Quelle sé­cu­ri­té en fans zones ?

Dos­sier brû­lant

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS - FOOTBALL -

Sept mil­lions de vi­si­teurs, dix villes hôtes et des au­to­ri­tés sur les dents quelques mois après les at­ten­tats : la sé­cu­ri­té des fans zones se­ra une prio­ri­té lors de l’Eu­ro 2016 (10 juin - 10 juillet).

Ces pé­ri­mètres sont re­com­man­dés par l’UEFA afin ac­cueillir les sup­por­teurs dans une am­biance fes­tive : re­trans­mis­sions sur écran géant, ani­ma­tions, concerts… La ques­tion de leur sé­cu­ri­té est de­ve­nue brû­lante de­puis les ré­cents at­ten­tats.

« Compte te­nu du contexte ter­ro­riste, ces fans zones sont un su­jet sen­sible », dé­clare Gé­rard Ga­vo­ry, le pré­fet dé­lé­gué du Rhône à la sé­cu­ri­té, Lyon étant l’une des dix villes hôtes, avec Bor­deaux, Lille, Lens, Mar­seille, Nice, Pa­ris, Saint­De­nis, SaintÉ­tienne et Tou­louse.

À chaud, en plein trau­ma­tisme post­at­ten­tats, deux des villes hôtes, Tou­louse et Saint­Étienne, émet­taient de grosses ré­serves sur l’op­por­tu­ni­té d’or­ga­ni­ser une fans zone. Mais leur dis­cours s’est ra­dou­ci de­puis.

« Plus fa­cile » à sé­cu­ri­ser

Car la plu­part des villes s’ac­cordent sur un point : avec une fans zone, « il se­ra plus fa­cile de main­te­nir la sé­cu­ri­té. Si­non, il y au­ra des ras­sem­ble­ments dif­fus, dans les ca­fés, et ce se­ra plus dif­fi­cile à contrô­ler pour la po­lice », es­time l’ad­jointe à la mai­rie de Saint­De­nis char­gée de l’ac­cueil de l’Eu­ro, Fa­bienne Sou­las.

Ces fans zones ac­cueille­ront un grand nombre de spec­ta­teurs. Ils pour­ront être jus­qu’à 80.000 à Mar­seille (sur les plages du Pra­do, non loin du Stade Vé­lo­drome), 60.000 à Bor­deaux (place des Quin­conces, en plein centre), 25.000 à Lyon (place Bel­le­cour) ou 10.000 à Nice (au Théâtre de ver­dure, parc si­tué de­vant la pro­me­nade des An­glais).

Ren­for­cé après les at­ten­tats, le dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té se­ra dras­tique : es­pace en­tiè­re­ment clos, pal­pa­tion à l’en­trée, vi­déo­sur­veillance, in­ter­dic­tion de tout ba­gage ou sac à l’in­té­rieur, re­cours à des so­cié­tés de sé­cu­ri­té pri­vées.

« À Saint­De­nis, nous en­vi­sa­gions de faire la fans zone en plein centre­ville, face à la ba­si­lique. À la suite des at­ten­tats de no­vembre, nous avons dû y re­non­cer pour des rai­sons de sé­cu­ri­té », ex­plique Mme Sou­las.

« Comme le lieu doit être her­mé­ti­que­ment clos, ce­la au­rait né­ces­si­té tout le blo­cage du centre­ville. La po­lice de­man­dait aus­si des contrôles des habitants des im­meubles voi­sins, afin de vé­ri­fier qu’il n’y a pas d’in­di­vi­dus fi­chés », pour­suit­elle.

Idem à Tou­louse, où l’idée ini­tiale de la place du Ca­pi­tole a été aban­don­née.

Le coût en ques­tion

Tout ce­la a un coût, car l’UEFA ne prend en charge que la sé­cu­ri­té des stades, camps de base des équipes et hô­tels of­fi­ciels. Et dans un contexte bud­gé­taire ten­du, la ques­tion est es­sen­tielle pour les villes.

À Bor­deaux, dont le maire Alain Jup­pé est pré­sident du Co­mi­té des villes hôtes, le coût d’amé­na­ge­ment du site se­ra de quatre mil­lions d’eu­ros (dont un ex­clu­si­ve­ment consa­cré à la sé­cu­ri­té). Deux de ces quatre mil­lions sont à la charge des pres­ta­taires pri­vés qui ont en­le­vé le mar­ché.

À Tou­louse, sur le bud­get glo­bal de 1,3 M€, 500.000 se­ront dé­vo­lus à la sé­cu­ri­té. Outre la par­ti­ci­pa­tion de l’État, la ville compte sur les spon­sors pour fi­nan­cer une par­tie du coût.

Le 24 no­vembre, le mi­nistre de l’In­té­rieur Ber­nard Ca­ze­neuve avait convo­qué une réunion sur les fans zones. Il avait an­non­cé un par­tage du sur­coût des me­sures de sé­cu­ri­té entre l’État, les villes et l’UEFA. Ce par­tage de­vait être pré­ci­sé lors du der­nier co­mi­té de pi­lo­tage, le 22 mars. Mais les mo­da­li­tés du par­tage entre l’Etat, les col­lec­ti­vi­tés lo­cales et l’UEFA se­ront fi­na­le­ment évo­quées pro­chai­ne­ment à Pa­ris en pré­sence des re­pré­sen­tants de l’ins­tance du foot eu­ro­péen.

ES­SAI. Pour sur­veiller sa fans zone, la ville de Nice a tes­té, ré­cem­ment, un sys­tème de sur­veillance par re­con­nais­sance fa­ciale. PHO­TO BEP

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