Ces amou­reux de la bour­geoi­sie triom­phante

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - GRAND ANGLE - Ré­mi Pi­ro­nin

« Quand on aime, on ne compte pas ! ». L’adage trouve tout son sens dans le monde de la re­cons­ti­tu­tion his­to­rique. Et en­core plus lorsque l’on s’at­taque au Se­cond Em­pire.

« Na­po­léon a re­cons­truit le pays dans le sens cultu­rel avec un pro­to­cole très riche. C’est le temps de la bour­geoi­sie triom­phante qui a don­né le ton à toute l’Eu­rope », ex­plique Al­la Pi­kozh, vice­pré­si­dente de l’as­so­cia­tion Les Beaux jours de Vi­chy qui compte une tren­taine d’adhé­rents.

Con­crè­te­ment, cette bour­geoi­sie triom­phante se ca­rac­té­rise par des cos­tumes luxueux, des coif­fures co­di­fiées et un en­semble de règles qui viennent nour­rir l’éti­quette de ce temps.

« Des mil­liers d’eu­ros pour un cos­tume »

« Les cri­no­lines, ces struc­tures mé­tal­liques pla­cées sous la robe, sont em­blé­ma­tiques », pré­cise Anne­France Tlas­son, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion. « Ce stra­ta­gème per­met de don­ner de l’am­pleur aux robes tout en gar­dant ses dis­tances avec les hommes ».

Pour réa­li­ser ces robes de soie et de taf­fe­tas, il faut en­vi­ron huit mètres de tis­sus. Quand on sait que les femmes peuvent chan­ger jus­qu’à huit fois de te­nue par jour, les chiffres donnent le tour­nis.

« Il est très im­por­tant de mon­trer sa puis­sance et sa ri­chesse à tra­vers sa femme », in­dique la vice­pré­si­dente qui in­carne la com­tesse Va­levs­ky du­rant les fêtes.

Ré­ser­vés à l’élite de ce temps, les cos­tumes re­pré­sentent en­core au­jourd’hui un in­ves­tis­se­ment consi­dé­rable. « Le prix d’un cos­tume peut mon­ter à plu­sieurs mil­liers d’eu­ros parce qu’il faut ra­jou­ter les bi­joux et les coif­fures. Nous, en tant que bé­né­voles d’une as­so­cia­tion d’ins­pi­ra­tion his­to­rique nous nous dé­brouillons. Mais oui, la re­cons­ti­tu­tion de cette époque coûte très cher », avoue la pré­si­dente.

Des hommes cal­qués sur l’em­pe­reur

Les hommes ne sont pas en reste non plus. Frac, haut de forme et queuede­pie se ma­rient avec la cé­lèbre mous­tache à l’im­pé­rial. « Les hommes se calquent sur l’em­pe­reur. Il est le mo­dèle à suivre », ter­mine Al­la Pi­kozh.

De la même ma­nière, en sé­jour­nant à Vi­chy, l’em­pe­reur a don­né le ton et as­su­ré une no­to­rié­té pé­renne à la ci­té ther­male. Une si­tua­tion qui ex­plique l’en­goue­ment des Vi­chys­sois, heu­reux de pas­ser trois jours de fêtes dans les fastes de cette Vi­chy im­pé­riale.

PRES­TA­TIONS. Re­trou­vez Les Beaux jours de Vi­chy au­jourd’hui en­core, au pa­lais des con­grès-opé­ra. PHO­TO CLÉO CHABROU

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.