« Nou­veau dé­part » avec Cor­mand ?

« Je suis là pour tout chan­ger », a dé­cla­ré le se­cré­taire na­tio­nal dé­si­gné, hier, à Pan­tin

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE ACTUALITÉS -

Eu­rope Éco­lo­gie-Les Verts est par­ve­nu, hier, à se mettre d’ac­cord sur une nou­velle direction, proche de la pré­cé­dente, en éli­sant Da­vid Cor­mand à sa tête lors d’un Congrès pré­sen­té comme « un nou­veau dé­part » après des mois de dé­chi­re­ments.

ors du congrès d’EELV qui se te­nait à Pan­tin (Sei­neSaint­De­nis), la mo­tion me­née par Da­vid Cor­mand, 41 ans, a réus­si à fu­sion­ner in ex­tre­mis avec celle conduite par San­drine Rous­seau et Alain Cou­lom­bel, qui sont tous deux de­ve­nus du même coup se­cré­taires na­tio­naux ad­joints. Une nou­veau­té dans le par­ti qui a fait l’ob­jet de moultes né­go­cia­tions.

La fu­sion de leurs mo­tions a ob­te­nu 60,05 % des 389 dé­lé­gués pré­sents hier à Pan­tin. « Notre mis­sion est de fixer un cap pour l’ave­nir, un cap dif­fé­rent du na­tio­nal­po­pu­lisme, du li­bé­ra­lisme éche­ve­lé ou du culte du pro­duc­ti­visme », a dé­cla­ré Da­vid Cor­mand lors de son pre­mier dis­cours de se­cré­taire na­tio­nal, même s’il oc­cu­pait cette fonc­tion de­puis fé­vrier à titre in­té­ri­maire, après le dé­part sur­prise d’Em­ma­nuelle Cosse pour le gou­ver­ne­ment.

Par­lant d’un Congrès « âpre », « rude » mais aus­si « ca­thar­sis », il a pro­mis, ma­ni­fes­te­ment ému : « Je suis là pour tout chan­ger ». « Je ne suis d’au­cune fac­tion et je les com­bat­trai toutes : il n’y au­ra ni clique, ni cla­ que, ni bande, ni contre­bande, ni co­te­rie, ni fan­club, ni firme », a­t­il en­core lan­cé à la salle, en ré­fé­rence au « clan » que for­maient, se­lon leurs dé­trac­teurs, Cé­cile Du­flot, Jean­Vincent Pla­cé et leurs proches.

Si Hu­lot n’y va pas…

La nou­velle direction col­lé­giale va dé­sor­mais s’at­te­ler à une ré­forme des pra­tiques du par­ti, en gé­né­ra­li­sant la con­sul­ta­tion des adhé­rents pour « les dé­ci­sions stra­té­giques ». Elle va éga­le­ment de­voir dé­ci­der dans les pro­chains mois de son po­si­tion­ne­ment pour les échéances élec­to­rales de 2017, sa­chant que ce congrès a d’ores et dé­jà ac­té une rup­ture to­tale avec le PS.

Le texte ma­jo­ri­taire (11 élus sur 15 au bu­reau exé­cu­tif) pro­met en ef­fet de sou­te­nir « un can­di­dat éma­nant d’EELV ou de la so­cié­té ci­vile » sur la base d’un pro­jet pour la pré­si­den­tielle. Aux lé­gis­la­tives et aux sé­na­to­riales, il ga­ran­tit « une stra­té­gie claire, va­li­dée par les adhé­rents, ex­cluant tout ac­cord, même tech­nique, avec l’ap­pa­reil du PS ». San­drine Rous­seau a en re­vanche dé­fen­du à la tri­bune le prin­cipe de « dis­cu­ter avec les par­tis de gauche ».

Da­vid Cor­mand a sou­li­gné la « res­pon­sa­bi­li­té » des éco­lo­gistes de « faire exis­ter une troi­sième voie entre la gauche so­cia­le­dé­mo­crate épui­sée et l’op­po­si­tion de gauche pro­tes­ta­taire ».

Rien n’est donc en­core dé­fi­ni, une can­di­da­ture éco­lo­giste à la pré­si­den­tielle res­tant en­vi­sa­gée, no­tam­ment celle de Cé­cile Du­flot qui ne s’en cache pas ou du dé­pu­té eu­ro­péen Yan­nick Ja­dot, si tou­te­fois Ni­co­las Hu­lot dé­ci­dait de ne pas y al­ler.

Du cô­té de l’aile gauche du par­ti, ça grin­çait beau­coup hier. « On a ten­té jus­qu’au bout de construire une al­ter­na­tive, ça a bu­té sur la re­con­duc­tion de l’équipe sor­tante et sur la ques­tion de l’au­to­no­mie d’EELV », a re­gret­té Élise Lowy, dont la mo­tion a rem­por­té près de 16 % des suf­frages.

La liste de l’aile droite, qui consi­dère qu’il ne faut pas rompre to­ta­le­ment avec les so­cia­listes, a en­gran­gé un peu moins de 15 % des votes.

DA­VID COR­MAND. Il n’est plus un in­té­ri­maire, mais un se­cré­taire na­tio­nal dé­si­gné par le congrès. PHOTO AFP

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