Son pro­jet, « re­nou­ve­ler ! »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 JOURS EN POLITIQUE - Ber­nard Sté­phan ber­nard.ste­phan@cen­tre­france.com

Can­di­dat à la pri­maire de la droite et du centre, Bru­no Le Maire (LR) af­fiche un pro­gramme am­bi­tieux et un op­ti­misme de bat­tant. Il est 3e dans les son­dages...

Bru­no Le Maire a sans doute gar­dé de ses an­nées d’études un prin­cipe : être le meilleur. C’est donc dans le même es­prit qu’il place la barre de son pro­jet pour l’élec­tion pré­si­den­tielle avec cette ques­tion con­cer­nant l’en­jeu pour 2017 : « Peu­ton réin­ven­ter notre pays ou non ? »

Et, comme tout can­di­dat à la pri­maire de la droite et du centre qui se res­pecte, il tente d’abord d’y ré­pondre dans un livre (*) ti­tré en forme d’ap­pel à ne rien lâ­cher : Ne vous ré­si­gnez pas !

Et pas de doute chez lui, cette pri­maire c’est bien et – tou­jours – « la pri­maire de la droite et du centre ». Il avance avec un pro­jet qui bous­cule.

Des pro­messes d’in­no­va­tions

Bru­no Le Maire agace même dans son camp, sur­tout du cô­té des vieux ca­ciques, lui qui se pré­sente comme un homme neuf. « Moi, j’ai été se­cré­taire d’État et mi­nistre de l’Agri­cul­ture, mais je n’ai pas été Pre­mier mi­nistre, je n’ai pas gou­ver­né le pays. » Ce cô­té « de­main je fais table rase », il le for­ma­lise clai­re­ment avec une idée simple : « Il faut re­nou­ve­ler com­plè­te­ment la vie po­li­tique fran­çaise. » Il prône la li­mi­ta­tion du nombre de man­dats, la dé­mis­sion de tous les fonc­tion­naires de la fonc­tion pu­blique lors­qu’ils sont élus. Pour ce­la, il veut s’ap­puyer sur une vo­lon­té po­pu­laire et la faire va­li­der par un ré­fé­ren­dum qu’il convo­que­rait lors du se­cond tour des élec­tions lé­gis­la­tives sui­vant l’élec­tion pré­si­den­tielle.

L’autre grande in­no­va­tion, c’est la rup­ture avec la pra­tique pré­si­den­tielle qui a dé­ri­vé avec Ni­co­las Sar­ko­zy et s’est confir­mée avec Fran­çois Hol­lande : l’om­ni­pré­si­dence. « Le rôle du pré­sident doit être de ne pas gou­ver­ner à la place des mi­nistres. Le pré­sident est chef de l’État. Il faut que les mi­nistres soient ca­drés et en­suite soient au­to­nomes dans leur ac­tion. »

La­bou­rant le sillon de la ré­no­va­tion, Bru­no Le Maire veut ré­af­fir­mer le rôle de l’ac­tion po­li­tique comme le­vier ca­pable de pro­duire le chan­ge­ment. Et à cet égard sa com­pa­rai­son ne fait pas dans la mol­lesse : « En 1940, une in­ca­pa­ci­té de dé­ci­sion des chefs mi­li­taires a en­traî­né notre dé­faite. De­puis le dé­but des an­nées quatre­vingts, une in­ca­pa­ci­té de dé­ci­sion des chefs po­li­tiques a conduit à notre ef­fa­ce­ment », écrit­il.

En­ga­gé dans la pri­maire, il re­fuse d’évo­quer au­jour­ d’hui une autre hy­po­thèse que sa vic­toire. Et qu’on ne lui parle pas du quin­quen­nat unique, choix de son concur­rent Alain Jup­pé. Il y est op­po­sé : « Le quin­quen­nat unique se­ra ter­mi­né au bout de cent jours. Quelle est cette idée de se faire élire et de ne pas vou­loir rendre compte au peuple ? »

Ré­for­mer l’Eu­rope

Ja­dis se­cré­taire d’État aux Af­faires eu­ro­péennes, il est très sé­vère pour cette Union qui marche de tra­vers. « Ac­tons le dé­cès de l’Eu­rope à 28, dit­il, et pro­po­sons une Eu­rope nou­velle fon­dée sur un pe­tit nombre d’États qui veulent mar­cher d’ un même pas, qui sont prêts à faire une Eu­rope po­li­tique forte et à mettre en com­mun une par­tie de leurs dé­penses. »

Fort de près de 30 % de suf­frages rem­por­tés au­près des mi­li­tants de l’ex­UMP pour conqué­rir la pré­si­dence du par­ti, Bru­no Le Maire en­tend bien pe­ser très fort. Da­van­tage bien sûr puis­qu’il en­tend al­ler au bout, à l’Ély­sée. Pour l’heure, il est troi­sième dans les son­dages.

Cette tête bien pleine, homme de cul­ture, écri­vain, lec­teur as­si­du, n’ou­blie pas de plai­der pour le rayon­ne­ment de la France. Parce que, écrit­il, « la France est une idée tou­jours nou­velle. » Il y a bien du De Gaulle dans ce qua­dra qui écrit dix, vingt fois : « Je suis prêt ! »

BRU­NO LE MAIRE. « Nous de­vons re­don­ner à cha­cun sa fier­té d’être fran­çais. » PHO­TO AFP.

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