L’équipe de France face à son des­tin D

En cas de qua­li­fi­ca­tion, les Bleus rem­pli­ront l’ob­jec­tif fixé par la FFF

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - EURO 2016 - Ju­lien Ben Boua­li ju­lien.ben­boua­li@cen­tre­france.com

La France af­fronte l’Is­lande en quart de fi­nale de l’Eu­ro à 21 heures au Stade de France. Un match cru­cial pour les Bleus dont l’ob­jec­tif est d’al­ler en de­mies. Pour ça, pas le droit à l’er­reur…

ans 90 ou 120 mi­nutes, Di­dier Des­champs et ses joueurs sau­ront s’ils ont réa­li­sé leur ob­jec­tif. Du moins ce­lui fixé de longue date par Noël Le Graët, le pa­tron du foot­ball fran­çais.

Le 2 mars der­nier, à 100 jours du dé­but de l’Eu­ro, le pré­sident de la FFF ne fai­sait pas dans la langue de bois au mo­ment d’évo­quer la fi­na­li­té es­pé­rée de l’or­ga­ni­sa­tion d’une épreuve ma­jeure sur le sol fran­çais, 18 ans après la der­nière et le sacre mon­dial des Bleus de Jac­quet et Zi­dane. « Le der­nier car­ré, les de­mi­fi­nales. Or­ga­ni­ser la com­pé­ti­tion est un avan­tage. On a le pu­blic qui se­ra très proche de notre équipe », lan­çait un Noël Le Graët très confiant mal­gré le gê­nant cas Ben­ze­ma.

Quatre mois, une ri­bam­belle de for­faits et un dé­but d’Eu­ro mi­ti­gé plus tard, l’homme fort du foot fran­çais n’a pas bais­sé la voi­lure. « On a un groupe so­li­daire, qui vit très bien en­semble. Je sais que ce sont des mots clas­siques, mais j’af­firme que ce groupe a en­vie de bien faire et de réus­sir. À titre per­son­nel, l’ob­jec­tif reste le même », ré­pon­dait­il la se­maine pas­sée face à l’élan de scep­ti­cisme né du par­cours sans grande sa­veur des Bleus. « Je consi­dère qu’on s’est rap­pro­ché des grandes équipes. On est proche du der­nier car­ré. Main­te­nant, il faut y ar­ri­ver. »

Pour les ins­tances na­tio­nales, toute la réus­site spor­tive de cet Eu­ro 2016 va donc se jouer face à l’Is­lande ce di­manche dans un Stade de France qui n’a plus goû­té à ce genre de grand ren­ dez­vous de­puis un cer­tain 12 juillet 1998. Alors bien sûr, la com­pa­rai­son avec cette époque do­rée n’en se­ra que plus simple en cas de pré­sence de la France en fi­nale dans une se­maine. Mais avec ce duel face à l’Is­lande, sen­sa­tion de la com­pé­ti­tion, les Tri­co­lores sont face au ré­vé­la­teur ultime. Soit ils passent et met­tront fin dé­fi­ni­ti­ve­ment aux cri­tiques qui ac­com­pagnent cha­cune de leurs sor­ties de­puis trois se­maines, s’ap­pro­chant un peu plus du titre qui les fait rê­ver. Soit ils tombent, confir­mant les doutes nés des la­cunes évi­dentes, quoi qu’in­ter­mit­tentes, du col­lec­tif fran­çais de­puis quatre matchs.

