L’église de la gare, une belle in­con­nue

A la re­dé­cou­verte du pa­tri­moine ar­chi­tec­tu­ral cler­mon­tois dans le quar­tier de la gare en 1891

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - CLERMONT - Pierre-Ga­briel Gon­za­lez pgg@orange.fr

La gé­né­ro­si­té d’une fa­mille rend le pro­jet pos­sible De style néo­ro­man, en ar­kose et lave de Vol­vic, elle s’ins­pire de No­treDame­du­Port, à Cler­mont, ou de SaintAus­tre­moine, à Is­soire

Édi­fiée entre 1883 et 1897, l’église SaintJo­seph, si­tuée rue Jean­ned’Arc, est sans doute un des édi­fices re­li­gieux de la ville le plus mal connu des Cler­mon­tois.

En rai­son du « di­vorce » an­non­cé de l’Église et de l’État à la fin du XIXe siècle, le fi­nan­ce­ment de la construc­tion du lieu de culte ca­tho­lique de la gare s’est fait grâce aux dons des fi­dèles.

En 1882, époque à la­quelle la mu­ni­ci­pa­li­té se pré­oc­cupe du « per­ce­ment de tout un quar­tier neuf » entre la gare et le cen­tre­ville, elle étu­die les pro­po­si­tions d’une so­cié­té im­mo­bi­lière, pro­jette la créa­tion de nou­velles rues et d’un mar­ché cou­vert… ( voir nos chro­niques des 4, 11 et 20 mars der­niers).

Pour re­prendre un ex­trait des dé­li­bé­ra­tions du con­seil mu­ni­ci­pal c’est « l’oc­ca­sion de conduire la ville sur la voie des ré­formes et du pro­grès ». Pour­tant la construc­tion d’une église pa­rois­siale ne fait pas par­tie de ce plan d’ur­ba­nisme. Ce pro­jet vient se gref­fer sur les trans­for­ma­tions en cours et re­lève uni­que­ment de l’ini­tia­tive pri­vée.

Il voit le jour au dé­but de 1883, quand la fa­mille Pour­cher, pro­pr ié­taire du do­maine du Châ­teau­Rouge, si­tué à proxi­mi­té de la gare (ac­tuelle ave­nue de l’Union­So­vié­tique), sou­haite ai­der à la construc­tion d’une église dans ce quar­tier qui est alors en plein dé­ve­lop­pe­ment.

La fa­mille Pour­cher fait don du ter­rain

Au dé­but de 1883, cette fa­mille fait don à l’évê­ché de Cler­mont d’un grand ter­rain rec­tan­gu­laire de 1.829 m² (entre la rue Jeanne­d’Arc et la rue qui se­ra plus tard ap­pe­lée « Pour­cher » ) à l’ex­presse condi­tion « qu’il y soit édi­fiée une cha­pelle dé­diée à saint Jo­seph ».

Pour­quoi ce saint en par­ti­cu­lier ? Pro­ba­ble­ment parce que, à la fin du XIXe siècle le culte de l’époux de la Vierge Ma­rie connaît un vé­ri­table en­goue­ment. Quelques an­nées plus tôt, en 1870, le pape Pie IX avait même pla­cé l’Église ca­tho­lique sous la pro­tec­tion spé­ciale de ce saint homme. Il était in­vo­qué pour le ré­con­fort de la vie contem­pla­tive et consi­dé­ré comme le saint pa­tron des ar­ti­sans, lui qui se­lon la tra­di­tion ch­ré­tienne exer­ça la pro­fes­sion de char­pen­tier.

Sous l’im­pul­sion de l’évêque de Cler­mont de l’ époque, Mon­sei­gneur Boyer, un pro­jets’ im­pose, ce­lui del’ ar­chi­tecte Amab le Bar nier. Il pré­voit l’édi­fi­ca­tion d’une vaste église de style néo­ro­man en ar­kose et lave de Vol­vic qui s’ins­pi­rait des édi­fices ro­mans au­ver­gnats ma­jeurs comme Notre­Dame­du­Port à Cler­mont ou Saint­Aus­tre­moine d’Is­soire.

Avec la bé­né­dic­tion de la pre­mière pierre, le 19 mars 1883 com­men­çait une longue his­toire qui condui­ra à l’achè­ve­ment de l’édi­fice re­li­gieux en… 1912. Nous y re­vien­drons di­manche pro­chain.

RUE JEANNE-D’ARC. Le fi­nan­ce­ment de la construc­tion du lieu de culte ca­tho­lique de la gare s’est fait grâce aux dons des fi­dèles et à ce­lui « condi­tion­né » de la fa­mille Pour­cher : un ter­rain de 1.829 m2. AR­CHIVES THIER­RY NI­CO­LAS

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