La gé­néa­lo­gie fait du bien

Ma­la­dies hé­ré­di­taires et psy­cho­gé­néa­lo­gie

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - GRAND ANGLE - P-O. Febvret.

Quel ques­tion­naire de san­té n’in­ter­roge pas sur les an­té­cé­dents fa­mi­liaux ? Si vous igno­rez ces dé­tails, qui n’en sont pas, de­man­dez donc à vos an­cêtres…

La gé­néa­lo­gie, et les nom­breuses in­for­ma­tions qu’elle ex­hume, peut en ef­fet ve­nir en aide à la mé­de­cine, pour étu­dier et éven­tuel­le­ment pré­ve­nir la trans­mis­sion de cer­taines ma­la­dies hé­ré­di­taires : luxa­tion congé­ni­tale de la hanche, ma­la­die de Ren­du­Oss­ler (sai­gne­ments de nez) mais aus­si cer­tains cancers…

Mais les troubles à pré­ve­nir ou gué­rir sont sou­vent de l’ordre de l’af­fec­tif. Toutes les fa­milles ont leurs se­crets. Seule­ment dans cer­taines, des non­dits gan­grènent ceux qui en sont les gar­diens, ain­si que les gé­né­ra­tions sui­vantes… La psy­cha­na­lyse n’est pas loin.

Un exemple : un en­fant meurt en bas âge dans une fa­mille. Un autre vient au monde et on lui donne le même pré­nom… Ce­lui­ci, en igno­rant peut­être tout, vit juste un en­fer car iil ne trouve ja­mais sa place. Il peut aus­si y avoir le poids des guerres ou de l’es­cla­vage.

D’abord en Al­le­magne

Pour abor­der ces pro­blèmes, il existe une tech­nique bien plus qu’une dis­ci­pline qui per­met de faire la paix avec ses an­cêtres. La psy­cho­gé­néa­lo­gie a pris son ori­gine au coeur du XXe siècle en Al­le­magne mais se dé­ve­loppe en France de­puis une dé­cen­nie. Elle s’ap­puie sur les constel­la­tions fa­mi­liales créées par Bert Hel­lin­ger, an­cien prêtre de­ve­nu psy­cho­thé­ra­peute, ba­sée sur la mise au jour de l’in­cons­cient fa­mi­lial par le biais de jeux de rôles.

Isa­belle Che­va­rin, ba­sée à Ma­ringues, a été for­mée à cette tech­nique : « Ça com­mence par un pe­tit en­tre­tien. Les gens viennent avec leur arbre gé­néa­lo­gique et leur mé­moire. Je com­prends les choses à tra­vers les in­for­ma­tions ou les manques. J’anime, je donne sens à ce­la en cher­chant de bons liens, des liens d’amour qui sont mis à jour lors d’un jeu de rôle par groupe de dix, quinze ou vingt per­sonnes. Au bout d’une séance d’une heure, la li­bé­ra­tion se lit vé­ri­ta­ble­ment sur les vi­sages. » Pra­ti­qué éga­le­ment en stages, sé­mi­naires de for­ma­tion, ou en séances in­di­vi­duelles, ce tra­vail est ac­ces­sible à tous.

« Des psy­cho­logues ou des or­ga­nismes de bi­lans de com­pé­tence de com­pé­tences m’en­voient main­te­nant des per­sonnes qui ont des dif­fi­cul­tés pour chan­ger de mé­tier, par exemple. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.