Les Fran­çais doivent chan­ger d’ère

Au­jourd’hui à 15 heures, au Parc OL de Lyon L’OEIL DE L’EX­PERT

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - EURO 2016 - Didier Cros

Les choses sé­rieuses com­mencent pour la France face à l’Eire, à 15 heures, au Parc OL de Dé­cines. Pas com­plè­te­ment ras­su­rant en match de poule, les Bleus doivent main­te­nant mon­ter en puis­sance pour se qua­li­fier pour les quarts et al­ler loin dans la com­pé­ti­tion.

Ter­mi­nés les matchs de poules avec leur lot de ges­tion, de mises en place, de phases d’adap­ta­tion ou de tests. Place aux choses sé­rieuses et ex­ci­tantes avec le dé­but des matchs à éli­mi­na­tion. Des ren­contres sans filet et sans re­tour où seule la vic­toire pri­me­ra après 90 ou 120 mi­nutes voire au terme de la séance de tirs au but.

Pour la France, cette deuxième phase com­mence par l’Ir­lande, cet après­mi­di, à 15 heures, au Parc OL de Dé­cines dans la ban­lieue est de Lyon. Une en­trée en ma­tière pas fran­che­ment di­geste.

Après avoir fait le bou­lot dans son groupe A où elle a ter­mi­né pre­mière grâce à deux vic­toires ti­rées par les che­veux contre la Rou­ma­nie (2­1) et l’Al­ba­nie (2­0) puis un nul sans consé­quence fâ­cheuse mais plu­tôt en­cou­ra­geant en pre­mière pé­riode face à la Suisse (0­0), l’équipe de France par­ti­ra de nou­veau fa­vo­rite mais sans avoir réel­le­ment convain­cu, ni le­vé tous les doutes et les in­ter­ro­ga­tions sur son réel po­ten­tiel. Pour at­teindre les de­mi­fi­nales qui sont l’ob­jec­tif mi­ni­mum avoué, les Bleus de­vront faire mieux. Ils de­vront faire plus aus­si à tous points de vue car une éli­mi­na­tion en fin d’après­mi­di, se­rait une énorme contre­per­for­mance.

En termes d’or­ga­ni­sa­tion, ni le 4­3­3 qui tient ce­pen­dant la corde, ni le 4­2­3­1 n’ont été ani­més avec suf­fi­sam­ment de consis­tance. De­puis le dé­but de la com­pé­ti­tion, le sé­lec­tion­neur a jon­glé avec les deux sys­tèmes même si le pre­mier semble à ses yeux le plus adap­té aux joueurs dont il dis­pose.

Des joueurs, comme Evra, Sa­gna, n’ont pas en­core évo­lué à un ni­veau re­quis par la com­pé­ti­tion. Ma­tui­di, Griez­mann, mais aus­si Pog­ba n’ont pas (en­core ?) mon­tré leur vrai vi­sage et n’ont pas en­core été suf­fi­sam­ment in­fluents.

La France a eu trois jours de plus de ré­cu­pé­ra­tion

Col­lec­ti­ve­ment et in­di­vi­duel­le­ment mais aus­si phy­si­que­ment et ath­lé­ti­que­ment, la France de­vra pas­ser à la vi­tesse su­pé­rieure pour ve­nir à bout de l’Eire et de son fa­meux fig­thing spirit qui trans­cende ses joueurs et qui leur a en­core per­mis d’ar­ra­cher leur qua­li­fi­ca­tion à ce hui­tième de fi­nale en s’im­po­sant dans les der­nières mi­nutes face à l’Ita­lie (1­0) mer­cre­di soir.

« Il fau­dra être ca­pable de ga­gner les duels. C’est une équipe qui a avec beau­coup de coeur, mais pas que ça, re­con­naît « DD ». Mais, ajoute le sé­lec­tion­neur, elle compte de bons foot­bal­leurs, qui jouent en ma­jo­ri­té en Pre­mier League (NDLR : 1re di­vi­sion an­glaise). Ils savent ce qu’est le haut ni­veau. Ils sont ca­pables de jouer au sol même s’il y a une pré­do­mi­nance de jeu di­rect ».

Car comme le re­con­nais­sait Hu­go Lloris, les Bleus de­vront d’abord li­vrer une « ba­taille » face à ces diables verts, une cou­leur qui est ha­bi­tuel­le­ment dé­tes­tée dans l’antre de l’OL mais qui se­ra sy­no­nyme cette fois de convi­via­li­té et de fête grâce aux joyeux sup­por­ters ir­lan­dais.

Qui dit Ir­lande, dit aus­si par­fum de re­vanche par rap­port au match de bar­rage en 2009 et cette main de Thier­ry Hen­ry sur le but éga­li­sa­teur de Gal­las qui avait of­fert la qua­li­fi­ca­tion à la France pour le Mon­dial en Afrique du Sud.

Du cô­té fran­çais, on ba­laye d’un re­vers de main cet as­pect. « Six ans c’est loin. C’est du pas­sé, dé­gage Lloris. Je crois sin­cè­re­ment que les Ir­lan­dais se­ront da­van­tage mo­ti­vés par la vo­lon­té de faire chu­ter le pays hôte ». La France au­ra eu six jours de ré­cu­pé­ra­tion pour pré­pa­rer son match contre trois seule­ment pour l’Ir­lande. Ce n’est pas for­cé­ment un avan­tage pour les Bleus qui risquent d’avoir per­du le rythme no­tam­ment ceux qui n’ont pas ou peu joué contre la Suisse (Gi­roud, Ma­tui­di, Kante et à un degré moindre Payet).

Mais c’est clai­re­ment un han­di­cap pour les Ir­lan­dais qui com­pensent leur dé­fi­cit tech­nique par une énorme dé­bauche d’éner­gie. « C’est vrai, je pré­fère être à notre place », convient Didier Des­champs.

Les Fran­çais avaient en­core le sou­rire en fou­lant la belle pe­louse du Parc OL, hier après-mi­di, pour le tra­di­tion­nel en­traî­ne­ment de veille de match. Tout à l’heure, face aux co­riaces Ir­lan­dais, ils de­vront mettre le bleu de chauffe.

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