L’art ly­rique souffle sur la chan­son

Les Sten­tors adaptent de­puis 2011 les plus grands stan­dards de la va­rié­té fran­çaise

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SI ON SORTAIT -

Les Sten­tors se­ront sur la scène de la Mai­son de la culture de Cler­mont, ven­dre­di 22 avril. Quand des chan­teurs ly­riques mettent leur voix au ser­vice des plus grandes chan­sons fran­çaises.

Tous les quatre sont des chan­teurs d’opé­ra. Ils ont tra­vaillé en­semble au­tour de ré­per­toires clas­siques : Ver­di, Mo­zart… L’amour de la chan­son fran­çaise les a réunis en 2011.

Les Sten­tors ­ com­po­sés dé­sor­mais des ba­ry­tons Jean­Phi­lippe Ca­tusse, Vian­ney Guyon­net et des té­nors Mow­gli Laps et Ma­thieu Sem­pere ­ ont adap­té de grandes chan­sons du ré­per­toire fran­çais : comme par exemple Les Co­rons ou Je viens du Sud qui vivent une nou­velle vie. Ren­dez­vous avec le groupe qui a ven­du à ce jour quelque 850.000 al­bums à la Mai­son de la culture de Cler­mont, le ven­dre­di 22 avril, à 20 h 30. En pré­am­bule, ren­contre avec Ma­thieu Sem­pere.

Com­ment faites-vous pour ma­rier art ly­rique et va­rié­té fran­çaise ? L’idée est d’abord de par­tir d’un titre so­lo et d’en faire une chan­son à quatre voix. Tous les titres ne fonc­tionnent pas. On a aus­si be­soin de ly­risme dans la chan­son pour pou­voir po­ser nos voix et pour ap­por­ter quelque chose de nou­veau. Le ré­per­toire de Bras­sens, par exemple, n’est peut­être pas le plus adap­té au ni­veau mu­si­cal pour po­ser nos voix et en plus quatre voix ! Cet en­semble nous per­met de faire des har­mo­nies car notre but est bien de re­créer une chan­son, c’es­tà­dire, adap­ter une chan­son ori­gi­nale pour en faire une « autre ».

Com­ment choi­sis­sez-vous telle ou telle chan­son ? Nous choi­sis­sons par un thème d’abord, en fonc­tion de l’al­bum que nous sou­hai­tons faire… En­suite, nous choi­sis­sons cha­cun des titres. Nous les fai­sons écou­ter aux autres. Quand nous sommes tous d’ac­cord sur un titre, nous com­men­çons à le faire ar­ran­ger et à chan­ter des­sus. En­suite on teste, on voit si c’est réa­li­sable ou pas. Si notre in­ter­pré­ta­tion ap­porte quelque chose ou si ce­la dé­na­ture le thème. Réunion, liste, on ré­flé­chit en­semble.

Après l’His­toire, le cinéma… Quel se­ra le pro­chain thème ?

Je ne peux rien dire sur le thème du pro­chain al­bum. Tout ce que je peux dire c’est qu’il risque de sor­tir en mai ou juin 2016. Nous avons écrit de nou­veaux titres tout spé­cia­le­ment.

Vous avez ven­du 850.000 al­bums au to­tal. Com­ment ex­pli­quez-vous votre suc­cès ? Nous n’étions pas is­sus de ce monde­là… Nous ne sa­vions pas si c’était bien ou pas bien. Il se trouve que ce sont des chiffres ex­cel­lents. En 2011, nous avons été par exemple dans les dix meilleures ventes d’al­bums en France, voire les cinq meilleures. Ces bons ré­sul­tats en ma­tière de vente de disques sont dus, se­lon moi, au fait que les gens ont be­soin de ré­écou­ter les titres qu’ils connaissent.

Votre pu­blic est nos­tal­gique ? Oui, de la nos­tal­gie pour des chan­sons que tout le monde connaît mais pas seule­ment. C’est aus­si la nos­tal­gie des grandes voix. Le fait que nous soyons des chan­teurs d’opé­ra, que nous ayons des voix puis­santes et des voix tra­vaillées. Ce­la man­quait sans doute à la chan­son fran­çaise ac­tuel­ le. Il y a en­core 50 ans, dans le pay­sage de la chan­son fran­çaise, il y avait en­core beau­coup de chan­teurs à voix comme Luis Ma­ria­no ou Ti­no Ros­si ou en­core Georges Gué­ta­ry.

Re­tour­nez-vous de temps à autre au ré­per­toire ly­rique ? La tour­née des Sten­tors ne nous prend pas tout notre temps. Le pré­cé­dent al­bum est sor­ti en 2014, ce qui nous laisse la pos­si­bi­li­té de se pro­duire lors de concert ly­rique. Nous conti­nuons cha­cun à être sur scène, pour chan­ter de l’opé­ra, de l’opé­rette, de la co­mé­die mu­si­cale… J’ai fait 45 Zé­nith pour Luis Ma­ria­no (NDLR : Ma­thieu Sem­pere a re­pris le ré­per­toire de Luis Ma­ria­no dans un al­bum Re­vi­vez la lé­gende), deux fois par jour par exemple : soit au to­tal 100.000 per­sonnes à peu près réunies au­tour du ré­per­toire que chan­tait Luis Ma­ria­no.

Que pré­fé­rez-vous ? Il n’y a pas de pré­fé­rence en fait. Tout est in­té­res­sant. Moi, ce que j’aime c’est l’éclec­tisme ! C’est le fait de pou­voir tou­cher à plu­sieurs genres mu­si­caux en même temps pour ne pas être en­fer­mé dans un style.

LES STEN­TORS. Ils se sont connus en tant que chan­teurs d’opé­ra avant d’être dans les meilleures ventes d’al­bums de France. PHO­TO DR

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