Pour Cler­mont, une fin bru­tale et cruelle

D’une ac­tion po­si­tive, la der­nière ac­tion s’est trans­for­mée en contre fa­tal QUES­TIONS À…

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - DEMI-FINALE ASM-RACING -

Il y a des is­sues de match plus cruelles que d’autres. Être do­mi­nés sur l’en­semble d’une de­mi­fi­nale, ne pas avoir su trou­ver les clés pour prendre son des­tin en main en­gendre for­cé­ment de la frus­tra­tion. Mais là, avoir af­fi­ché toutes les ver­tus de ce sport, avoir pui­sé les res­sources né­ces­saires pour re­ve­nir au score, prendre l’as­cen­dant, plan­ter aus­si la ban­de­rille dé­ci­sive (drop de James des 50 mètres) dans le « mo­ney­time » et, au fi­nal, se faire cueillir sur un contre ve­nu de nulle part…

Ven­dre­di soir, plus d’une heu­ re après ce cruel scé­na­rio, Da­mien Chou­ly a bien poin­té du doigt le mal cler­mon­tois sur cette de­mi­fi­nale. « On s’est don­né à 100 %, le pire c’est qu’il n’y a rien à re­pro­cher sur l’in­ves­tis­se­ment. Mais ça ne suf­fit pas. Ce type de match ne se gagne pas au mé­rite, mais sur l’ap­pli­ca­tion ».

Par­lons­en de l’ap­pli­ca­tion. Et no­tam­ment cette ac­tion qui se­ra dis­sé­quée, com­men­tée et long­temps re­gret­tée. On joue la 98 mi­nute, mê­lée pour l’ASM dans ses 22 mètres. Chou­ly par­vient à re­le­ver le bal­lon, Ra­do­savl­je­vic en­voie der­rière sur James qui cherche une longue touche. Sans doute va­lait­il mieux être moins gour­mand et as­su­rer le bal­lon dans les tri­bunes.

Sauf que là, le coup de pied de James est ré­cu­pé­ré par Im­hoff dans la zone des coaches de l’ASM (Azé­ma fe­ra d’ailleurs l’ef­fort de ne pas tou­cher le bal­lon) et va le jouer ra­pi­de­ment pour Du­lin. Fo­fa­na in­ter­cepte, est blo­qué au sol et fait l’ef­fort de bien li­bé­rer le bal­lon. Ra­do s’em­pare de cette balle et, au lieu de ra­len­tir le jeu, conser­ver, il écarte (sans qu’il n’y ait de ruck)… comme si Cler­mont cou­rait après le score (alors qu’il mène 33­27). On connaît la suite.

« Sur cette der­nière ac­tion, on réus­sit à leur mettre la pres­sion dans leur camp et ça se re­tourne contre nous, se la­men­tait le ca­pi­taine cler­mon­tois. A ce ni­veau, il faut être par­fait sur les dé­tails. Évi­dem­ment que ce match, et cette sai­son, nous laisse un goût d’in­ache­vé ».

Tout aus­si tou­ché par ce cruel scé­na­rio, Ra­phaël Chaume ne ca­chait pas son amer­tume. « C’est dur de fi­nir la sai­son comme ce­la. Fran­che­ment, le sport de haut ni­veau ne te pré­pare pas à ce type de dé­noue­ ment. J’au­rais pré­fé­ré prendre 20 points ». Au terme de 100 mi­nutes d’une folle in­ten­si­té et d’une telle dra­ma­tique, le bon­heur du vain­queur est évi­dem­ment in­ver­se­ment pro­por­tion­nel au désar­roi du vain­cu. On ima­gine l’am­biance mor­ti­fère du ves­tiaire cler­mon­tois. « Qu’est­ce que tu veux dire dans ces cas­là, s’in­ter­roge le pi­lier gauche de l’ASM. Le rêve de Bar­ce­lone s’est en­vo­lé mais on peut se re­gar­der dans les yeux. Et re­par­tir de l’avant ».

Da­mien Chou­ly, lui, a lais­sé son coach par­ler. « Franck a par­lé, mais il n’y avait pas beau­coup de mots. Il n’y a rien à ex­pli­quer comme ça, à chaud. Et on n’avait pas be­soin d’être ré­con­for­té ».

Pas­sée l’énorme dé­cep­tion, il fau­dra ti­rer les en­sei­gne­ments de cet échec et de cette fin de match ex­trê­me­ment mal né­go­ciée. Cler­mont pro­met dé­jà de re­mettre l’ou­vrage sur le mé­tier la sai­son pro­chaine. « Tant que l’on n’ira pas au bout, on re­par­ti­ra. Ça reste notre ob­jec­tif », as­su­rait Da­mien Chou­ly.

DÉSAR­ROI. Im­hoff vient de mar­quer et l’es­sai a été va­li­dé. Le banc cler­mon­tois a com­pris, de Lo­pez à Par­ra, en pas­sant par Ko­le­li­sh­vi­li dont la sor­tie sur car­ton jaune a été pré­ju­di­ciable. PHO­TO PIERRE COUBLE

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