Les Bleus doivent fi­nir le tra­vail

Ce soir, à 21 heures, au stade Pierre­Mau­roy de Lille

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS - Pa­trick Pau­mier pa­trick.pau­mier@cen­tre­france.com

L’équipe de France, sans doute en ver­sion re­ma­niée et en 4-3-3, a be­soin d’un nul contre la Suisse pour s’as­su­rer la pre­mière place du groupe.

Du jeu, sans ou­blier l’en­jeu. C’est, en sub­stance, ce qui est ré­cla­mé aux Bleus, ce soir, à Lille face à la Suisse pour leur der­nier match de poule, après leurs deux pre­mières sor­ties contras­tées, voire pous­sives, contre la Rou­ma­nie (2­1) et l’Al­ba­nie (2­0). Il le fau­dra bien pour le­ver les doutes sur le po­ten­tiel réel de cette équipe de France. Au­ra­t­elle une tête de vain­queur cré­dible de l’Eu­ro ou af­fi­che­ra­t­elle en­core des la­cunes in­con­ci­liables avec cet ob­jec­tif su­prême ? On pour­rait avoir quelques élé­ments de ré­ponse en fin de soi­rée, qui de­vront mal­gré tout être pon­dé­rés en fonc­tion du onze ali­gné dans le Nord.

Et sur ce point, c’est le grand flou qui ré­gnait hier soir. « Je fe­rai des choix. Je fe­rai une équipe pour qu’on as­sure la pre­mière place du groupe », a sim­ple­ment in­di­qué le sé­lec­tion­neur Di­dier Des­champs au cours de la tra­di­tion­nelle confé­rence de presse d’avant­match.

L’en­jeu. La France a dé­jà son billet en poche pour les hui­tièmes de fi­nale. Mais ce match face à la Suisse re­vêt néan­moins une cer­taine im­por­tance puis­qu’il op­po­se­ra les deux têtes de sé­rie du groupe A, avec la pre­mière place en jeu.

Un nul suf­fit aux Bleus pour s’as­su­rer un ta­bleau fi­nal plus abor­dable et moins pié­geux. Un hui­tième de fi­nale face à un troi­sième et un quart contre le vain­queur d’une ren­contre entre deuxième, c’est net­te­ment plus ap­pré­ciable qu’un pre­mier match à éli­mi­na­tion di­recte contre un autre deuxième (Al­le­magne, Pologne ou Ir­lande) avec en­suite un choc pos­sible face au pre­mier du groupe D, pro­ba­ble­ment l’Es­pagne.

L’op­po­si­tion face à la Suisse n’a donc rien d’anec­do­tique.

Tour­ner ou pas ? C’est la ri­tuelle ques­tion que se posent tous les sé­lec­tion­neurs avant le troi­sième match de la phase de poules des com­pé­ti­tions in­ter­na­tio­nales quand la qua­li­fi­ca­tion est dé­jà ac­quise. Di­dier Des­champs se re­trouve dans cette si­tua­tion. Il peut pri­vi­lé­gier son équipe type pour en­tre­te­nir une cer­taine dy­na­mique et par­faire les au­to­ma­tismes d’une for­ma­tion qui a tour­né au ra­len­ti contre la Rou­ma­nie et l’Al­ba­nie. Bref, do­per une in­dis­pen­sable mon­tée en puis­sance. Car c’est une évi­dence, la France doit faire plus et mieux pour al­ler loin dans cet Eu­ro.

Mais le sé­lec­tion­neur peut éga­le­ment op­ter pour des chan­ ge­ments. Don­ner du temps de jeu aux rem­pla­çants per­met de main­te­nir dans le rythme cer­tains joueurs qui n’ont pas dis­pu­té de vé­ri­tables matchs de­puis un mois. Et de les main­te­nir psy­cho­lo­gi­que­ment dans la com­pé­ti­tion. Même si le hui­tième de fi­nale n’est pré­vu que le week­end pro­chain, et laisse donc un temps de ré­cu­pé­ra­tion rai­son­nable, cer­tains cadres peuvent en pro­fi­ter pour re­char­ger les ac­cus. En­fin, ce­la per­met d’évi­ter un deuxième car­ton (Gi­roud et N’Go­lo Kan­té), sy­no­nyme de sus­pen­sion.

Le choix. Comme avant le match face à l’Al­ba­nie, Di­dier Des­champs n’a donc guère don­né d’in­di­ca­tion sur son onze de dé­part. La dé­fense qui n’a pas beau­coup de vé­cu en­semble, no­tam­ment la char­nière cen­trale (Kos­ciel­ny et Ra­mi) ne de­vrait ce­pen­dant pas beau­coup évo­luer. Sa­gna et/ou Evra pour­raient néan­moins lais­ser leur place à Jal­let et Digne.

Dans le coeur du jeu, Ca­baye pour­rait, lui, sup­pléer Kan­té à un poste de sen­ti­nelle exi­geant phy­si­que­ment. À ses cô­tés, on voit mal le sé­lec­tion­neur lais­ser Pog­ba sur le banc. La star de la Juve a be­soin de s’ex­pri­mer sur le ter­rain après son bras d’hon­neur trop mé­dia­ti­sé. Même constat en at­taque avec Griez­mann, bu­teur contre l’Al­ba­nie. Pour com­plé­ter le trio, on mise sur Payet qui s’af­firme comme le pa­tron de cette équipe et, pro­ba­ble­ment, An­dré­Pierre Gi­gnac, très af­fû­té et tou­jours plein d’en­vie quand il porte le maillot bleu. Le condi­tion­nel reste de mise. Seule cer­ti­tude, Di­dier Des­champs de­vrait aban­don­ner le 4­2­3­1 qui n’a pas ap­por­té les ré­sul­tats at­ten­dus contre l’Al­ba­nie et re­pas­ser en 4­3­3 mieux as­si­mi­lé par ses joueurs.

L’ad­ver­saire. Guère fo­li­chonne de­puis le dé­but de l’Eu­ro, la Suisse est quand même bien par­tie pour s’ex­traire du pre­mier tour, du ja­mais vu pour la « Na­ti », comme on l’ap­pelle au pays, en trois par­ti­ci­pa­tions. À dire vrai, elle le doit plus à la fai­blesse de l’op­po­si­tion croi­sée jusque­là qu’à ses ta­lents. Ses stars, ou an­non­cées telles, les Sha­qi­ri, Xha­ka ou Licht­stei­ner n’ayant pas en­core mon­tré grand­chose. Pour­vu que ça dure !

RE­TOUR. Sur le banc face à l’Al­ba­nie, Paul Pog­ba de­vrait être ali­gné d’en­trée ce soir contre la Suisse.

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