Quatre ans de pri­son pour sé­ques­tra­tion

L’un des deux mal­fai­teurs de­vait être re­ju­gé par la cour d’as­sises

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - RÉGION FAITS DIVERS - Gaëlle Cha­zal

La vie de ces trois jeunes gens a bas­cu­lé ce 21 août 2013. Celle de la vic­time, âgée d’un peu plus de 17 ans, ap­pren­ti plâ­trier peintre, qui a tout ar­rê­té de­puis.

Celle d’un jeune homme du même âge, condam­né l’an der­nier par la cour d’as­sises de l’Al­lier à six ans de pri­son pour ex­tor­sion avec vio­lence et sé­ques­tra­tion.

Et celle de son com­plice, Bi­lal Bri­hi, ju­gé pour les mêmes faits, jeu­di et ven­dre­di. Il a éco­pé de quatre ans de pri­son, as­sor­tis de deux ans de sui­vi so­cio­ju­di­ciaire (*).

Coups de cou­teau

Les faits s’étaient dé­rou­lés dans le centre­ville de Mont­lu­çon. Bi­lal Bri­hi et son com­plice s’étaient fait ou­vrir la porte de son do­mi­cile par la vic­time. Une heure plus tard, ils lui dé­ro­baient 25 €, sa carte ban­caire et son code. Bi­lal Bri­hi était alors res­té seul avec la vic­time pen­dant que son com­plice es­sayait ce pre­mier code, faux, comme le deuxième sou­ti­ré plus tard.

De re­tour à l’ap­parte­ ment, « il lui tailla­dait la peau sur les cuisses, les épaules et les bras par sept fois, dé­taille Me Mi­chel Pra­dillon, l’avo­cat de la vic­time. Hors de lui, il por­tait des coups de cou­teau sur le ca­na­pé et à la gorge de mon client qui, en se pro­té­geant, avait été cou­pé à la main et au ten­don du pe­tit doigt droit. »

Bi­lal Bri­hi, char­gé de sur­veiller la vic­time à chaque sor­tie de son com­plice, était res­té im­pas­sible. Même lors­qu’il s’était re­trou­vé seul avec le jeune homme en sang. Après l’avoir sé­ques­tré pen­dant près de quatre heures, le duo avait fi­ni par le trans­por­ter à l’hô­pi­tal. « Mon client avait si­mu­lé un gros ma­laise. Les deux avaient pa­ni­qué », re­prend Me Pra­dillon.

Pen­dant ces deux jours de pro­cès, Bi­lal Bri­hi a ten­té d’ex­pli­quer pour­quoi il n’avait pas agi : « Il était ter­ro­ri­sé, avance son avo­ cat, William Hillai­raud. II était dans un état de si­dé­ra­tion car il avait vé­cu la vio­lence de ses pa­rents. Cette peine de quatre ans est as­sez lo­gique. D’au­tant qu’il a com­mis quatre in­frac­tions en deux ans, dont une af­faire de vol en réunion. La peine en­cou­rue était de trente ans. »

(*) Cet homme de 22 ans était ar­ri­vé avec une jour­née de re­tard lors du pre­mier pro­cès. Il avait été ju­gé par dé­faut et condam­né à trois ans de pri­son. Il a été re­ju­gé suite à un vice de pro­cé­dure.

EX­TOR­SION. L’ac­cu­sé et son com­plice n’ont pas ob­te­nu le bon code de la carte ban­caire de la vic­time, sé­ques­trée chez elle pen­dant près de quatre heures. PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION FLO­RIAN SALESSE

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