Vio­lences à Mar­seille

Des sup­por­teurs an­glais et russes en cause

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE ACTUALITÉS -

Un sup­por­teur an­glais était entre la vie et la mort, hier soir, après les vio­lences qui ont écla­té sur le Vieux-Port de Mar­seille peu avant An­gle­terre-Rus­sie, l’un des matches à risques de l’Eu­ro2016.

Se­lon une source po­li­cière, le sup­por­teur an­glais très gra­ve­ment bles­sé, hier, à Mar­seille, a re­çu vers 17 h 30 « des coups de barre de fer, vrai­sem­bla­ble­ment à la tête », et un CRS a ten­té de le ra­ni­mer sur place avant qu’il ne soit éva­cué vers l’hô­pi­tal. Il a fait un ma­laise, a été ra­ni­mé, mais son pronostic vi­tal est en­ga­gé, a fait sa­voir le pré­fet de po­lice Laurent Nu­nez.

Des jour­na­listes ont ef­fec­ti­ve­ment vu un homme à terre, le vi­sage tu­mé­fié et en­san­glan­té, en train de su­bir un mas­sage car­diaque de la part des forces de l’ordre.

Très al­coo­li­sés…

Sup­por­teur frap­pé au sol par plu­sieurs autres, chaises de bars qui volent, pro­jec­tiles lan­cés sur les forces de l’ordre, nuages de la­cry­mo­gènes : un nou­veau seuil dans la vio­lence a été fran­chi, hier après­mi­di, sur le Vieux­Port de Mar­seille, avec une sé­rie de heurts entre sup­por­teurs an­glais et russes et contre les forces de l’ordre. Ce­la avant le match de l’Eu­ro de foot op­po­sant l’An­gle­terre et la Rus­sie, dont le coup d’en­voi de­vait être don­né à 21 heures.

Les scènes de gué­rilla ur­baine al­laient cres­cen­do sur le Vieux­Port de Mar­seille de­puis jeu­di soir. Les af­fron­te­ments d’hier ont écla­té vers 16 heures, alors qu’étaient ras­sem­blées plu­sieurs cen­taines de sup­por­teurs, sou­vent très al­coo­li­sés. Le bi­lan qui a pu être éta­bli en fin de soi­rée était de quatre bles­sés grave et de 27 autres plus lé­gè­re­ment at­teints. Il y a eu six in­ter­pel­la­tions.

« Ce n’est pas une bonne idée d’avoir pro­gram­mé le match à 21 heures. D’ici là, tout le monde se­ra com­plè­te­ment bour­ré », avait pro­nos­ti­qué, dans l’après­mi­di, un sup­por­teur an­glais, Dan­ny Hart, 23 ans. Un autre fan an­glais a af­fir­mé que lui et ses ca­ma­rades avaient été char­gés par « une cen­taine de Russes ve­nus de nulle part »…

Ca­non à eau

Vers 20 heures, à une heure du coup d’en­voi du match, de nou­veaux in­ci­dents ont écla­té, cette fois près du stade Vé­lo­drome. Les forces de l’ordre ont no­tam­ment fait usage d’un ca­non à eau pour dis­per­ser les sup­por­teurs an­glais et russes qui se bat­taient… Les prin­ci­pales craintes liées à la sé­cu­ri­té pour l’Eu­ro concernent les éven­tuels at­ten­tats. Mais les vio­lences de Mar­seille rap­pellent que le hoo­li­ga­nisme est tou­jours là et que la crainte du ter­ro­risme ne doit pas l’éclip­ser : An­gle­terre­Rus­sie était d’ailleurs l’une des cinq ren­contres du pre­mier tour clas­sées à risques (voir ci­des­sous).

L’UEFA, ins­tance su­prême du foot eu­ro­péen qui gère l’Eu­ro­2016, a « fer­me­ment condam­né » les « in­ci­dents à Mar­seille », dé­non­çant « des actes de vio­lences » de « gens qui n’ont rien à faire dans le foot­ball ».

Pour ga­ran­tir le bon dé­ rou­le­ment de l’ac­cès des sup­por­ters au Vé­lo­drome, la pré­fec­ture de po­lice avait pré­vu deux iti­né­raires dif­fé­rents pour Russes et An­glais, afin d’« évi­ter tout trouble à l’ordre pu­blic ». Mais il a été vi­si­ble­ment im­pos­sible d’em­pê­cher les ba­garres au­tour des ter­rasses de café…

« C’est les An­glais ! »

« C’est les An­glais ! À quoi vous at­ten­diez­vous ? On sait ce que ça va don­ner quand ils viennent ici », a dé­plo­ré le pa­tron d’une piz­ze­ria. Le VieuxPort était, hier soir, jon­ché d’in­nom­brables bou­teilles de bière bri­sées (par­fois par packs en­tiers), de chaises et de tables des bars voi­sins, qui s’em­pres­saient de fer­mer leurs ter­rasses et de se re­tran­cher à l’in­té­rieur, der­rière les ri­deaux de fer.

Pour lut­ter contre le hoo­li­ga­nisme, le gou­ver­ne­ment a ins­tal­lé à Lognes (Seine­et­Marne) un Centre de co­opé­ra­tion po­li­cière in­ter­na­tio­nale (CCPI), sorte de tour de contrôle du­rant l’Eu­ro. Et 180 po­li­ciers des 23 pays étran­gers par­ti­ci­pant à la com­pé­ti­tion sont dé­jà en France.

SUR LE VIEUX-PORT. Des sup­por­teurs an­glais pen­dant les heurts, hier après-mi­di. PHOTO AFP

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