Evra cri­ti­qué, dé­tes­té mais in­con­tour­nable

Les per­for­mances du la­té­ral gauche ont lais­sé à dé­si­rer de­puis le dé­but

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - EURO 2016 - Didier Cros

Pa­trice Evra est l’un des joueurs fran­çais les plus cri­ti­qués de­puis le dé­but de l’Eu­ro. Mais le la­té­ral gauche est pour­tant in­dé­bou­lon­nable aux yeux de Didier Des­champs.

Dans le clan fran­çais, ses par­te­naires le sur­nomment af­fec­tueu­se­ment « Ton­ton Pat ». Son au­ra dans le groupe France est dia­mé­tra­le­ment op­po­sée à sa cote d’amour dans les mé­dias et plus gé­né­ra­le­ment dans l’opi­nion pu­blique.

À 35 ans, Pa­trice Evra est le doyen de l’équipe de France. Il ho­no­re­ra tout à l’heure sa 77e sé­lec­tion face à l’Eire. Il est le plus ca­pé des joueurs de champ*. Le 18 no­vembre 2009, le joueur de la Ju­ven­tus Tu­rin était dé­jà sur la pe­louse du Stade de France lors de ce fa­meux match contre l’Ir­lande, où Thier­ry Hen­ry tou­cha le bal­lon de la main sur le but éga­li­sa­teur des Bleus, sy­no­nyme de qua­li­fi­ca­tion au par­fum de scan­dale.

Un but qui al­lait conduire in­di­rec­te­ment Pa­trice Evra à de­ve­nir le joueur fran­çais le plus dé­tes­té. Le 20 juin 2010, il était le ca­pi­taine de l’équipe de France qui res­ta dans le bus à Knys­na lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud. C’est lui que le monde en­tier vit né­go­cier avec Ray­mond Do­me­nech lors de cet épi­sode de triste mé­moire. Et son nom res­te­ra à ja­mais as­so­cié à cette jour­née.

Mais Pa­trice Evra, par son ex­pé­rience, est res­té un vrai ca­pi­taine de ves­tiaire, ai­mé et res­pec­té par ses par­te­naires qui le dé­si­gnent una­ni­me­ment comme leur lea­der. « J’ai tou­ jours dit que je pren­drais des pierres sur la tête pour n’im­porte le­quel de mes co­équi­piers si ça se passe mal pour lui », a­t­il confié lors de l’une des rares confé­rences de presse à la­quelle il a par­ti­ci­pé. « Quand ils me re­gardent, j’es­père qu’ils se disent que je pour­rais les pro­té­ger. Quand l’un d’entre eux n’est pas bien, ça me fait mal. »

Pa­trice Evra a aus­si la confiance to­tale de Didier Des­champs. Cette confiance re­monte à l’époque où le sé­lec­tion­neur l’avait comme joueur à Mo­na­co, no­tam­ment lors de l’épo­pée en Ligue des cham­pions lors de la sai­son 2002­2003.

Pa­trice Evra, res­ca­pé des quatre dé­fen­seurs ti­tu­laires lors du Mon­dial 2014 (Va­rane et De­bu­chy sont bles­sés et Sa­kho qui sort d’une sus­pen­sion pour do­page, ndlr), a été ces der­niers temps dans l’oeil du cy­clone en rai­son de ses pres­ta­tions moyennes, pas fran­che­ment ras­su­rantes même s’il a sem­blé moins en dif­fi­cul­té lors du der­nier match contre la Suisse. Mais avec la fai­blesse de la concur­rence à son poste et aus­si la pré­sence de Lu­cas Digne comme dou­blure, Pa­trice Evra ne risque rien. Si ce n’est d’es­suyer de nou­velles cri­tiques. Mais ce­la fait belle lu­rette que ce­la ne le touche plus.

(*) Hu­go Lloris to­ta­li­se­ra sa 79e sé­lec­tion tout à l’heure.

CA­PI­TAINE. À l’ori­gine de la « grève » des Bleus à Knys­na lors de la Coupe du monde en Afrique du sud, Evra a sou­vent été cri­ti­qué.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.