Pal­sam­bleu ! Jar­ni­co­ton ! Sa­pris­ti !

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

Ju­rez­vous sou­vent ? Pas fa­cile de ju­rer avec élé­gance, non ? Au­près des en­fants, dire « merdre » comme Ubu, d’Al­fred Jar­ry, peut les faire da­van­tage rire qu’un ba­nal « merde » in­si­pide. Les in­jures du ca­pi­taine Had­dock sont aus­si lé­gion et pleines de sa­veur. « Co­lo­quinte à la graisse de hé­ris­son », « Tchouck­tchou­ck­nou­gat », « Ba­chi­bou­zouk »… Certes, mais il existe aus­si d’autres in­jures fort amu­santes, di­rec­te­ment ti­rées de nos dic­tion­naires et du monde sa­cré. « Pal­sam­bleu » en fait par­tie.

Injure dé­for­mée

Cette in­ter­jec­tion qui ap­pa­raît au XVIIe siècle, est en fait une injure dé­for­mée. Au dé­part, l’injure était ti­rée de « par le sang de Dieu », mais le blas­phème n’était pas loin… Avant de crou­pir dans les geôles de l’En­fer, on a vite trans­for­mé « Dieu » en « bleu », comme dans le mot mor­bleu, qui, là aus­si, s’en­ten­dait « mor­dieu » (« mort de Dieu »). On au­rait dû donc dire « pal­san­bleu ». Mais Da­niel La­cotte nous ap­prend (en­core ! tou­jours !) que « pal­san­bleu » n’a ja­mais exis­té, pas­sant di­rec­te­ment dans la cou­tume po­pu­laire par « pal­sam­bleu ».

Foi re­niée

Grand Dieu ! J’aime aus­si beau­coup « Jar­ni­co­ton ». Le père Co­ton était le confes­seur d’Hen­ri IV, qui re­nie­ra sa foi. « Je re­nie co­ton » vaut pour « Je re­nie Dieu », de fa­çon tout aus­si ima­gée et fleu­rie. Dans le même re­gistre de la foi re­niée, n’ou­blions pas « sa­pris­ti », qui vaut cette fois pour « sa­cris­ti », ti­ré de « sanc­tus », le sa­cré.

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