Chaudes-Aigues ca­pi­tale du ta­touage

Au­jourd’hui en­core, le ta­touage se­ra à l’hon­neur à Chaudes-Aigues pour la troi­sième édi­tion du Can­tal Ink, un festival qui ras­semble et qui sé­duit le monde en­tier !

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - LA UNE - PAGES 2 ET 3

La re­nom­mée du festival in­ter­na­tio­nal de ta­touage de Chau­desAigues, Can­tal Ink, n’est plus à dé­mon­trer. Pour cette troi­sième édi­tion, Sté­phane Chau­desaigues, or­ga­ni­sa­teur de l’évé­ne­ment et ta­toueur ins­tal­lé au coeur de la ci­té ther­male, a réus­si une nou­velle fois à ras­sem­bler des pro­fes­sion­nels du monde en­tier. Mais les ta­toueurs et autres pier­ceurs ne sont pas les seuls à ve­nir de loin spé­cia­le­ment pour l’évé­ne­ment. « Des Ja­po­nais et d’autres per­sonnes de dif­fé­rentes na­tio­na­li­tés sont pré­sents », sou­rit Sté­phane Chau­desaigues.

« Des per­sonnes très sym­pas »

Sans avoir fait au­tant de ki­lo­mètres, Lau­ra et Mi­chel, ori­gi­naires de Vi­chy, par­ti­cipent pour la pre­mière fois au Can­tal Ink. « De­puis la pre­mière édi­tion nous vou­lions ve­nir. Mais ce­la n’a pas été pos­sible », ra­content­ils. Et les deux Vi­chys­sois ne re­grettent pas le dé­pla­ce­ment : « Les per­sonnes sont su­per­sym­pas et l’am­biance est au top ». Lu­do et Cé­cile viennent, quant à eux, spé­cia­le­ment de Gre­noble : « C’est notre wee­kend en amou­reux. »

Tous deux ta­toués, ils ne connais­saient pas la pe­tite ci­té du Cal­da­guès avant d’en­tendre par­ler du Can­tal Ink. « La pre­mière fois, nous avons été sur­pris de voir cet évé­ne­ment dans une si pe­tite ville. » Mais une ques­tion les ta­raude : « Com­ment les ha­bi­tants de Chaudes­Aigues, sur­tout les per­sonnes âgées, prennent le fait de voir au­tant de monde, des ta­toués dans les rues ? Estce qu’ils le vivent bien ? »

« La pre­mière an­née, il y avait beau­coup de ré­ti­cences parce que c’était l’in­con­nu », se rap­pelle Isa­belle, ha­bi­tante de la com­mune. « Mais ce sen­ti­ment a vite dis­pa­ru. Pour preuve, la grande mo­bi­li­sa­tion qu’il y a eu l’an­née der­nière et qui a per­mis de sau­ver l’évé­ne­ment. »

« Com­prendre le ta­touage »

Et si les vi­si­teurs et les lo­caux ap­pré­cient tout par­ti­cu­liè­re­ment l’am­biance de ce festival, ils sont loin d’être les seuls, à l’image de Bru­no de Pi­galle, pre­mier ta­toueur fran­çais. « C’est un beau pa­ri qu’a pris Sté­phane Chau­desaigues en ame­nant un évé­ne­ment comme ce­lui­là dans le Can­tal », as­su­ret­il. « Le ta­touage est un vrai en­ga­ge­ment, on ne fait pas ça à la lé­gère. »

Ayant gran­de­ment par­ti­ci­pé à la dé­mo­cra­ti­sa­tion des des­sins cu­ta­nés, Bru­no de Pi­galle a consta­té son évo­lu­tion au fil des dé­cen­nies. « Au­jourd’hui, il peut y avoir une sorte de mi­mé­tisme : “Tiens il a un ta­touage, j’en veux un aus­si.” ». Ce der­nier au­rait­il per­du son âme en se dé­mo­cra­ti­sant ? « En po­ly­né­sien, le mot lui­même veut dire “des­ sin spi­ri­tuel”. C’est une al­lé­go­rie, une re­la­tion avec l’âme est sous­en­ten­due. Mais dans cer­tains cas, il n’y a plus de re­la­tion avec l’âme. Il devient un décor. Chaque in­di­vi­du est un cas d’es­pèce. Ce n’est que mon opi­nion », comme le sou­ligne Bru­no de Pi­galle dans son livre Ta­toués, qui êtes­vous ?

De­ve­nu ta­toueur suite à la ren­contre avec un pro­ fes­sion­nel hol­lan­dais, « pour com­prendre le ta­touage », Bru­no de Pi­galle, plus de 50 ans après, est tou­jours in­ca­pable de ré­pondre à cette in­ter­ro­ga­tion, mais tiens à rap­pe­ler qu’il faut bien ré­flé­chir avant de se faire ta­touer et que « le ta­toueur a une lourde res­pon­sa­bi­li­té. Il ne doit pas être un mar­queur, mais un psy­cho­pompe : un conduc­teur d’âme. »

« Sur­pris que ce soit dans une si pe­tite ville » Le ta­toueur a une lourde res­pon­sa­bi­li­té

CONCOURS. Fai­sant par­tie in­té­grante du folk­lore qui en­toure le festival de Chaudes-Aigues, les pin-up ont dé­fi­lé hier, sa­me­di, sur la scène du Can­tal Ink. PHOTO HER­VÉ CHELLÉ

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