Pri­maire

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 JOURS EN POLITIQUE - Claude Lesme

Le gé­né­ral de Gaulle di­sait que l’élec­tion pré­si­den­tielle, c’est « la ren­contre d’un homme et d’un peuple ». Le fon­da­teur de la Ve Ré­pu­blique se­rait cer­tai­ne­ment cour­rou­cé de voir au­jourd’hui ceux qui se pré­valent de son hé­ri­tage se lan­cer dans la fé­roce ba­taille de la pri­maire de la droite et du centre pour dé­si­gner leur cham­pion à re­bours de l’es­prit de la Cons­ti­tu­tion.

Mais le grand homme, au dé­but des an­nées soixante, n’avait pas in­té­gré le tri­par­tisme, ce pa­ra­mètre dia­bo­lique qui ronge les ins­ti­tu­tions dans le cadre du scru­tin uni­no­mi­nal à deux tours. Avec un Front na­tio­nal pré­sent au se­cond tour dans tous les cas de fi­gure se­lon les son­dages – Ma­rine Le Pen to­ta­li­sant près de 30 % au pre­mier tour –, la pri­ maire de la droite et du centre de­vient une as­su­rance tous risques. Elle s’avère vi­tale pour ga­gner à coup sûr en fi­nale, puisque le re­jet de la can­di­date FN – le fa­meux « pla­fond de verre » – est par­ta­gé par une nette ma­jo­ri­té de Fran­çais.

Pa­ra­doxa­le­ment, la gauche, qui avait es­suyé les plâtres de la pri­maire, n’en or­ga­ni­se­ra cer­tai­ne­ment pas alors qu’elle n’a ja­mais été aus­si émiet­tée et qu’une pri­maire se­rait la seule chance de lui per­mettre de his­ser un de ses can­di­dats au se­cond tour. Dans une hy­po­cri­sie ab­so­lue, tout le monde (sauf Mé­len­chon) veut une pri­maire, mais en réa­li­té tous les pro­ta­go­nistes sou­haitent al­ler à la confron­ta­tion, pour des ques­tions de pro­jets… ou de per­sonnes. Les prin­ci­paux cou­rants de la gauche veulent seule­ment en dé­coudre entre eux, alors que la droite veut sim­ple­ment ga­gner…

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