Ba­roin le chi­ra­quien pour­rait se ral­lier à… Sar­ko­zy

Le sé­na­teur­maire de Troyes de­vrait pré­ci­ser ses in­ten­tions avec Ma­ti­gnon en ligne de mire

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE -

Fran­çois Ba­roin, pré­sident de la puis­sante As­so­cia­tion de Maires de France (AMF) et qui, jus­qu’ici, culti­vait une re­la­tive pru­dence, de­vrait se ral­lier à Ni­co­las Sar­ko­zy dans la bataille de la pri­maire de la droite, avec Ma­ti­gnon à la clé.

In­vi­té, ce ma­tin, du « Grand Ren­dez­vous » d’Eu­rope 1/Le Monde/iTELE, le sé­na­teur­maire de Troyes pour­rait pré­ci­ser ses in­ten­tions. Son ral­lie­ment au pré­sident du par­ti Les Ré­pu­bli­cains, qui doit an­non­cer fin août sa can­di­da­ture à la pri­maire (20 et 27 no­vembre), n’est pas une sur­prise : Fran­çois Ba­roin, (51 ans le 21 juin), a été l’un des prin­ci­paux mi­nistres de Ni­co­las Sar­ko­zy (Bud­get, Éco­no­mie, porte­pa­role du gou­ver­ne­ment).

De­puis quelques an­nées, leurs re­la­tions ap­pa­raissent des plus ami­cales, l’ex­chef de l’État con­ fiant vo­lon­tiers son « af­fec­tion » pour le sé­na­teur­maire de Troyes, ce der­nier ne ta­ris­sant pas d’éloges à son en­droit. Et même dans la ré­cente bou­tade du pré­sident de LR – « Ba­roin, il a du ta­lent, pour quel­qu’un qui ne tra­vaille pas, il fait une belle car­rière » – l’an­cien mi­nistre ne per­çoit que « du troi­sième de­gré ».

« Grand bou­le­vard »

De­puis la dé­faite de 2012, Fran­çois Ba­roin semble n’avoir ja­mais dou­té du re­tour de l’an­cien pré­sident. « Il y a un grand bou­le­vard pour Sar­ko­zy », di­sait­il après la dé­faite de Fran­çois Fillon face à Jean­Fran­çois Co­pé pour la pré­si­dence de l’UMP.

Ba­roin avait sou­te­nu Fillon avec une dé­ter­mi­na­tion à la hau­teur de sa dé­tes­ta­tion du maire de Meaux. « L’UMP de Co­pé, c’est une grande tar­tuf­fe­rie », di­sait­il alors…

Autre en­ne­mi ju­ré de Ba­roin, Alain Jup­pé. L’ex­Pre­mier mi­nistre l’avait congé­dié de son gou­ver­ne­ment en 1995, dans la même char­rette que les « jup­pettes ». « Jup­pé, je ne lui ai pas par­lé pen­dant six ans », confiait­il en mai, se re­mé­mo­rant un épi­sode ap­pa­rem­ment tou­jours sen­sible pour lui.

« Sou­tien »

Face à Jup­pé, Fillon, Le Maire ou Co­pé, tous can­di­dats à la pri­maire, son cham­pion se­rait donc Sar­ko­zy. Le­quel lui a « pro­mis » Ma­ti­gnon en cas de vic­toire de la droite en 2017, as­sure un res­pon­sable LR. « Mais at­ten­tion, il fau­dra bien te­nir compte de Le Maire s’il fait un bon score », ar­gu­mente un autre. « Pour Sar­ko­zy, c’est un sou­tien ca­pi­tal et un très bon coup. Ba­roin lui per­met de chan­ger son image. Il n’est pas un sar­ko­zyste his­to­rique, il a un po­si­tion­ne­ment beau­coup plus cen­tral que lui, il y a un ef­fet gé­né­ra­tion­nel », dé­crypte un proche des deux hommes. Et d’ajou­ter qu’il y a « des nuances » entre eux (sur la laï­ci­té no­tam­ment, su­jet du pro­chain livre de Ba­roin, Un che­min fran­çais, pré­vu avant l’été) mais « pas de na­ture à brouiller la ligne idéo­lo­gique de Sar­ko­zy ».

Le pré­sident de l’AMF, qui se bat contre la baisse des do­ta­tions aux col­lec­ti­vi­tés, re­fuse éga­le­ment des éco­no­mies à hau­teur de 100 mil­liards d’eu­ros pré­vues par Sar­ko­zy. Po­si­tion qu’il de­vrait ex­pli­ci­ter dans un autre ou­vrage, sur l’éco­no­mie, pré­vu à l’au­tomne…

FRAN­ÇOIS BA­ROIN. PHO­TO AFP

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