Roy Keane, plus qu’un ad­joint

Aux cô­tés de Mar­tin O’Neill, sé­lec­tion­neur de l’Eire

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - EURO 2016 - Laurent Cal­mut

Dans l’ombre du sé­lec­tion­neur Mar­tin O’Neill, Roy Keane at­tend son heure au sein du staff de l’Ir­lande. Mais l’an­cien ca­pi­taine man­cu­nien est bien plus qu’un ad­joint.

Il y a cette barbe, gri­son­nante. Ces rides, aus­si, qui marquent un peu son vi­sage. Mais à 44 ans, Roy Keane n’a pas tel­le­ment chan­gé. Il n’y a qu’à fixer son re­gard tou­jours aus­si dé­ter­mi­né pour s’en rendre compte.

On peut aus­si l’écou­ter. Af­fa­mée sur les ter­rains, l’an­cienne icône de Man­ches­ter l’est tout au­tant sur un banc. Après le match ami­cal per­du 2­1 contre la Bié­lo­rus­sie, il y a moins d’un mois, il n’a pas mâ­ché ses mots à l’en­contre des Ir­lan­dais : « J’ai vou­lu en tuer cer­tains la nuit der­nière. Vous pou­vez ra­ter un match, mais il faut tout don­ner. Si tu rates une passe, tu dois te dé­chi­rer pour ré­cu­pé­rer le bal­lon. Cer­tains de­vraient s’es­ti­mer heu­reux d’être du voyage à l’Eu­ro. »

Un voyage qui se pour­suit jus­qu’à Lyon, cet après­mi­di. Et s’ils ont ga­gné le droit de dé­fier les Bleus, en hui­tièmes de fi­nale, c’est sû­re­ment parce que les « Boys in green » ont re­te­nu les pro­pos de l’an­cien mi­lieu de ter­rain, quand ce­lui­ci évo­quait la der­nière ren­contre de l’Ir­lande face à l’Ita­lie. « Il faut des­cendre les Ita­liens, avoir la fi­nesse des gars de la rue pour les ar­rê­ter si on sent le dan­ger. Vous de­vez vous sa­cri­fier pour l’équipe. On doit avoir des joueurs avec du cou­rage et des “boules”… »

« Pro­fi­ter de ce rôle »

Des pro­pos qui font la joie des mé­dias, qui ne boudent ja­mais ses in­ter­ven­tions en confé­rence de presse. Le ton est aus­si aux an­ti­podes de ce­lui du sé­lec­tion­neur Mar­tin O’Neill. Avec Roy Keane, l’an­cien coach de Lei­ces­ter ou du Cel­tic dis­pose d’un ad­joint in­com­pa­rable. À lui seul, l’an­cien mi­lieu in­carne l’âme de la sé­lec­tion ir­lan­daise, et son fa­meux « figh­ting spirit ».

Un es­prit de bat­tant qui a per­mis à l’Ir­lande de pas­ser avec suc­cès l’épreuve des bar­rages face à la Bos­nie, après des qua­li­fi­ca­tions convain­cantes der­rière l’Al­le­magne et la Po­logne. L’Eire a même si­gné une per­for­mance de choix en do­mi­nant les cham­pions du monde en oc­tobre 2015.

De belles lignes sur le CV char­gé de Roy Keane. Dans l’ombre de Mar­tin O’Neill jus­qu’à la Coupe du monde 2018, l’aboyeur ir­lan­dais se­ra alors mûr pour prendre seul les rênes de la sé­lec­tion.

L’in­té­res­sé ne cache pas ses in­ten­tions. « Je ne vais pas res­ter as­sis­tant pour les vingt pro­chaines an­nées, ex­plique ce­lui qui a di­ri­gé Sun­der­land et Ip­wich Town. Main­te­nant que c’est clair pour tout le monde, je vais en­core pro­fi­ter de ce rôle ». Son ob­ses­sion est ailleurs. La France est pré­ve­nue.

ÉTAT D’ES­PRIT. L’an­cien mi­lieu a un rôle pré­pon­dé­rant.

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