Un lieu char­gé de sym­boles

Oc­cu­pée de­puis le 31 mars par « Nuit de­bout »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE - ACTUALITÉS -

Le 11 jan­vier 2015, une im­mense marche contre le ter­ro­risme et pour la li­ber­té d’ex­pres­sion était par­tie de la place de la Ré­pu­blique, de­ve­nue l’ago­ra des Pa­ri­siens.

En 1958, le gé­né­ral de Gaulle y pré­sen­tait la Cons­ti­tu­tion. Après les at­ten­tats de 2015, elle de­ve­nait mé­mo­rial. Et de­puis deux se­maines, le mou­ve­ment « Nuit de­bout » y imagine une nou­velle so­cié­té. La place de la Ré­pu­blique est de­ve­nue l’ago­ra de Pa­ri­siens.

Le 16 juin 2013, après un an et de­mi de tra­vaux, la nou­velle place de la Ré­pu­blique dé­voile ses dalles grises en bé­ton. 70 % de cet es­pace de plus de 3 hec­tares était dé­dié à la cir­cu­la­tion et 30 % aux pié­tons. Ce se­ra main­te­nant l’in­verse.

Place agit-prop

Si cer­tains jour­naux étrillent sa « ba­na­li­té es­thé­tique » ou en­core son « in­fi­nie pla­ti­tude », elle trouve tout de suite grâce aux yeux des pié­tons, sur­tout les plus re­ven­di­ca­tifs.

« Cette place est agréable, on peut s’ins­tal­ler sans gê­ner, y or­ga­ni­ser plu­sieurs ma­ni­fes­ta­tions en même temps, moi je l’aime bien », dit le por­te­pa­role de Droit au Lo­ge­ment, Jean­Bap­tiste Ey­raud. « Nous sommes de­ve­nus des usa­gers ré­gu­liers, ici il ne manque que le chauf­fage », se marre l’ex­pert en agit­prop, qui a même ob­te­nu de la mai­rie du XIe ar­ron­dis­se­ment que les toi­lettes pu­bliques de la place res­tent ou­vertes la nuit.

« Il y a tou­jours eu beau­coup de ma­ni­fes­ta­tions à Ré­pu­blique et cette fonc­tion his­to­rique, sym­bo­lique, il fal­lait la gar­der », sou­ligne Pierre­Alain Tré­vé­lo, l’un des ar­chi­tectes du ré­amé­na­ge­ment.

269 ma­nifs en 2015

On comp­tait 195 ras­sem­ble­ments sta­tiques ou tran­si­tant par « Ré­pu » en 2011, se­lon les chiffres com­pi­lés par la pré­fec­ture de po­lice de Pa­ris. En 2014, après les tra­vaux, ce chiffre passe à 248, puis at­teint 269 en 2015. Au pre­mier tri­mestre 2016, il y en a eu 80. La ré­fec­tion de la place a aus­si ren­du ac­ces­sible l’al­lé­go­rie de la Ré­pu­blique, im­po­sante sta­tue sur la­quelle les ma­ni­fes­tants se risquent à grim­per, non sans dan­ger.

De­puis les at­ten­tats de jan­vier puis de no­vembre de l’an­née der­nière, la sta­tue veille aus­si sur les cen­taines de bou­gies, fleurs et pe­tits mots en hom­mage aux vic­times. C’est de là qu’était par­tie, le 11 jan­vier 2015, une im­mense marche contre le ter­ro­risme et pour la li­ber­té d’ex­pres­sion.

Ras-le-bol

Qua­torze mois plus tard, la place ac­cueille chaque soir une foule de ci­toyens op­po­sés au sys­tème po­li­tique en gé­né­ral et à la loi Travail en par­ti­cu­lier : le mou­ve­ment « Nuit de­bout ». Ils sont des cen­taines, par­fois des mil­liers, à se re­trou­ver pour re­faire le monde, dan­ser au rythme des tam­tams ou par­ta­ger un bol de soupe.

Las, les maires de Pa­ris et des IIIe, Xe et XIe ar­ron­dis­se­ments ont rap­pe­lé que les ri­ve­rains « doivent être pré­ser­vés, comme tous les Pa­ri­siens, du ta­page noc­turne »...

PLACE DE LA RÉ­PU­BLIQUE. Le bien de tous, his­to­rique, sym­bo­lique, « où il ne manque que le chauf­fage ». PHO­TO AFP

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