne­ment belge en ac­cu­sa­tion

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE ACTUALITÉS -

Si la cap­ture de Sa­lah Ab­des­lam porte un « coup im­por­tant » aux ré­seaux dji­ha­distes en Eu­rope, elle a éga­le­ment ré­vé­lé les « ra­tés » des ser­vices de ren­sei­gne­ment pen­dant sa ca­vale.

« De Mo­len­beek à Mo­len­beek », ti­trait, hier, le quo­ti­dien belge Le Soir pour ré­su­mer l’iti­né­raire d’Ab­des­lam. « Ce coup de fi­let spec­ta­cu­laire per­met à la Bel­gique de re­do­rer son bla­son », se fé­li­cite le jour­nal fran­co­phone, car « la ré­pu­ta­tion belge était tom­bée plus bas que terre et un Ab­des­lam en li­ber­té était non seule­ment une me­nace per­ma­nente pour la sé­cu­ri­té quo­ti­dienne du pays, mais aus­si un dé­fi à ses au­to­ri­tés ».

Pour beau­coup ce­pen­dant, cette traque de plus de 120 jours tra­hit un aveu d’im­puis­sance. « Cette longue ca­vale n’est pas un grand suc­cès pour les ser­vices de ren­sei­gne­ment belges. Soit Sa­lah Ab­des­lam était très ma­lin, soit les ser­vices belges étaient nuls, ce qui est plus vrai­sem­blable », a tem­pê­té, hier, le dé­pu­té fran­çais (LR) et an­cien ma­gis­trat an­ti­ter­ro­riste Alain Mar­saud. « Tout ce dos­sier était un énorme puzzle dont il a fal­lu mettre pa­tiem­ment les pièces » en ordre, s’est dé­fen­du le pro­cu­reur fé­dé­ral belge, Fré­dé­ric Van Leeuw, en évo­quant une en­quête « com­pli­quée par la pres­sion ex­té­rieure, d’abord au ni­veau po­li­tique fran­çais, ce que je com­prends ».

La trace d’Ab­des­lam s’était éva­nouie le 14 no­vembre à Schaer­beek, où des com­plices af­firment l’avoir dé­po­sé après son ex­fil­tra­tion. Alors qu’on l’an­non­çait pos­si­ble­ment en Sy­rie ou aux Pays­Bas, l’an­cien pe­tit dé­lin­quant se­rait donc res­té dans l’ag­glo­mé­ra­tion bruxel­loise, en bé­né­fi­ciant de ses ré­seaux à Mo­len­beek, de­ve­nu un point d’an­crage du mi­lieu dji­ha­diste en Eu­rope.

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