La pouque et le ha­reng

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAG DIMANCHE - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

Au­jourd’hui, c’est le nor­mand de Pont­l’Evêque qui vous parle. Quoi ? Ça ne se de­vine pas mal­gré nom et pré­nom ?

J’ai sou­vent en­ten­du dans ma jeu­nesse, et au­jourd’hui en­core, le mot « pouque », un mot ac­cep­té, et pro­non­cé à toutes les sauces. Je viens juste de dé­cou­vrir qu’il s’agit d’un mot si­gni­fiant… sac ! Un sac de jute plus pré­ci­sé­ment, sorte de bal­lu­chon que trans­por­taient hommes et femmes et qui re­ce­lait toutes sortes de biens. « Pouque » vien­drait du mot scan­di­nave « po­ki », que les co­lons ve­nus de tout là­haut sur leurs drak­kars au­raient ap­por­té avec eux pour dé­si­gner cette be­sace.

Odeur te­nace

Et que trouve­t­on dans ce sac d’ori­gine scan­di­nave ? Des pommes de terre, pas trop chères et du pois­son, sur­tout du ha­reng, pois­son tout aus­si peu cher, et po­pu­laire. La par­ti­cu­la­ri­té du ha­reng, c’est son odeur. Une odeur qui im­prègne le tis­su, et qui reste, qui reste… Si vous avez un tuyau pour en­le­ver cette odeur, n’hé­si­tez pas ! Bref, l’odeur bien ins­tal­lée sur sa pouque, dif­fi­cile de s’en dé­faire. L’ex­pres­sion uti­li­sée de­puis le XVIe siècle rap­pelle à quel point on ne peut pas re­nier ses ori­gines – ah ! Pontl’Evêque… – car l’odeur reste im­pré­gnée en vous, au sens propre comme au sens fi­gu­ré – ah ! Pont­l’Evêque ! C’est un char­mant vil­lage au pas­sage, entre terres et mer, que je vous conseille pour vos va­cances. Et je vous conseille la fro­ma­ge­rie d’An­na­belle. Pour faire le plein de fro­mages à glis­ser dans sa « pouque » !

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