Loïc Jacquet, li­bé­ré… de toute pres­sion

Le fu­tur joueur de Castres a sans doute at­teint une nou­velle ma­tu­ri­té

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS AUVERGNE - Ch­ris­tophe Bu­ron

Après douze sai­sons pas­sées sous le maillot « jaune et bleu », le deuxième ligne, consi­dé­ré un temps comme un éter­nel es­poir, évo­lue­ra la sai­son pro­chaine à Castres. Un choix for­cé qui semble l’avoir li­bé­ré.

Il n’avait rien de­man­dé et n’avait pro­ba­ble­ment pas pro­je­té de s’en al­ler. Si Loïc Jacquet avait cher­ché un sta­tut d’in­con­tour­nable, ce qu’il n’a ja­mais vrai­ment été à l’ASM, no­tam­ment sur les phases fi­nales, il au­rait fait ses va­lises bien plus tôt. A bien­tôt 31 ans, sans offre de pro­lon­ga­tion de son club de for­ma­tion, il lui a fal­lu cher­cher de l’em­ploi ailleurs.

D’avoir trou­vé à Castres, un contrat de trois ans, qui lui trace son ave­nir jus­qu’à une pro­bable re­traite, l’a trans­for­mé sur le ter­rain, où il n’a ja­mais pa­ru aus­si fort et se­rein.

Après deux mois au fri­go, à l’au­tomne, quand les in­ter­na­tio­naux sont ren­trés mâ­chés et usés de la Coupe du monde, Loïc Jacquet a at­ten­du son ti­cket d’en­trée sur le ter­rain, en jan­vier à Agen, pour vé­ri­ta­ble­ment dé­col­ler.

Qu’ e s t ­c e qui a donc pro­vo­qué ce chan­ge­ment, de joueur ra­re­ment dé­ce­vant, mais pas sou­vent ex­cellent, à ce­lui épa­noui et p e r f o r m a n t d’ a u j o u rd’hui ? « De­puis le dé­but du mois de jan­vier j’en­chaîne et je me prends beau­coup moins la tête. Je n e j o u e p a s p o u r f a i re plai­sir à quel­qu’un mais pour pro­fi­ter de ce maillot en­core quelques mois. D’avoir si­gné à Castres m’a peut­être li­bé­ré, in­cons­ciem­ment ça se res­sent dans mon jeu ».

C’est au CO que Jacquet pous­se­ra bien­tôt des mê­lées. Lui, le joueur agile et ha­bile dans les airs balle en mains, s’est presque dé­cou­vert, sur le tard, une pas­sion pour la pous­sée col­lec­tive. « J’ai tou­jours ai­mé les bal­lons hauts, c’est mon do­maine, mais j’adore de plus en plus la mê­lée. C’est une phase où tu cherches à do­mi­ner ton ad­ver­saire, où tu dois être connec­té à ton ta­lon­neur, où il te faut être en ac­cord par­fait avec ton pi­lier. Le fait de me sen­tir mieux dans ce sec­teur dé­note peut­être une ma­tur ité phy­sique ».

On y re­vient, mais être c o n t ra i n t d e p a r t i r d e Cler­mont, l’a dé­bar­ras­sé de ses chaînes. « Tout ça, c’était bien dans la tête. Franck Azé­ma me l’a as­sez dit, quand il m’a an­non­cé qu’il ne me conser­vait pas dans l’ef­fec­tif ; par­tir te fe­ra du bien… J’es­père qu’il au­ra rai­son, mais force est de consta­ter que de­puis cette an­nonce, je joue plus li­bé­ré ».

Cet après­mi­di, face à un Stade Tou­lou­sain qu’il dit avoir plus bat­tu que l’in­verse, Loïc Jacquet sait l’am­pleur du dé­fi qui at­tend son équipe. « C’est un gros test parce que l’on n’a bat­tu au­cune équipe du top 6. C’est l’oc­ca­sion de se jau­ger et de res­ter dans la conti­nui­té de nos der­nières per­for­mances ».

L’oc­ca­sion aus­si, pour le fu­tur Cas­trais, de confir­mer qu’il a vrai­ment chan­gé.

EN­VOL. De­puis qu’il a si­gné à Castres (dé­cembre der­nier) à par­tir de la sai­son pro­chaine, Loïc Jacquet ne semble plus jouer avec le frein à main et rend des co­pies convain­cantes. PHO­TO F. MAR­QUET

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