Re­naud La­ville­nie : prendre de la hau­teur

Le cham­pion olym­pique en titre am­bi­tieux sur la piste d’An­gers (15 heures)

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS ATHLÉTISME - A An­gers, Fran­cis La­porte

À dame mé­téo d’exau­cer les voeux de Re­naud La­ville­nie, cet après-mi­di, à An­gers. Pour ac­com­pa­gner un 12e titre de cham­pion de France, le cham­pion olym­pique veut sau­ter haut.

Le sou­rire de Re­naud La­ville­nie se ter­mine par un peu de cy­nisme aux com­mis­sures. « Oui, il a fait très beau cette se­maine… deux jours ». Le per­chiste est au se­vrage. So­leil et cha­leur lui manquent sur les sau­toirs. Et ce que peut ré­ser­ver An­gers, cet après­mi­di, se­ra « dif­fi­ci­le­ment pire qu’à Os­lo (9 juin) et à Stock­holm (16 juin) ».

En Suède, par 14° et face à la bruine per­sis­tante, le Cler­mon­tois est même al­lé au bout du bout de l’adap­ta­tion au mau­vais temps. « Là, j’ai dit, pas­sage à 16 fou­lées et pas de sauts à l’échauf­fe­ment, pour res­ter le plus sec pos­sible et ne pas me re­froi­dir ».

Une op­tion rare, une corde de plus à son arc de cham­pion. De lea­der de la Dia­mond League. Ses 5,73 m stock­hol­mois sans ri­val ont, en ef­fet, en­core ajou­té les 10 points de la vic­toire à son to­tal. 36 uni­tés : loin de­vant ­ 11 lon­gueurs ­ le Ca­na­dien Bar­ber, et 22 de mieux que l’États­Unien Ken­dricks. De quoi quit­ter la course au dia­mant, qui s’offre un break de deux mois ne re­pre­nant que le 25 août à Lau­sanne, l’es­prit tran­quille. « D’un point de vue points, j’ai fait 95 % de ce que je pou­vais faire, en en lais­sant 4 à Shan­ghai. Je suis de­vant avec 4 vic­toires sur 5 et ré­gu­liè­re­ment haut. Il reste 3 étapes et je ne suis pas en ga­lère. Je vais pou­voir pas­ser à autre chose », ap­pré­cie­t­il.

De quoi dres­ser un bi­lan d’étape « plu­tôt po­si­tif », avec l’ef­fet mau­vais temps sur un pla­teau et tout le reste sur l’autre. « Je ne suis pas au ni­veau où je de­vrais être à cause de la mé­téo. Mais entre ma 1re et ma 5e com­pé­ti­tion, je suis en nette amé­lio­ra­tion dans l’en­ga­ge­ment, la ges­tion, et la flui­di­té ».

Le contexte très cha­grin cache même un in­té­rêt. « En fait, il est plus facile de com­men­cer par des com­pètes où les condi­ tions sont dif­fi­ciles et d’ar­ri­ver à des bonnes que l’in­verse. On s’adapte plus ai­sé­ment. Là, j’ai la sen­sa­tion d’avoir tra­vaillé sur quelque chose ». Reste la frus­tra­tion des hau­teurs. « Mon plai­sir, ce se­rait de re­prendre la tête des bi­lans mon­diaux (Ken­dricks, 5,92 m, ndlr). Sur­tout de re­faire des perfs à mon ni­veau. Ce n’est pas ha­bi­ tuel, ac­tuel­le­ment, je saute plus haut à l’en­traî­ne­ment qu’en com­pé­ti­tion. J’ai dé­jà fait 5,85 m, 5,90 m, dans mes bons stan­dards quoi ». Prêt à lâ­cher les che­vaux. Mais pas seule­ment. « Les France, c’est une com­pète où j’at­tends beau­coup, plus que les autres. Ce titre, c’est im­por­tant. Je ne veux pas pas­ser à cô­té ».

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