Qui a vo­lé le saint­suaire ?

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE -

L’ha­bile ma­chi­na­tion.

Le saint­suaire de Tu­rin a sur­vé­cu à plu­sieurs ca­tas­trophes. En 1988, son au­then­ti­ci­té est scien­ti­fi­que­ment re­mise en cause. En 1997, il échappe à l’incendie qui ra­vage la ca­thé­drale Saint­Jean­Bap­tiste où il est ex­po­sé.

Après quoi des me­sures sont prises pour pro­té­ger la pré­cieuse re­lique et la ca­cher. Où se­rait­elle le mieux que dans un lieu qui n’existe pas ? Au­tre­ment dit un lieu dont tout le monde ignore l’exis­tence : ce temple païen, sous la crypte de la Con­so­la­ta, fa­meuse ba­si­lique tu­ri­noise. Aus­si dit, aus­si­tôt fait. L’ob­jet est trans­fé­ré en grand se­cret, un mur scel­lé pour en em­pê­cher l’ac­cès, un dis­cret sys­tème d’alarme mis en place.

En 2000, quand ar­rivent les Os­ten­tions du ju­bi­lé, bien obli­gé de l’en ex­traire. La ma­ni­fes­ta­tion doit at­ti­rer des mil­lions de croyants, soit au­tant de clients pour le com­merce lo­cal…

Les rares ini­tiés font le che­min in­verse, des­cendent les marches, abattent le mur et, stu­peur, trouvent une châsse vide. Le saint­suaire a dis­pa­ru !

Com­ment, pour­quoi, par qui a­t­il été dé­ro­bé ? Au­tant de ques­tions aux­quelles de­vra ré­pondre un duo d’en­quê­teurs – Ita­lie oblige – un cu­ré à l’étrange pas­sé et un jeune com­mis­saire aux vagues sym­pa­thies com­mu­nistes.

On ne di­ra rien de l’ha­bile as­tuce ni de la so­lu­tion, pour ne pas gâ­cher le plai­sir de lec­ture. On at­ti­re­ra sim­ple­ment l’at­ten­tion sur ce fait que ce ro­man, comme le pré­cé­dent de Rey­di­Gra­mond (Un men­songe ex­plo­sif, 10/18), est à couches mul­tiples. Il ajoute la mé­di­ta­tion, au sus­pense, et cette grande ques­tion : à qui faire confiance : sa foi ou la rai­son ; son coeur ou les faits ?

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