Prendre la me­sure des avan­cées du Front po­pu­laire pour les dé­fendre

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - AGGLOMÉRATION COMTÉ -

Une séance de lec­ture pu­blique a été or­ga­ni­sée par les Amis de la Com­té ré­pu­bli­caine au Couvent des dames, où Jean Knauf a évo­qué « le Temps des en­ga­gés ». Re­tour qua­tre­vingts ans en ar­rière.

Le 30 jan­vier 1933 est une date fu­neste pour l’his­toire de l’Europe : ce jour­là, Adolf Hit­ler ac­cé­da au pou­voir (par les urnes…) en Al­le­magne et devient chan­ce­lier du Reich.

Quelques mois plus tard, à Pa­ris, un con­grès an­ti­fas­ciste al­lait réunir, du 4 au 6 juin à la salle Pleyel, 3.500 dé­lé­gués et de nom­breux in­tel­lec­tuels.

Mau­rice Tho­rez, alors à la tête du Par­ti com­mu­niste, y prô­na « le pain, la paix et la li­ber­té ».

Puis, de 1934 à 1936, ce fut la cons­ti­tu­tion du Front po­pu­laire, une pé­riode mar­quées par des dates im­por­tantes, comme le 12 fé­vrier 1934 (grève gé­né­rale à l’ap­pel de la CGTU et de la CGT), les 5 et 12 mai 1935 (élec­tions mu­ni­ci­pales mar­quées par une forte pro­gres­sion de la gauche), et le 3 mai 36 (élec­tions lé­gis­la­tives, lors des­quelles le Front po­pu­laire ob­tient 57,17 %).

Un pro­gramme s’en­gage alors pour la « réduction du temps de tra­vail sans baisse de sa­laire, fonds na­tio­nal de chô­mage, re­traite pour les vieux, congés payés », sur fond d’agi­ta­tion so­ciale que Mau­rice Tho­rez en­tend faire ces­ser en pro­non­çant, le 10 juin, une for­mule qui fait flo­rès de nos jours en­core : « il faut sa­voir ter­mi­ner une grève, dès que sa­tis­fac­tion a été ob­te­nue ».

Mais le Front po­pu­laire et le gou­ver­ne­ment de Léon Blum ne se li­mi­tèrent pas au monde du tra­vail. Ce fut une ère d’ou­ver­ture à la culture, au ci­né­ma, à la ra­dio, aux sports, aux loisirs pour la jeunesse. Entre autres échecs, car il y en eut, le droit de vote pour les femmes qui n’a pas abou­ti (il fau­dra at­tendre 1945).

Au­tant d’élé­ments que le confé­ren­cier a évo­qués pour ex­pli­quer que notre so­cié­té jouit en­core des avan­cées du Front po­pu­laire, et pour aver­tir qu’elles sont en­core fra­giles et re­mises en ques­tion.

As­sis­té de Ma­ria Ber­lio­za, le confé­ren­cier a illus­tré son pro­pos par des do­cu­ments d’époque (films, en­re­gis­tre­ments ra­dio­pho­niques), Fa­brice Pe­ron­naud se char­geant quant à lui de lire des textes.

Bref, il eut ma­tière à dis­cus­sion, après la confé­rence et en­core lors du verre de l’ami­tié entre… ca­ma­rades.

LEC­TURE. Fa­brice Pe­ron­naud lit des textes choi­sis pour la soi­rée afin d’illus­trer l’époque du Front po­pu­laire.

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