L’oc­ca­sion est trop belle

Le des­tin de l’équipe de France va donc se jouer le temps d’un match face aux Is­lan­dais ce soir. Et si sur le pa­pier, les Tri­co­lores partent évi­dem­ment fa­vo­ris, face au mo­deste 34e du clas­se­ment Fi­fa, l’in­croyable par­cours des Vi­kings, tom­beurs no­tam­ment des An­glais en hui­tièmes, force le res­pect et oblige donc à la vi­gi­lance. « Les joueurs re­gardent les matchs et savent très bien que cette équipe is­lan­daise n’est pas là par ha­sard, dé­jà pour ve­nir à l’Eu­ro et après ce 8e de fi­nale contre l’An­gle­terre. Elle n’a rien vo­lé et rien usur­pé. Si elle est là, elle le mé­rite. Il y a beau­coup de res­pect de la part des joueurs par rap­port à ce que fait l’Is­lande », as­su­rait Di­dier Des­champs hier en confé­rence de presse.

Un sé­lec­tion­neur fran­çais qui a te­nu à mettre en avant la « qua­li­té » du jeu is­lan­dais. « Ils ne jouent pas en l’air, sont ca­pables de faire des en­chaî­ne­ments au sol. Ils jouent avec deux at­ta­quants de grande taille avec de la pré­sence. Ath­lé­ti­que­ment, ils sont là, mettent de la pres­sion. Après, c’est une ques­tion d’agres­si­vi­té dans les duels. Les joueurs qui jouent dans cette équipe jouent en Pre­mier League. Ce ne sont pas des pe­tits joueurs. »

Pour stop­per la folle aven­ture des hommes du duo La­gerbä­ckHall­grim­sson, les Bleus de­vront faire sans Adil Ra­mi et N’Go­lo Kan­té, sus­pen­dus après une ac­cu­mu­la­tion de car­tons jaunes. Reste à sa­voir quelles op­tions choi­si­ra Di­dier Des­champs pour com­pen­ser ces ab­sences. Hier, la ten­dance était à un 4­2­3­1 avec le duo Pog­ba­Ma­tui­di à la ré­cu­pé­ra­tion et le trio Co­manG­riez­mann­Payet sous Gi­roud seul en pointe. La for­mule qui avait per­mis de ve­nir à bout de l’Ir­lande en deuxième pé­riode au tour pré­cé­dent. Quant à la dé­fense, c’est Samuel Um­ti­ti, ré­cem­ment trans­fé­ré au FC Bar­ce­lone, qui de­vrait ac­com­pa­gner Laurent Kos­ciel­ny dans l’axe.

Mais qu’im­porte le onze ali­gné, le sé­lec­tion­neur tri­co­lore a mis en garde son équipe qui ne de­vra pas ra­ter son en­tame de match comme elle en prit la mau­vaise ha­bi­tude dans cet Eu­ro. « Jus­qu’à main­te­nant c’est pas­sé mais à un mo­ment, ça peut ne pas pas­ser. On peut mettre n’im­porte quel sys­tème, s’il n’y a pas des in­gré­dients de base, l’un ne fonc­tion­ne­ra pas plus que l’autre », pré­ve­nait­il.

Dans le camp is­lan­dais, l’heure était à la dé­con­trac­tion et à l’espoir d’un nou­vel ex­ploit face au pays hôte. « Au fur et à me­sure, les mon­tagnes nous semblent moins hautes. Lors­qu’on est out­si­der, il faut user de toutes ses qua­li­tés, il faut être dé­ten­du et avoir confiance en soi. Je suis per­sua­dé que nous n’avons pas en­core vu le meilleur de l’Is­lande », pré­ve­nait même son co­sé­lec­tion­neur Hei­mir Hall­grim­sson.

Les Bleus sont donc pré­ve­nus. Après avoir mar­qué les es­prits en hui­tièmes face à l’An­gle­terre, les Is­lan­dais n’en­tendent pas s’ar­rê­ter­là. Les Bleus de Des­champs n’ont pour­tant pas vrai­ment le choix. La qua­li­fi­ca­tion est in­dis­pen­sable, sous peine d’avoir of­fi­ciel­le­ment ra­té leur Eu­ro à la mai­son.

CRÉA­TEURS. An­toine Griez­mann et Di­mi­tri Payet au­ront les clés du jeu face à une équipe is­lan­daise qui risque de jouer re­grou­pée.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.