Po­ker men­teur

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 JOURS EN POLITIQUE - Claude Lesme

Le dé­sastre du « Brexit » est lar­ge­ment dû à deux coups de po­ker men­teur ve­nant de po­li­ti­ciens dont les convic­tions ne res­sortent pas gran­dies. D’abord, Da­vid Ca­me­ron pour as­su­rer le coup lors des lé­gis­la­tives de 2015 ouvre la boîte de Pan­dore du ré­fé­ren­dum pour ras­sem­bler sur sa droite et faire chan­ter l’UE avec des de­mandes de dé­ro­ga­tion exor­bi­tantes et égoïstes.

En­suite, Bo­ris John­son, dont le pas­sage à la mai­rie de Londres, hor­mis sa flam­boyante ti­gnasse blonde, n’a pas épous­tou­flé les foules, a sai­si l’op­por­tu­ni­té, alors qu’il pas­sait pour un Eu­ro­péen convain­cu, pour re­joindre tar­di­ve­ment le camp du re­trait dans le simple but de dé­bou­lon­ner Ca­me­ron pour lui pi­quer sa place. Tra­hi à son tour, il s’est fi­na­le­ment dé­gon­flé.

Voi­là com­ment tout le monde se re­trouve avec une mons­trueuse gueule de bois, dans un mo­ment his­to­rique, si­mi­laire à la chute du Mur de Berlin. On s’aper­çoit au­jourd’hui que les « Brexi­ters » n’avaient au­cun plan de re­change et qu’ils en sont dé­jà à tra­hir la plu­part de leurs pro­messes en as­su­ rant que la Grande­Bre­tagne de­vrait conti­nuer à bé­né­fi­cier du mar­ché unique et de la libre cir­cu­la­tion des per­sonnes, mais sans le car­can bruxel­lois.

Le « Brexit » dont la cam­pagne a été pla­cée sous le triple signe du po­pu­lisme, de la dé­ma­go­gie et de la xé­no­pho­bie au­ra au moins ser­vi à vé­ri­fier qu’une re­fonte de l’Europe est in­dis­pen­sable. Car le rêve eu­ro­péen de­meure et l’on fait tou­jours mieux les choses en­semble que tout seul.

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