Unie et dé­ter­mi­née face à Mos­cou

Les 28 membres, réunis à Var­so­vie, ne to­lé­re­ront au­cun acte agres­sif sur leur flanc orien­tal

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE ACTUALITÉS -

L’Otan a af­fi­ché son uni­té face à la Rus­sie, lors d’un som­met à Var­so­vie, tout en ré­af­fir­mant sa vo­lon­té de dia­logue et en es­ti­mant que Mos­cou ne re­pré­sen­tait pas de « me­nace im­mé­diate ».

«Nous sommes unis », a dé­cla­ré, hier, à Var­so­vie, le se­cré­taire gé­né­ral de l’Otan, Jens Stol­ten­berg, au deuxième jour du som­met de l’Al­liance, en pré­sence du pré­sident Ba­rack Oba­ma et des autres di­ri­geants des 28 pays membres. « D’ha­bi­tude, les som­mets de l’Otan, c’est 99 % d’en­nui et 1 % d’hys­té­rie. Là, rien de tel, ça a été un som­met as­sez consen­suel », a confir­mé un di­plo­mate fran­çais.

« Dé­fense forte et dia­logue construc­tif »

« Nous ne voyons au­cune me­nace im­mé­diate vis­à­vis d’un al­lié de l’Otan », a consta­té Jens Stol­ten­berg, ré­su­mant un dî­ner in­for­mel, la veille, des di­ri­geants des États membres. Ce re­pas s’est te­nu dans la même salle de bal du pa­lais pré­si­den­tiel où le Pacte de Var­so­vie a été si­gné en 1955 par l’URSS et ses sa­tel­lites.

« Dé­fense forte et dia­logue construc­tif, tels sont les en­ga­ge­ments sur les­quels est fon­dée notre re­la­tion avec la Rus­sie », a ré­pé­té Jens Stol­ten­berg. De­puis le dé­but du som­met, ven­dre­di, les par­ti­ci­pants ont mar­te­lé que l’Al­liance ne to­lé­re­rait au­cun acte hos­tile sur son flanc orien­tal tout en lais­sant la porte ou­verte au dia­logue.

Les 28 chefs d’État et de gou­ver­ne­ment de l’Al­liance ont dé­ci­dé, ven­dre­di, de dé­ployer quatre ba­taillons dans les États baltes et en Po­logne, un dé­fi sans pré­cé­dent en­vers Mos­cou de­puis la Guerre froide. « C’est une dé­ci­sion his­to­rique. L’Otan a mon­tré très clai­re­ment que nous sommes unis et fermes », s’est fé­li­ci­té le Pre­mier mi­nistre es­to­nien, Taa­vi Roi­vas. Ain­si, deux ans après le som­met de New­port (Pays de Galles), qui avait pris acte de la nou­velle donne en Europe après l’an­nexion de la Cri­mée, l’Otan a par­ache­vé sa nou­velle pos­ture stra­té­gique à l’Est.

Ce ren­for­ce­ment, le plus grand de­puis la fin de la Guerre froide, va se tra­duire no­tam­ment par l’en­voi de 4.000 hommes, en­ca­ drés par quatre pays (ÉtatsU­nis, Al­le­magne, Grande­Bre­tagne et Ca­na­da) au plus près de la Rus­sie.

Par ailleurs, l’Otan a confir­mé, hier, la pro­lon­ga­tion de sa mis­sion « Sou­tien ré­so­lu » (Re­so­lute Sup­port) en Af­gha­nis­tan en 2017, mais sans en pré­ci­ser les dé­tails. Elle s’est en­ga­gée aus­si à sou­te­nir fi­nan­ciè­re­ment jus­qu’en 2020 les forces de sé­cu­ri­té de ce pays, confron­tées aux re­belles ta­li­bans et aux dji­ha­distes d’Al­Qaï­da et du groupe État is­la­mique.

Besoin de la Rus­sie

Les 28 de­vaient conclure leurs tra­vaux par une ren­contre avec le pré­sident ukrai­nien Pe­tro Po­ro­chen­ko. Au­pa­ra­vant, plu­sieurs an­ciens pays sa­tel­lites de l’URSS, au­jourd’hui membres de l’Otan, ont rap­pe­lé leurs in­quié­tudes face aux agis­se­ments de Mos­cou en Ukraine.

Mais les États­Unis et l’Europe ont aus­si besoin de dis­cu­ter avec la Rus­sie, en dé­pit des sanc­tions im­po­sées à Mos­cou, ac­cu­sé de sou­te­nir les sé­pa­ra­tistes dans l’est de l’Ukraine. « On doit gar­der un dia­logue ou­vert avec la Rus­sie parce qu’on doit dé­battre de la Sy­rie, de l’Irak, de pas mal de dos­siers à tra­vers le monde », a re­le­vé le mi­nistre belge des Af­faires étran­gères, Di­dier Reyn­ders.

PAR­TE­NAIRES. Le pré­sident ukrai­nien, Pe­tro Po­ro­chen­ko, et le se­cré­taire gé­né­ral de l’Otan, Jens Stol­ten­berg, se sont ren­con­trés à Var­so­vie. PHOTO AFP.

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