« Être bou­ché à l’éme­ri… »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

Les ex­pres­sions les plus cou­rantes sont sou­vent les moins com­prises. C’est exac­te­ment le fond de ma pen­sée au mo­ment où je ré­dige ces lignes. Qu’un proche ou un ami vous dise « bou­ché à l’éme­ri » n’est pas un com­pli­ment. Vous pou­vez chan­ger d’ami ! Certes, mais pour­quoi donc ?

L’éme­ri est une ma­tière mi­né­rale, une roche, qui contient du co­rin­don, un mi­né­ral très pur, le plus pur après le dia­mant ! Une fois ré­duit en poudre, l’éme­ri peut être uti­li­sé comme un abra­sif. On se sert de cette poudre pour po­lir, re­ti­rer les an­frac­tuo­si­tés. On pou­vait par­ler d’une toile d’éme­ri, d’un pa­pier d’éme­ri éga­le­ment, tous des­ti­nés à po­lir. « bou­chons à l’éme­ri ».

Si pour une bou­teille, une fiole ou tout autre conte­nant, être bou­ché à l’éme­ri pou­vait être ras­su­rant quant au li­quide trans­por­té, dire d’une per­sonne qu’elle l’était rap­pe­lait son cô­té ob­tus, tê­tu, voire bas de pla­fond et un peu bête… Si on bouche moins à l’éme­ri au­jourd’hui, la bê­tise, elle, est tou­jours bien en place…

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