Pour l’amour des textes et des planches

Le théâtre ama­teur est en fête jus­qu’à ce soir 18 heures, à la mai­son de la Cul­ture

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SI ON SORTAIT - Pa­trick Ehme

De­puis hier, les chan­ge­ments de dé­cors, d’uni­vers, au­tant que de cos­tumes et de ré­per­toires, se suc­cèdent sans fai­blir. Huit troupes de théâtre ama­teur sont sur les planches, jus­qu’à ce soir, à la Mai­son de la Cul­ture, à Cler­mont-Fer­rand. Le Cym­bal Théâtre, ve­nu d’Abrest (03), est de celles-là.

M ais qu’est­ce qui fait re­trous­ser les manches pour mon­ter les tré­teaux et don­ner de la voix pour dé­cla­mer un texte lors­qu’on n’est pas payé pour ça ?

« Le plai­sir, la pas­sion, le dé­sir du dé­pas­se­ment de soi et plus en­core l’en­vie du groupe ». Pour JeanCh­ris­tophe Du­trey, met­teur en scène, comme pour Ré­mi, co­mé­dien, la ré­ponse tombe comme al­lant de soi.

Dix­sept ans pour l’un, tout juste onze pour l’autre… à re­vi­si­ter les « clas­siques » ( Mo­lière, Sha­kes­peare, Mus­set et les autres), pour la beau­té de la pa­role et du geste.

« Ve­nant d’une ré­gion es­sen­tiel­le­ment ru­rale, il nous sem­blait im­por­tant d’ap­por­ter le théâtre jus­qu’à un pu­blic qui n’y al­lait pas né­ces­sai­re­ment. Avec pour seule am­bi­tion de lui faire par­ta­ger notre amour de la langue. »

En quoi est- ce im­por­tant pour vous de par­ti­ci­per à une fête comme celle- ci ? « Elle per­met avant tout de ren­con­trer d’autres troupes. De se sen­tir comme ap­par­te­nant à une même fa­mille. D’ap­pré­cier le tra­vail des autres, de se nour­rir par­fois de leur ex­pé­rience, de leurs trou­vailles ou de leurs par­tis pris. L’ oc­ca­sion aus­si d’avoir un re­gard ex­té­rieur sur nos propres créa­tions. C’est une école d’écoute et de dé­mo­cra­tie ».

Ce­la re­pré­sente-t-il un vé­ri­table chal­lenge ? « Bien sûr qu’il y a confron­ta­tion, mais dans le sens po­si­tif du terme. Cha­cun a for­cé­ment à coeur de don­ner le meilleur de lui­ même mais pas tant dans un es­prit de com­pé­ti­tion que ce­lui d’un dia­logue entre gens mus par la même pas­sion. C’est aus­si une école d’hu­mi­li­té.

Ce­la donne sur­tout l’oc­ca­sion et le confort de jouer dans les meilleures condi­tions tech­niques et une vraie salle de spec­tacle ce qui n’est pas tou­jours le cas (rire) ».

Dans moins d’une heure, les deux se­ront sur scène pour y pré­sen­ter leurs ca­prices de Ma­rianne. Mais il reste en­core un dé­cor à mon­ter. Juste le temps d’en­fi­ler leur cos­tume de ma­nu­ten­tion­naire, car dans le théâtre ama­teur on est aus­si homme ( ou femme) à tout faire.

PHO­TO FRANCK BOI­LEAU

LES CA­PRICES DE MA­RIANNE. Le Cym­bal Théâtre dans ses oeuvres.

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