Quatre morts, vingt­quatre bles­sés

Le bi­lan hu­main est lourd ; le Pre­mier mi­nistre veut al­ler au plus vite dans l’aide aux si­nis­trés

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE -

An­non­çant une réunion, de­main, à Ma­ti­gnon, avec « l’en­semble des as­su­reurs », pour pré­pa­rer les dos­siers de ca­tas­trophe na­tu­relle, Ma­nuel Valls a an­non­cé que le re­tour à la nor­male sur le front des inon­da­tions prendrait « plu­sieurs jours ». Le bi­lan hu­main s’éta­blit à quatre dé­cès et vingt-quatre bles­sés.

«Nous avons quatre dé­cès à dé­plo­rer […] et vingt­quatre bles­sés à ce stade, a dé­cla­ré Ma­nuel Valls, hier, à l’is­sue d’une vi­site à la cel­lule de crise au mi­nis­tère de l’In­té­rieur, place Beau­vau. Nous pen­sons aux fa­milles concer­nées. » Un pe­tit gar­çon de trois ans avait trou­vé la mort di­manche à Saint­Mar­tin­d’Or­don, près de Sens (Yonne), dans le sous­sol inon­dé du pa­villon fa­mi­lial.

Mer­cre­di soir, le corps sans vie d’une femme de 86 ans avait été dé­cou­vert flot­tant dans son pa­villon inon­dé à Souppes­surLoing, en Seine­et­Marne. Une au­top­sie a été réa­li­sée ven­dre­di mais, se­lon le par­quet de Fon­tai­ne­bleau, le mé­de­cin lé­giste n’était « pas en me­sure de don­ner les causes du dé­cès, et il n’y a pas confirmation de noyade ».

Jeu­di, un ca­va­lier de 74 ans avait été « em­por­té par les eaux » de l’Yerres à Évry­Gré­gy­sur­Yerres, dans le même dé­par­te­ment.

Ven­dre­di, une femme d’une soixan­taine d’an­nées avait été re­trou­vée morte, ap­pa­rem­ment par noyade, dans un jar­din de Mon­tar­gis (Loi­ret), si­tué en bor­ dure de la ri­vière Ver­nis­son.

« Il y a eu 20.000 éva­cua­tions de­puis le dé­but de l’épi­sode, dont 17.500 en Ile­de­France », a pré­ci­sé Ma­nuel Valls.

Confir­mant la te­nue d’une réunion lun­di à Ma­ti­gnon « avec l’en­semble des as­su­reurs », en pré­sence de la se­cré­taire d’État à l’Aide aux vic­times Ju­liette Méa­del, le Pre­mier mi­nistre a aus­si an­non­cé « deux réunions in­ter­mi­nis­té­rielles » à Ma­ti­gnon mar­di.

Dé­jà 300 de­mandes

« L’une pour pré­pa­rer les dos­siers de ca­tas­trophe na­tu­relle, puisque le conseil des mi­nistres mer­cre­di va en exa­mi­ner une pre­mière vague […]. Pour la seule ré­gion Ile­de­France, nous avons dé­jà re­çu 300 de­mandes de dos­siers de ca­tas­trophe na­tu­relle, il y en au­ra bien sûr d’autres pour la ré­gion Ile­deF­rance, pour la ré­gion Centre et dans l’Est ».

« Et puis il y au­ra aus­si une réunion sur les ca­la­mi­tés agricoles puisque beau­coup de terres agricoles ont été inon­dées et que des ex­ploi­tants at­tendent là éga­le­ment un sou­tien. »

« J’ai ex­pri­mé la vo­lon­té du gou­ver­ne­ment de trai­ter le plus vite pos­sible pour que l’en­semble des aides qui sont mo­bi­li­sables puissent être très très vite mises en place », a pro­mis Ma­nuel Valls.

« Le re­tour à la nor­male pren­dra évi­dem­ment plu­sieurs jours, a­t­il aver­ti. Il y a tou­jours un point de vi­gi­lance sur la ville de Cor­beil­Es­sonnes. Dans la ré­gion Centre, le ni­veau du Cher reste éle­vé, mais les der­nières pré­vi­sions sont plu­tôt ras­su­rantes. C’est la même chose en Indre­et­Loire. »

Concer­nant les trans­ports, le tra­fic est in­ter­rom­pu sur le tron­çon pa­ri­sien du RER C et deux sta­tions de mé­tro sont fer­mées en rai­son d’in­fil­tra­tions. Mais, se­lon le chef du gou­ver­ne­ment, « il n’y a pas d’in­quié­tude ma­jeure à avoir sur l’en­semble des ré­seaux ».

Fonds ex­cep­tion­nel

Fran­çois Hol­lande s’est ren­du hier à Ro­mo­ran­tin, une vi­site de der­nière mi­nute dans cette ville du Loir­et­Cher frap­pée par des inon­da­tions : « Au­de­là du Fonds ex­cep­tion­nel (dont il n’a pas pré­ci­sé le mon­tant, N.D.L.R.) qui se­ra mo­bi­li­sé pour les col­lec­ti­vi­tés lo­cales, il y au­ra des in­ter­ven­tions spé­ci­fiques pour les ar­ti­sans, les com­mer­çants, les en­tre­prises si­nis­trées […] et les ex­ploi­tants qui ont per­du leur chep­tel ou leur vigne. »

VIC­TIMES. Fran­çois Hol­lande s’est ren­du, hier, dans le Loir-et-Cher pour me­su­rer l’am­pleur des dé­gâts et ex­pri­mer la so­li­da­ri­té de la Na­tion. PHO­TO AFP

La sta­tion de me­sure est de­ve­nue aveugle Pour­quoi la crue de la Seine a-t-elle été sous-es­ti­mée pen­dant des heures ? La faute à deux pe­tits cap­teurs, les seuls à me­su­rer la Seine à Pa­ris, que des dé­chets ont pro­ba­ble­ment obs­trués. Jeu­di soir, l’unique sta­tion de me­sure de la Seine à Pa­ris, ins­tal­lée au pont d’Aus­ter­litz, a com­men­cé à ca­fouiller, en sous-éva­luant le ni­veau de la crue d’une tren­taine de cen­ti­mètres. Ses deux cap­teurs ont toute la nuit en­voyé leurs re­le­vés au­to­ma­tiques trom­peurs. Le mi­nis­tère de l’En­vi­ron­ne­ment est donc res­té jus­qu’à ven­dre­di mi­di sur une pré­vi­sion de pic de 5,30 à 5,90 mètres. L’er­reur ne se­ra dé­tec­tée que ven­dre­di ma­tin et l’es­ti­ma­tion de pic re­le­vée entre 6,30 et 6,50 mètres, à la mi-jour­née par le mi­nis­tère.

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