A l’in­ter­na­tio­nal de­puis tou­jours

Dé­cou­verte des ob­jets mis en vente au ca­si­no de Royat sa­me­di

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - CLERMONT VIVRE SA VILLE - Pierre-Ga­briel Gon­za­lez pgg@orange.fr

Un pa­tin de frein en ca­ou­tchouc, très ap­pré­cié en Grande-Bre­tagne, va ai­der Mi­che­lin à re­dres­ser ses comptes. Mais pas seule­ment…

Dès ses pre­mières an­nées d’exis­tence, la ma­nu­fac­ture Mi­che­lin consacre une large part de ses ac­ti­vi­tés à l’ex­port, mais sa di­men­sion in­ter­na­tio­nale ne s’ar­rête pas là…

Mi­che­lin a dé­pas­sé les fron­tières de l’Hexa­gone, dès sa créa­tion en 1889. C’est même un pa­tin de frein en ca­ou­tchouc, très ap­pré­cié en Grande­Bre­tagne, qui va l’ai­der à re­dres­ser ses comptes alors que l’en­tre­prise était au­pa­ra­vant plu­tôt axée sur le mar­ché des en­gins agri­coles.

Un suc­cès qui marque l’en­trée de Mi­che­lin dans le monde des tran­sports… Ce pa­tin dé­nom­mé « The Silent » (dé­jà un an­gli­cisme) vient di­rec­te­ment ra­len­tir les roues (comme sur un vé­lo). C’est un pro­grès ma­jeur pour les mil­lions de fiacres qui roulent à cette époque dans le monde. Plu­tôt que des pa­tins en bois, ou pire, en mé­tal, le ca­ou­tchouc as­sure un bon frei­nage « élas­tique et si­len­cieux ». D’où son nom !

Un autre as­pect de l’in­ter­na­tio­na­li­sa­tion « pré­coce » de Mi­che­lin ap­pa­raît dans le lot 227 de la vente de sa­me­di pro­chain au ca­si­no de Royat. Il s’agit d’une cin­quan­taine d’en­ve­loppes et de cartes pos­tales en­voyées à Mi­che­lin par des four­nis­seurs dont la plu­part étaient ins­tal­lés à l’étran­ger (Ita­lie, Al­le­magne, Es­pagne, Grande­Bre­tagne, Ir­lande, Bel­gique, Luxem­bourg, Suède, Bré­sil, Ar­gen­tine, Egypte, Etats­Unis…) entre 1889 et 1910.

L’usine des Carmes est alors en plein dé­ve­lop­pe­ment et les be­soins en ma­té­riel, ma­tières pre­mières et four­ni­tures sans au­cun doute consi­dé­rables… Les cartes pré­im­pri­mées des four­nis­seurs sont par­ti­cu­liè­re­ment in­té­res­santes. Elles concernent des de­mandes d’échan­tillons, de prix, des confir­ma­tions de com­mandes ou d’ex­pé­di­tion pour des pro­duits aus­si dif­fé­rents que de l’an­ti­moine, de la ma­gné­sie cal­ci­née, du cuir de chien (sic), des fûts d’acier, et bien évi­dem­ment du ca­ou­tchouc en dif­fé­rentes qua­li­tés. Un der­nier point qui a son im­por­tance quel que soit le pays d’ex­pé­di­tion, ces cartes étaient im­pri­mées et com­plé­tées en fran­çais.

Un ré­seau de re­ven­deurs, avec une vi­sion mon­diale

Cô­té « ex­port », la vi­sion glo­bale de Mi­che­lin ap­pa­raît aus­si très tôt.

La liste des « sto­ckistes » de la marque cler­mon­toise pa­rue dans le Guide Rouge de 1909 en té­moigne : la France compte en­vi­ron quatre cents re­ven­deurs, l’An­gle­terre près de huit cents, l’Al­le­magne une cen­taine, l’Au­triche­Hon­grie une qua­ran­taine, la Bel­gique une tren­taine, l’Es­pagne une ving­taine, la Hollande une quin­zaine, l’Ita­lie une soixan­taine et la Suisse une quin­zaine.

D’autres pays eu­ro­péens comptent seule­ment quelques points de ventes : Nor­vège, Por­tu­gal, Rus­sie, Po­logne, Suède… En­fin, une tren­taine de pays ou ter­ri­toires sont ap­pro­vi­sion­nés en pneus Mi­che­lin par l’in­ter­mé­diaire d’agences Mi­che­lin ou d’im­por­ta­teurs lo­caux : Ar­gen­tine, Aus­tra­lie, Bir­ma­nie, Ca­na­da, co­lo­nie du Cap et Trans­vaal (Afrique du Sud), Cey­lan, Cu­ba, Egypte, Indes An­glaises, Ja­va, Su­ma­tra, In­do­Chine, Ton­kin, Mexique, Phi­lip­pines, Ma­lai­sie, Siam, Mand­chou­rie et Nou­vel­leZé­lande. En Chine, on cite cette an­née­là des re­ven­deurs à Shan­ghai, Hong Kong et TienT­sin. Les Etats­Unis comptent de re­ven­deurs de pneus Mi­che­lin sur une bonne par­tie du ter­ri­toire, no­tam­ment sur la côte Est.

Pour­tant en 1908, Mi­che­lin avait à peine 20 ans d’exis­tence…

RARE. Lot 227 : en­semble de cartes de cor­res­pon­dance et d’en­ve­loppes adres­sées à Mi­che­lin entre 1889 et 1910.

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