Es­ca­dron vo­lant face à l’in­va­sion an­glaise

Le festival de mu­sique ba­roque à suivre, du 8 au 13 août, au­tour de Pon­tau­mur

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SI ON SORTAIT - Pierre-Oli­vier Feb­vret

Beau­coup d’ar­tistes an­glais cette an­née à Bach en Com­brailles… Mais comme les autres, ils s’in­cli­ne­ront comme les autres, avec joie et ta­lent, au coeur de la France de­vant le gé­nie du com­po­si­teur al­le­mand.

Ni les ori­gines bri­tan­niques de Pa­trick Ayr­ton ni le Brexit ne doivent ex­pli­quer l’om­ni­pré­sence d’ar­tistes an­glais lors du pro­chain festival Bach en Com­brailles. Le di­rec­teur ar­tis­tique prend ce­la comme un clin d’oeil du ha­sard pour sa der­nière pro­gram­ma­tion : « Je ne fonc­tionne pas au­tour d’un thème. Pour créer un festival, je ré­ponds à des rêves ou des fo­lies, dont The Fein­stein En­semble et Lon­don Bach Sin­gers pour faire en ou­ver­ture des can­tates avec cette confi­gu­ra­tion unique que nous avons au festival grâce à l’orgue de Pon­tau­mur. »

Des come-Bach

« Cette an­née un peu par­ti­cu­lière pour moi, c’est aus­si l’oc­ca­sion de re­trou­ver des ar­tistes qui sont dé­jà ve­nus “des “come bach”… de la co­mé­dienne Em­ma­nuelle Cor­do­lia­ni ou de l’en­semble (an­glais) Voces 8 qui re­vient dans le Ca­Ba­chret, un concert qui contient du Bach, mais aus­si du rock, du pop, du jazz et de l’im­pro. Je donne tou­ jours une carte blanche à un jeune en­semble qui a en­core un pied dans le monde aca­dé­mique et dans le monde pro­fes­sion­nel. Ce se­ra Ra­dio An­ti­qua, un en­semble très éclec­tique avec des mu­si­ciens d’ori­gines dif­fé­rents qui se sont re­trou­vés au conser­va­toire de La Haye où j’en­seigne. Il y a aus­si mes “grandes dames du ba­roque” avec Fran­çoise Le­gel­lé et Ma­rianne Mul­ler, deux ré­fé­rences de cette mu­sique en France. Et puis, un ré­ci­tal avec un jeune pia­niste an­glais qui chan­te­ra aus­si dans la Messe en si mi­neur au sein d’un ef­fec­tif certes an­glais et néan­moins très bon… ».

Face à cette dé­fer­lante outre­Manche : l’Or­chestre d’Au­vergne, Gilles Can­ta­grel avec ses pré­sen­ta­tions et sa confé­rence fe­ront front, de même que L’Es­ca­dron vo­lant de la Reine… Un nom qui ren­voit aux dames de com­pa­gnie re­cru­tées par Ca­the­rine de Mé­di­cis. Par leur pré­sence et leur conver­sa­tion, elles étaient char­gées de pa­ci­fier les re­la­tions hu­maines au sein des cours eu­ro­ péennes. Ce nom évoque une or­ga­ni­sa­tion non hié­rar­chi­sée al­liant ri­gueur et fan­tai­sie, deux qua­li­tés qui tiennent à coeur aux mu­si­ciens de l’en­semble bien fran­çais dans le tra­vail mu­si­cal.

L’Es­ca­dron vo­lant de la Reine, lau­réat du Concours in­ter­na­tio­nal de mu­sique an­cienne du Valde­Loire (Pre­mier Prix & Prix du Pu­blic) en mai 2015, est re­pé­ré par William Ch­ris­tie, qui sou­ligne « la qua­li­té des En­sembles en­ten­dus et le pro­gramme bien bâ­ti et ré­flé­chi des vain­queurs, leur com­pé­tence tech­nique. Ce prix ré­com­pense ce tra­vail d’En­semble, une rhé­to­rique par­fai­te­ment par­ta­gée. Il confirme un tra­vail de longue ha­leine ».

Avec Eu­gé­nie Le­febvre (so­pra­no) et Mé­lo­die Ru­vio (contral­to), ils in­ter­pré­te­ront un in­té­res­sant pro­gramme au­tour d’oeuvres de Du­rante, Por­po­ra, Scar­lat­ti et bien évi­dem­ment Jean­Sé­bas­tien Bach (Psaume 51/BWV 1083).

ES­CA­DRON VO­LANT DE LA REINE. Re­pé­ré par le chef William Ch­ris­tie lors du concours in­ter­na­tio­nal de mu­sique an­cienne du Val-deLoire dont ils ont été lau­réats en 2015. PHOTO DR

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