« En juillet, on n’était que quinze dans le ves­tiaire »

Les Basques ne vou­laient pas ou­blier leur in­ter­sai­son com­pli­quée

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS - À Tou­louse, Jean-Paul Co­hade

Des­cente, fu­sion, pas fu­sion, saison ré­gu­lière… re­mon­tée. En l’es­pace de onze mois, Bayonne est pas­sé de l’en­fer à un re­tour au pa­ra­dis. Mais dans la dou­leur. Tout à leur joie d’avoir en­le­vé cette fi­nale, les Basques n’ou­bliaient pas d’où ils re­ve­naient.

Les im­bro­glios de l’in­ter­sai­son ne sont pas com­plè­te­ment oubliés. Tout juste sont­ils di­gé­rés une fois le re­tour en Top 14 ac­quis. En té­moignent les « Et nous la fu­sion, on n’en veut pas », scan­dés par les sup­por­ters basques à l’is­sue du match. Cette saison dé­bu­tée de la plus étrange des ma­nières, les rescapés de 2015 ne vou­laient pas l’ou­blier.

Le week-end ma­gique de Bus­tos Moya­no

« Pour nous c’était très dur en dé­but de saison, rap­pe­lait Mar­tin Bus­tos Moya­no. On était seule­ment 15 dans le ves­tiaire. On ne sa­vait pas ce qui al­ lait se pas­ser. Pe­tit à pe­tit on a construit un groupe et on a su al­ler au bout », sou­li­gnait l’Ar­gen­tin, ar­ri­vé au der­nier mo­ment hier à Tou­louse et re­par­ti dans la fou­lée pour as­sis­ter sa femme sur le point d’ac­cou­cher.

Le pi­lier Aretz Igui­niz vou­lait aus­si se sou­ve­nir de cette « in­ter­sai­son mou­ve­men­tée ». « Les his­toires de fu­sion ? Je laisse de cô­té la po­li­tique. Nous, en des­cen­dant, on était une dou­zaine de mecs à vou­loir conti­nuer. Pour re­mon­ter, on a eu be­soin de tout le monde », tan­dis que son pré­sident plai­dait un re­tour à la nor­ma­li­té. « L’Avi­ron re­trouve le Top 14 qu’il n’au­rait ja­mais dû quit­ter. Quand on a dé­ci­dé de re­par­tir, cet été, on ne sa­vait pas où on al­lait, on a ten­té un pa­ri. Per­sonne ne nous voyait dans les cinq », poin­tait Fran­cis Sa­la­goï­ty.

Bayon­nais pur jus, Vincent Et­che­to louait l’his­toire de ces amou­reux de l’Avi­ron re­ve­nus en­semble dans l’élite.

La re­vanche d’Et­che­to

« Pour moi, la plus belle image, c’est Jean (Mon­ri­bot) qui pleure dans mes bras à la fin du match. Ces mecs, ce sont des sei­gneurs. On a vé­cu quelque chose d’ex­tra­or­di­naire, une his­toire d’hommes », lâ­chait le ma­na­ger, pas le moins re­van­chard des Basques, pour d’autres rai­ sons. « Cette fi­nale est in­di­vi­duel­le­ment plus belle que celle de 2011 (avec l’UBB). Parce que je suis le ma­na­ger. J’ai pu al­ler au bout de mes convic­tions », no­tait ce­lui qui ne ré­sis­tait pas à rap­pe­ler que son par­cours es­ti­val avait été aus­si com­plexe que ce­lui de l’Avi­ron.

« Il y a eu ce bar­rage eu­ro­péen à Glou­ces­ter, j’ai été vi­ré de Bor­deaux une se­maine plus tard et je suis de­ve­nu pos­sible ma­na­ger de Bayonne en moins de deux se­maines. »

De re­tour en Top 14, le Bayon­nais à ain­si dit adieu au der­by basque. Pour en re­trou­ver un contre Pau l’an pro­chain ? « Ce n’est pas un der­by, tran­chait Et­che­to. Mon der­by ce se­ra Bor­deaux, ce­lui de l’At­lan­tique. Ce se­ra un der­by heu­reux. On fe­ra tout pour le ga­gner, même si ce se­ra dif­fi­cile. »

RE­TOUR. Les Basques de Van Lill vont re­trou­ver l’élite un an après l’avoir quit­tée.

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